{"id":395,"date":"2021-02-17T16:07:27","date_gmt":"2021-02-17T16:07:27","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=395"},"modified":"2021-02-17T16:07:27","modified_gmt":"2021-02-17T16:07:27","slug":"affaire-kuznetsova-c-russie-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-requete-no-60946-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=395","title":{"rendered":"AFFAIRE KUZNETSOVA c. RUSSIE (Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme) Requ\u00eate no 60946\/14"},"content":{"rendered":"<p><strong>INTRODUCTION<\/strong>. La pr\u00e9sente affaire concerne une enqu\u00eate p\u00e9nale relative au d\u00e9c\u00e8s accidentel du fils de la requ\u00e9rante. Est en jeu l\u2019article 2 de la Convention.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">TROISI\u00c8ME SECTION<br \/>\n<strong>AFFAIRE KUZNETSOVA c. RUSSIE<\/strong><br \/>\n<em>(Requ\u00eate no 60946\/14)<\/em><br \/>\nARR\u00caT<br \/>\nSTRASBOURG<br \/>\n16 f\u00e9vrier 2021<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat est d\u00e9finitif. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire Kuznetsova c. Russie,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (troisi\u00e8me section), si\u00e9geant en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0:<\/p>\n<p>Darian Pavli, pr\u00e9sident,<br \/>\nDmitry Dedov,<br \/>\nPeeter Roosma, juges,<br \/>\net de Olga Chernishova, greffi\u00e8re adjointede section,<\/p>\n<p>Vu la requ\u00eate (no\u00a060946\/14) dirig\u00e9e contre la F\u00e9d\u00e9ration de Russie et dont une ressortissante de cet \u00c9tat, MmeNatalyaYevgenyevnaKuznetsova (\u00ab\u00a0la requ\u00e9rante\u00a0\u00bb), a saisi la Cour en vertu de l\u2019article\u00a034 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la Convention\u00a0\u00bb) le 24 ao\u00fbt 2014,<\/p>\n<p>Vu la d\u00e9cision de porter la requ\u00eate \u00e0 la connaissance du gouvernement russe (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb),<\/p>\n<p>Vu les observations des parties,<\/p>\n<p>Vu la non-opposition du Gouvernement \u00e0 l\u2019examen de la requ\u00eate par un comit\u00e9,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 26 janvier 2021,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>1. La pr\u00e9sente affaire concerne une enqu\u00eate p\u00e9nale relative au d\u00e9c\u00e8s accidentel du fils de la requ\u00e9rante. Est en jeu l\u2019article 2 de la Convention.<\/p>\n<p><strong>EN FAIT<\/strong><\/p>\n<p>2. La requ\u00e9rante est n\u00e9e en 1974 et r\u00e9side \u00e0 Ostachkov (r\u00e9gion de Tver). Elle a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e par Me\u00a0N.I. Dobryden, avocat.<\/p>\n<p>3. Le Gouvernement a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par M.\u00a0M. Galperine, repr\u00e9sentant de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie aupr\u00e8s de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<\/p>\n<p>I. LE CONTEXTE DU D\u00c9C\u00c8S DU FILS DE LA REQU\u00c9RANTE<\/p>\n<p>4. Le 22 octobre 2010, Tch., l\u2019\u00e9lectricien d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e exploitante du r\u00e9seau de distribution d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 Ostachkov, pr\u00e9para un acte d\u2019inspection (\u043b\u0438\u0441\u0442\u043e\u0431\u0445\u043e\u0434\u0430) des lignes c\u00e2bl\u00e9es a\u00e9riennes de 1\u00a0000\u00a0volts de tension passant par certaines rues d\u2019Ostachkov. Cet acte certifiait que Tch. s\u2019\u00e9tait livr\u00e9 \u00e0 une inspection des lignes mais ne mentionnait pas s\u2019il avait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un examen visuel de celles-ci.<\/p>\n<p>5. \u00c0 une date non pr\u00e9cis\u00e9e dans le dossier, L., l\u2019\u00e9lectricien en chef de la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9cit\u00e9e, valida (\u0441\u043e\u0433\u043b\u0430\u0441\u043e\u0432\u0430\u043b) l\u2019acte du 22 octobre 2010. Or, comme il fut \u00e9tabli ult\u00e9rieurement, des c\u00e2bles \u00e9lectriques d\u00e9nud\u00e9s \u00e9taient pos\u00e9s sur le toit d\u2019un garage dans l\u2019une des rues inspect\u00e9es par Tch., dans une zone r\u00e9sidentielle o\u00f9 habitaient la requ\u00e9rante et son fils, S. Ces c\u00e2bles pendaient librement en l\u2019air \u00e0 une hauteur accessible \u00e0 toute personne depuis le sol (paragraphe 14 ci-dessous).<\/p>\n<p>6. Le 2 juillet 2011, S., \u00e2g\u00e9 de dix ans, toucha ces c\u00e2bles d\u00e9nud\u00e9s, fut \u00e9lectrocut\u00e9 et d\u00e9c\u00e9da sur le coup.<\/p>\n<p>II. L\u2019ENQU\u00caTE P\u00c9NALE<\/p>\n<p>7. Par une d\u00e9cision du 16 septembre 2011, l\u2019enqu\u00eateur du d\u00e9partement d\u2019instruction d\u2019Ostachkov refusa d\u2019ouvrir une enqu\u00eate p\u00e9nale relative au d\u00e9c\u00e8s de S. La requ\u00e9rante se plaignit alors au procureur d\u2019Ostachkov, qui, le 7\u00a0octobre 2011, annula cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p>8. Le 24 octobre 2011, une enqu\u00eate p\u00e9nale pour n\u00e9gligence professionnelle ayant entra\u00een\u00e9 mort d\u2019homme (d\u00e9lit p\u00e9nal pr\u00e9vu par l\u2019article\u00a0293 \u00a7 2 du code p\u00e9nal) fut ouverte contre Tch. et L. Quelques jours plus tard, la requ\u00e9rante se vit reconna\u00eetre la qualit\u00e9 de victime.<\/p>\n<p>9. Entre octobre 2011 et novembre 2012, le dossier de l\u2019enqu\u00eate fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 quatre reprises \u00e0 diff\u00e9rents enqu\u00eateurs.<\/p>\n<p>10. Dans l\u2019intervalle, le 15 ao\u00fbt 2012, pour des raisons non pr\u00e9cis\u00e9es dans le dossier, les chefs d\u2019accusation furent requalifi\u00e9s en homicide involontaire du fait d\u2019une n\u00e9gligence professionnelle (d\u00e9lit p\u00e9nal pr\u00e9vu par l\u2019article 109 \u00a7 2 du code p\u00e9nal). En octobre 2012, Tch. et L. furent mis en examen (\u043f\u0440\u0435\u0434\u044c\u044f\u0432\u043b\u0435\u043d\u043e\u043e\u0431\u0432\u0438\u043d\u0435\u043d\u0438\u0435).<\/p>\n<p>11. Le 6 novembre 2012, l\u2019enqu\u00eateur alors en charge de l\u2019affaire renvoya le dossier de l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale au procureur pour pr\u00e9paration de l\u2019acte r\u00e9quisitoire. Cependant, le 19\u00a0novembre 2012, le procureur consid\u00e9ra que le dossier \u00e9tait incomplet et enjoignit \u00e0 l\u2019enqu\u00eateur d\u2019effectuer des mesures d\u2019instruction compl\u00e9mentaires. Les recours de celui-ci contre la d\u00e9cision du procureur furent rejet\u00e9s. Finalement, le 21 f\u00e9vrier 2013, l\u2019enqu\u00eateur reprit le dossier de l\u2019enqu\u00eate.<\/p>\n<p>12. Il ressort du dossier que, entre janvier et mai 2013, aucune mesure d\u2019instruction n\u2019a \u00e9t\u00e9 accomplie en l\u2019affaire. En avril et mai 2013, le dossier fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 deux reprises \u00e0 diff\u00e9rents enqu\u00eateurs.<\/p>\n<p>13. Dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate, les mesures d\u2019instruction suivantes furent effectu\u00e9es\u00a0: plusieurs inspections de la sc\u00e8ne de l\u2019incident\u00a0; deux expertises post mortem de S.\u00a0; deux expertises \u00e9lectrotechniques (dont la derni\u00e8re datant du 28 mai 2013)\u00a0; des interrogatoires de trente personnes en tant que t\u00e9moins (la teneur des t\u00e9moignages livr\u00e9s par ces personnes ne ressort pas du dossier), de la requ\u00e9rante ainsi que de deux experts (le dernier interrogatoire ayant eu lieu le 4 juin 2013).<\/p>\n<p>14. Selon l\u2019expertise du 28 mai 2013, l\u2019\u00e9tat du c\u00e2blage \u00e9lectrique dans la zone inspect\u00e9e par Tch. \u00e9tait \u00ab\u00a0insatisfaisant\u00a0\u00bb et non conforme aux diff\u00e9rentes normes techniques, et les c\u00e2bles pr\u00e9sentaient un d\u00e9faut d\u2019isolation obligatoire et se situaient \u00e0 une distance du sol telle que toute personne pouvait les toucher, en violation de plusieurs dispositions de diff\u00e9rents r\u00e8glements techniques.<\/p>\n<p>15. L\u2019interrogatoire du 4 juin 2013 (paragraphe 13 ci-dessus) fut le dernier acte accompli dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate. Le 13 juin 2013, pour des raisons non pr\u00e9cis\u00e9es, le d\u00e9lai de l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale fut prorog\u00e9 de trois mois.<\/p>\n<p>16. Par une lettre du 14 juin 2013, le Comit\u00e9 d\u2019instruction rappela \u00e0 l\u2019enqu\u00eateur en chef du d\u00e9partement de l\u2019instruction de la r\u00e9gion de Tver qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9c\u00e9demment constat\u00e9 plusieurs p\u00e9riodes d\u2019inactivit\u00e9 injustifi\u00e9es dans l\u2019enqu\u00eate en question, ce qui pour lui s\u2019analysait en une \u00ab\u00a0bureaucratie paperassi\u00e8re\u00a0\u00bb (\u0432\u043e\u043b\u043e\u043a\u0438\u0442\u0430) et violait la loi proc\u00e9durale.<\/p>\n<p>17. Le 16 juillet 2013, Tch. et L. demand\u00e8rent \u00e0 l\u2019enqu\u00eateur en charge de l\u2019affaire d\u2019abandonner les poursuites au motif que l\u2019action publique se trouvait prescrite depuis le 11 juillet 2013, plus de deux ans s\u2019\u00e9tant \u00e9coul\u00e9s depuis la commission du d\u00e9lit d\u2019homicide involontaire (paragraphes\u00a023 et\u00a024 ci\u2011dessous).<\/p>\n<p>18. Le 15 ao\u00fbt 2013, l\u2019enqu\u00eateur rendit une d\u00e9cision d\u2019abandon des poursuites en raison de la prescription de l\u2019action publique, par application de l\u2019article 24 \u00a7 1 point 3) du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale (le CPP\u00a0; paragraphe 24 ci-dessous). Dans cette d\u00e9cision, il consid\u00e9rait que Tch., ayant omis de proc\u00e9der \u00e0 un examen visuel des c\u00e2bles \u00e9lectriques et ayant ainsi omis de relever et de r\u00e9parer les d\u00e9fauts de ceux-ci (paragraphe\u00a014 ci\u2011dessus), avait viol\u00e9 plusieurs dispositions des r\u00e8glements techniques, sa fiche de fonction (\u0434\u043e\u043b\u0436\u043d\u043e\u0441\u0442\u043d\u0430\u044f\u0438\u043d\u0441\u0442\u0440\u0443\u043a\u0446\u0438\u044f) et les ordres de l\u2019\u00e9lectricien en chef L., et que, \u00e0 son tour, L. avait omis de contr\u00f4ler le respect par Tch. de ses obligations professionnelles. L\u2019enqu\u00eateur concluait que les violations par ces techniciens de leurs obligations professionnelles avaient directement caus\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s de S. Enfin, il indiquait \u00e0 la requ\u00e9rante une possibilit\u00e9 d\u2019introduire une action au civil.<\/p>\n<p>19. La requ\u00e9rante contesta cette d\u00e9cision en justice, arguant, entre autres, qu\u2019elle n\u2019avait pas re\u00e7u de notification l\u2019informant de l\u2019ach\u00e8vement de l\u2019instruction (\u043e\u043a\u043e\u043d\u0447\u0430\u043d\u0438\u0435\u0441\u043b\u0435\u0434\u0441\u0442\u0432\u0435\u043d\u043d\u044b\u0445\u0434\u0435\u0439\u0441\u0442\u0432\u0438\u0439) et que l\u2019extinction de l\u2019action publique avait \u00e9t\u00e9 artificiellement caus\u00e9e par des retards et des p\u00e9riodes d\u2019inactivit\u00e9 injustifi\u00e9s dans la conduite de l\u2019enqu\u00eate.<\/p>\n<p>20. Par une d\u00e9cision du 10 d\u00e9cembre 2013, le tribunal du district Tsentralny de Tver rejeta le recours de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e, consid\u00e9rant qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas comp\u00e9tent pour donner une appr\u00e9ciation sur les d\u00e9lais dans lesquels les enqu\u00eateurs conduisaient l\u2019enqu\u00eate et que le consentement de la victime \u00e0 l\u2019abandon des poursuites n\u2019\u00e9tait pas requis par la loi dans ce genre de situation. Le 24 f\u00e9vrier 2014, la cour r\u00e9gionale de Tver confirma cette d\u00e9cision en appel en faisant siennes les conclusions du tribunal de district.<\/p>\n<p>III. LES RECOURS INTENT\u00c9S PAR LA REQU\u00c9RANTE EN DEHORS DE L\u2019ENQU\u00caTE P\u00c9NALE<\/p>\n<p>21. Le 24 janvier 2013, la requ\u00e9rante forma un recours sur le fondement de la loi sur l\u2019indemnisation pour violation du droit \u00e0 un \u00ab\u00a0d\u00e9lai raisonnable\u00a0\u00bb de la proc\u00e9dure. Par une d\u00e9cision du m\u00eame jour, la cour r\u00e9gionale de Tver rejeta ce recours sans examen au motif que ladite loi ne s\u2019appliquait qu\u2019aux proc\u00e9dures durant plus de quatre ans.<\/p>\n<p>22. \u00c0 une date non pr\u00e9cis\u00e9e, la requ\u00e9rante forma un recours devant la Cour constitutionnelle en arguant d\u2019une inconstitutionnalit\u00e9 des articles\u00a024 et 27 du CPP (paragraphe 24 ci-dessous). Par une d\u00e9cision du 25 septembre 2014, la Cour constitutionnelle rejeta ce recours en r\u00e9it\u00e9rant sa position \u00e9tablie selon laquelle, lorsqu\u2019un tribunal statuait sur la question de l\u2019abandon des poursuites, il devait recueillir l\u2019avis des parties, y compris de la victime, \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>LE CADRE JURIDIQUE INTERNE PERTINENT<\/p>\n<p>23. Selon les articles 24, 78, 109 \u00a7 2 et 293 \u00a7 2 du code p\u00e9nal, le d\u00e9lai de prescription de l\u2019action publique est\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; de deux ans r\u00e9volus \u00e0 compter de la commission du d\u00e9lit d\u2019homicide involontaire du fait d\u2019une n\u00e9gligence professionnelle\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211; de six ans r\u00e9volus \u00e0 compter de la commission du d\u00e9lit de n\u00e9gligence professionnelle ayant entra\u00een\u00e9 mort d\u2019homme.<\/p>\n<p>24. Selon l\u2019article 24 \u00a7 1 point 3) du CPP, les poursuites p\u00e9nales doivent \u00eatre abandonn\u00e9es si l\u2019action publique se trouve \u00e9teinte par prescription. Selon l\u2019article 27 du CPP, l\u2019abandon des poursuites dans pareille situation requiert le consentement de la personne mise en examen.<\/p>\n<p>EN DROIT<\/p>\n<p>I. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 2 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>25. Invoquant les articles 6 \u00a7 1 et 13 de la Convention, la requ\u00e9rante se plaint que l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale relative au d\u00e9c\u00e8s de son fils ait \u00e9t\u00e9 excessivement longue et ineffective. Ma\u00eetresse de la qualification juridique \u00e0 donner aux faits, la Cour estime qu\u2019il convient d\u2019examiner le grief sous l\u2019angle du volet proc\u00e9dural de l\u2019article 2 de la Convention (Sinim c. Turquie, no\u00a09441\/10, \u00a7\u00a7 48-49, 6 juin 2017), qui est ainsi libell\u00e9 en sa partie pertinente en l\u2019esp\u00e8ce\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. Le droit de toute personne \u00e0 la vie est prot\u00e9g\u00e9 par la loi. (&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Sur la recevabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><em>1. Th\u00e8ses des parties<\/em><\/p>\n<p>26. Le Gouvernement soul\u00e8ve une exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9e du non\u2011\u00e9puisement des voies de recours internes. \u00c0 cet \u00e9gard, il argue que la requ\u00e9rante n\u2019a pas engag\u00e9 une action civile en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice alors que, selon lui, rien ne l\u2019emp\u00eachait de le faire.<\/p>\n<p>27. La requ\u00e9rante combat cette th\u00e8se. Elle plaide que la voie p\u00e9nale exerc\u00e9e par elle \u00e9tait une voie proc\u00e9durale appropri\u00e9e et ayant des chances raisonnables de succ\u00e8s. Concernant la voie civile \u00e9voqu\u00e9e par le Gouvernement, elle indique, en particulier, que Tch. et L. \u00e9taient les employ\u00e9s d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en liquidation judiciaire et estime, par cons\u00e9quent, que cette voie \u00e9tait vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec.<\/p>\n<p><em>2. Appr\u00e9ciation de la Cour<\/em><\/p>\n<p>28. La Cour observe qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 all\u00e9gu\u00e9 que la mort de S. ait \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9e intentionnellement, mais qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un accident, et que l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale relative \u00e0 ce d\u00e9c\u00e8s a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e pour prescription de l\u2019action publique.\u00a0Elle rappelle \u00e0 cet \u00e9gard que, m\u00eame si la Convention ne garantit pas en soi un droit \u00e0 l\u2019ouverture de poursuites p\u00e9nales contre des tiers, dans certaines circonstances exceptionnelles il peut \u00eatre n\u00e9cessaire aux fins de l\u2019article 2 qu\u2019une enqu\u00eate p\u00e9nale effective soit men\u00e9e, m\u00eame en cas d\u2019atteinte involontaire au droit \u00e0 la vie. Il peut en \u00eatre ainsi, par exemple, lorsqu\u2019un particulier a d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment et inconsid\u00e9r\u00e9ment transgress\u00e9 les obligations qui lui incombaient en vertu de la l\u00e9gislation applicable (Nicolae VirgiliuT\u0103nase c. Roumanie [GC], no 41720\/13, \u00a7\u00a7\u00a0158-160, 25 juin 2019, et les r\u00e9f\u00e9rences qui y sont cit\u00e9es).<\/p>\n<p>29. En l\u2019esp\u00e8ce, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli que les \u00e9lectriciens de la soci\u00e9t\u00e9 exploitante du r\u00e9seau \u00e9lectrique municipal ont laiss\u00e9 les c\u00e2bles de haute tension d\u00e9nud\u00e9s et accessibles \u00e0 tous, et qu\u2019ils ont omis de relever et de r\u00e9parer les d\u00e9fauts des c\u00e2blages a\u00e9riens (paragraphes 5, 14 et 18 ci-dessus). La Cour consid\u00e8re que ces manquements constituent une violation directe et grave des obligations professionnelles consistant \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019exploitation dudit r\u00e9seau et qu\u2019ils s\u2019analysent en une conduite grossi\u00e8rement irr\u00e9fl\u00e9chie qui exposait toutes les personnes passant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du garage en cause \u00e0 un risque \u00e9lev\u00e9 et \u00e9vident de blessure et de mort. Elle ne peut que conclure qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une transgression des obligations dans le domaine des c\u00e2blages \u00e9lectriques, allant largement au-del\u00e0 d\u2019une simple erreur de jugement ou d\u2019une imprudence, et rendant n\u00e9cessaire la mise en \u0153uvre d\u2019un m\u00e9canisme de r\u00e9pression p\u00e9nale (voir, mutatis mutandis, Sinim, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a062-63).<\/p>\n<p>30. D\u2019autre part, le choix de la voie p\u00e9nale adopt\u00e9 par la requ\u00e9rante dans ces circonstances n\u2019appara\u00eet pas d\u00e9raisonnable et il n\u2019est pas apparu comme tel aux yeux des autorit\u00e9s internes, qui ont, bien que non imm\u00e9diatement, jug\u00e9 qu\u2019il y avait lieu de mener une enqu\u00eate p\u00e9nale. Par ailleurs, la voie p\u00e9nale permettait \u00e0 la requ\u00e9rante de se constituer partie civile \u00e0 tout moment de la proc\u00e9dure et de faire examiner de mani\u00e8re conjointe la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale et la responsabilit\u00e9 civile d\u00e9coulant du m\u00eame comportement fautif, ce qui facilitait une protection proc\u00e9durale d\u2019ensemble des droits en jeu. La Cour ne voit aucune raison de consid\u00e9rer que la requ\u00e9rante a agi de mani\u00e8re inappropri\u00e9e lorsqu\u2019elle a choisi de poursuivre cette voie, et le fait que l\u2019int\u00e9ress\u00e9e n\u2019a pas engag\u00e9 une action civile distincte ne saurait \u00eatre retenu contre elle dans l\u2019appr\u00e9ciation du point de savoir si elle a \u00e9puis\u00e9 les voies de recours internes (Korogodina c.\u00a0Russie, no\u00a033512\/04, \u00a7\u00a059, 30\u00a0septembre 2010, Elena Cojocaruc.\u00a0Roumanie, no\u00a074114\/12, \u00a7\u00a0122, 22\u00a0mars 2016, et, r\u00e9cemment, Nicolae VirgiliuT\u0103nase, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 175-178\u00a0; voir, pour un cas contraire, Dumpe c.\u00a0Lettonie (d\u00e9c.), no 71506\/13, 16 octobre 2018, o\u00f9 le d\u00e9c\u00e8s du fils de la requ\u00e9rante a \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par une multitude de facteurs et o\u00f9 il convenait d\u2019examiner la possibilit\u00e9 d\u2019une responsabilit\u00e9 collective, ce qui d\u00e9passait la port\u00e9e du recours p\u00e9nal et rendait donc la voie civile plus appropri\u00e9e).<\/p>\n<p>31. Il s\u2019ensuit que l\u2019exception du Gouvernement doit \u00eatre rejet\u00e9e. Constatant que le grief de la requ\u00e9rante n\u2019est pas manifestement mal fond\u00e9 ni irrecevable pour un autre motif vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article\u00a035 de la Convention, la Cour le d\u00e9clare recevable.<\/p>\n<p><strong>B. Sur le fond<\/strong><\/p>\n<p><em>1. Th\u00e8ses des parties<\/em><\/p>\n<p>32. La requ\u00e9rante argue que l\u2019enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 d\u2019une dur\u00e9e excessivement longue par rapport \u00e0 sa complexit\u00e9, que le dossier avait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9, sans aucune raison, plusieurs fois \u00e0 diff\u00e9rents enqu\u00eateurs qui seraient tous rest\u00e9s inactifs, et que l\u2019enqu\u00eateur en charge de l\u2019affaire en dernier lieu avait sciemment attendu la prescription de l\u2019action publique. Selon elle, tout cela a conduit \u00e0 l\u2019abandon artificiel des poursuites, alors qu\u2019il y avait une possibilit\u00e9 r\u00e9elle de conclure l\u2019affaire par un jugement de condamnation.<\/p>\n<p>33. La requ\u00e9rante se plaint \u00e9galement qu\u2019elle n\u2019ait eu aucune possibilit\u00e9 l\u00e9gale, en tant que victime d\u2019un d\u00e9lit, de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019abandon des poursuites \u00e0 raison de la prescription de l\u2019action publique et que son avis sur cette question n\u2019ait jamais \u00e9t\u00e9 recueilli.<\/p>\n<p>34. Le Gouvernement n\u2019a pas pr\u00e9sent\u00e9 d\u2019observations sur le fond.<\/p>\n<p><em>2. Appr\u00e9ciation de la Cour<\/em><\/p>\n<p>35. La Cour rel\u00e8ve d\u2019embl\u00e9e que la requ\u00e9rante n\u2019all\u00e8gue pas, m\u00eame en substance, une violation du volet mat\u00e9riel de l\u2019article 2 de la Convention. Autrement dit, l\u2019int\u00e9ress\u00e9e ne soutient pas que l\u2019\u00c9tat est responsable du d\u00e9c\u00e8s de son fils. Son grief est tir\u00e9 seulement d\u2019une violation du volet proc\u00e9dural de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p>36. S\u2019agissant des obligations proc\u00e9durales impos\u00e9es par l\u2019article 2 de la Convention aux \u00c9tats membres, la Cour rappelle que les principes g\u00e9n\u00e9raux y relatifs sont expos\u00e9s dans l\u2019arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9 Nicolae VirgiliuT\u0103nase(\u00a7\u00a7\u00a0137\u2011138, 157 et 164-168). Elle rappelle \u00e9galement que, dans l\u2019examen des all\u00e9gations de violation du volet proc\u00e9dural de l\u2019article 2, sa t\u00e2che consiste \u00e0 v\u00e9rifier si et dans quelle mesure les instances nationales peuvent passer pour avoir soumis le cas devant elles \u00e0 l\u2019examen scrupuleux que demande cet article, pour que la force de dissuasion du syst\u00e8me judiciaire mis en place et l\u2019importance du r\u00f4le que celui-ci se doit de jouer dans la pr\u00e9vention des violations du droit \u00e0 la vie ne soient pas amoindries, mais que sa mission ne consiste pas \u00e0 rendre des verdicts de culpabilit\u00e9 ou d\u2019innocence au sens du droit p\u00e9nal (Asma c. Turquie, no\u00a047933\/09, \u00a7\u00a7\u00a076\u201177, 20\u00a0novembre 2018).<\/p>\n<p>37. Se tournant vers les faits de l\u2019esp\u00e8ce, la Cour observe que, en d\u00e9pit de l\u2019obligation de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur d\u2019ouvrir d\u2019office et rapidement une enqu\u00eate p\u00e9nale relativement au d\u00e9c\u00e8s de S. (Al-Skeini et autres c.\u00a0Royaume\u2011Uni [GC], no 55721\/07, \u00a7 165, CEDH 2011, et les r\u00e9f\u00e9rences qui y sont cit\u00e9es\u00a0; voir aussi paragraphe 30 ci-dessus), l\u2019enqu\u00eate n\u2019a \u00e9t\u00e9 ouverte que trois mois et demi apr\u00e8s l\u2019accident tragique et l\u2019initiative de l\u2019ouverture de celle-ci a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e \u00e0 la requ\u00e9rante. En t\u00e9moigne une d\u00e9cision de refus d\u2019ouvrir l\u2019enqu\u00eate adopt\u00e9e le 16 septembre 2011 et contest\u00e9e par l\u2019int\u00e9ress\u00e9e.<\/p>\n<p>38. Par ailleurs, le chef d\u2019accusation retenu initialement \u00e9tait une n\u00e9gligence professionnelle ayant entra\u00een\u00e9 mort d\u2019homme, un d\u00e9lit se prescrivant par six ans. Ce n\u2019est que plus d\u2019un an apr\u00e8s les faits que les manquements de Tch. et L. ont \u00e9t\u00e9 requalifi\u00e9s en homicide involontaire, un d\u00e9lit de moindre gravit\u00e9 se prescrivant par deux ans (paragraphe\u00a023 ci\u2011dessus). Certes, il n\u2019appartient pas \u00e0 la Cour de donner une appr\u00e9ciation in abstracto ni aux d\u00e9lais de prescription existant dans l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur ni aux qualifications juridiques des manquements d\u00e9lictueux en droit interne. Cela \u00e9tant, la Cour ne peut pas s\u2019emp\u00eacher de relever en l\u2019esp\u00e8ce qu\u2019apr\u00e8s la requalification du d\u00e9lit en homicide involontaire en ao\u00fbt 2012, il restait moins d\u2019un an avant la prescription de l\u2019action publique. Dans ces circonstances, de l\u2019avis de la Cour, les autorit\u00e9s devaient faire preuve de diligence particuli\u00e8re et d\u00e9ployer des efforts pour se prononcer sur l\u2019affaire avant l\u2019acquisition de la prescription.<\/p>\n<p>39. Or il appara\u00eet que les autorit\u00e9s n\u2019ont pas fait preuve de diligence et de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9. Au contraire, plusieurs transferts inexpliqu\u00e9s du dossier d\u2019un enqu\u00eateur \u00e0 un autre et plusieurs p\u00e9riodes d\u2019inactivit\u00e9 \u00e9galement inexpliqu\u00e9es ont eu lieu au cours de l\u2019enqu\u00eate, ce qui a en outre \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 par le Comit\u00e9 d\u2019instruction (paragraphes 9, 12, 15 et 16 ci-dessus). Par ailleurs, en l\u2019absence de complexit\u00e9 particuli\u00e8re de l\u2019affaire et de toute contribution de la requ\u00e9rante au rallongement des d\u00e9lais de l\u2019enqu\u00eate, et compte tenu du fait que les auteurs du d\u00e9lit \u00e9taient bien connus et n\u2019\u00e9taient pas en fuite, la Cour comprend mal pour quelle raison il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 impossible pour les autorit\u00e9s de clore l\u2019instruction avant l\u2019acquisition de la prescription.<\/p>\n<p>40. Ces \u00e9l\u00e9ments suffisent \u00e0 la Cour pour conclure que l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale n\u2019a pas progress\u00e9 avec la c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 n\u00e9cessaire et que les autorit\u00e9s qui en \u00e9taient en charge n\u2019ont pas fait montre de la diligence requise pour faire aboutir l\u2019action publique avant qu\u2019elle ne f\u00fbt prescrite.<\/p>\n<p>41. Enfin, et subsidiairement, la Cour note que la d\u00e9cision d\u2019abandonner les poursuites a \u00e9t\u00e9 rendue plus d\u2019un mois apr\u00e8s l\u2019accomplissement du dernier acte d\u2019instruction, de fa\u00e7on automatique, et ce sans que l\u2019avis de la requ\u00e9rante ait \u00e9t\u00e9 recueilli, en d\u00e9pit des indications contraires de la Cour Constitutionnelle \u00e0 ce sujet, et sans qu\u2019aucune juridiction ait examin\u00e9 les arguments de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e quant aux retards dans le traitement de l\u2019affaire (paragraphes 19-22 ci\u2011dessus).<\/p>\n<p>42. Il ressort de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 2 de la Convention sous son volet proc\u00e9dural.<\/p>\n<p>II. SUR L\u2019APPLICATION DE L\u2019ARTICLE\u00a041 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>43. Aux termes de l\u2019article 41 de la Convention\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si la Cour d\u00e9clare qu\u2019il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d\u2019effacer qu\u2019imparfaitement les cons\u00e9quences de cette violation, la Cour accorde \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e, s\u2019il y a lieu, une satisfaction \u00e9quitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>44. La requ\u00e9rante demande 10\u00a0000 euros (EUR) au titre du dommage moral qu\u2019elle estime avoir subi. Le Gouvernement indique que, si la Cour devait trouver une violation de l\u2019article 2 de la Convention, la satisfaction \u00e9quitable devrait \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e conform\u00e9ment \u00e0 sa jurisprudence.<\/p>\n<p>45. La Cour, statuant en application du principe ne ultra petita, octroie \u00e0 la requ\u00e9rante le montant demand\u00e9, soit 10\u00a0000 EUR, pour dommage moral, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p>46. Elle juge appropri\u00e9 de calquer le taux des int\u00e9r\u00eats moratoires sur le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne major\u00e9 de trois points de pourcentage.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare, la requ\u00eate recevable\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit, qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 2 de la Convention sous son volet proc\u00e9dural\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit,<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser \u00e0 la requ\u00e9rante, dans un d\u00e9lai de trois mois, 10\u00a0000 EUR (dix mille euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour dommage moral, \u00e0 convertir dans la monnaie de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur au taux applicable \u00e0 la date du r\u00e8glement,<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ce montant sera \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 16 f\u00e9vrier 2021, en application de l\u2019article\u00a077\u00a0\u00a7\u00a7\u00a02 et\u00a03 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Olga Chernishova\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Darian Pavli<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pr\u00e9sident<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=395\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=395&text=AFFAIRE+KUZNETSOVA+c.+RUSSIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+60946%2F14\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=395&title=AFFAIRE+KUZNETSOVA+c.+RUSSIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+60946%2F14\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=395&description=AFFAIRE+KUZNETSOVA+c.+RUSSIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+60946%2F14\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>INTRODUCTION. La pr\u00e9sente affaire concerne une enqu\u00eate p\u00e9nale relative au d\u00e9c\u00e8s accidentel du fils de la requ\u00e9rante. Est en jeu l\u2019article 2 de la Convention. FacebookTwitterLinkedInPinterest<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=395\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-395","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme"],"modified_by":"loisdumonde","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/395","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=395"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/395\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":396,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/395\/revisions\/396"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}