{"id":379,"date":"2021-02-13T13:17:33","date_gmt":"2021-02-13T13:17:33","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=379"},"modified":"2021-02-13T13:17:33","modified_gmt":"2021-02-13T13:17:33","slug":"affaire-casarin-c-italie-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-requete-no-4893-13-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=379","title":{"rendered":"AFFAIRE CASARIN c. ITALIE (Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme) Requ\u00eate no 4893\/13"},"content":{"rendered":"<p><strong>INTRODUCTION<\/strong>. La requ\u00eate porte sur une ing\u00e9rence dans le patrimoine de la requ\u00e9rante, \u00e0 la suite de l\u2019action des autorit\u00e9s visant \u00e0 l\u2019obtention du remboursement d\u2019une partie des sommes vers\u00e9es \u00e0 titre de garantie salariale \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9e.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">PREMI\u00c8RE SECTION<br \/>\n<strong>AFFAIRE CASARIN c. ITALIE<\/strong><br \/>\n<em>(Requ\u00eate no 4893\/13)<\/em><br \/>\nARR\u00caT<\/p>\n<p>Art. 1 P1 \u2022 Respect de biens \u2022 Ing\u00e9rence disproportionn\u00e9e \u00e0 la suite de l\u2019action des autorit\u00e9s visant le remboursement de sommes vers\u00e9es par erreur \u2022 Marge d\u2019appr\u00e9ciation plus \u00e9troite lorsque l\u2019erreur est imputable uniquement aux autorit\u00e9s \u00e9tatiques \u2022 Principe de \u00ab\u00a0bonne gouvernance\u00a0\u00bb \u2022 Erreur d\u2019appr\u00e9ciation \u00e9manant de l\u2019employeur en qui la salari\u00e9e pouvait raisonnablement avoir confiance \u2022 Requ\u00e9rante ayant eu \u00e0 supporter l\u2019erreur de l\u2019administration<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">STRASBOURG<br \/>\n11 f\u00e9vrier 2021<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat deviendra d\u00e9finitif dans les conditions d\u00e9finies \u00e0 l\u2019article 44 \u00a7 2 de la Convention. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire Casarin c. Italie,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (premi\u00e8re section), si\u00e9geant en une Chambre compos\u00e9e de\u00a0:<\/p>\n<p>Ksenija Turkovi\u0107, pr\u00e9sidente<br \/>\nKrzysztof Wojtyczek,<br \/>\nLinos-Alexandre Sicilianos,<br \/>\nGilberto Felici,<br \/>\nErik Wennerstr\u00f6m,<br \/>\nRaffaele Sabato,<br \/>\nLorraine Schembri Orland, juges,<br \/>\net de Renata Degener, greffi\u00e8readjointe de section,<\/p>\n<p>Vu\u00a0:<\/p>\n<p>la requ\u00eate (no\u00a04893\/13) dirig\u00e9e contre la R\u00e9publique italienne et dont une ressortissante de cet \u00c9tat, Mme Amelia Casarin (\u00ab\u00a0la requ\u00e9rante\u00a0\u00bb), a saisi la Cour en vertu de l\u2019article\u00a034 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la Convention\u00a0\u00bb) le 24 d\u00e9cembre 2012\u00a0;<\/p>\n<p>la d\u00e9cision de porter \u00e0 la connaissance du gouvernement italien (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb) les griefs concernant l\u2019article 1 du Protocole no1 \u00e0 la Convention, seul et combin\u00e9 avec l\u2019article 14 de la Convention, et de d\u00e9clarer la requ\u00eate irrecevable pour le surplus ;<\/p>\n<p>les observations des parties\u00a0;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 19 janvier 2021,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>1. La requ\u00eate porte sur une ing\u00e9rence dans le patrimoine de la requ\u00e9rante, \u00e0 la suite de l\u2019action des autorit\u00e9s visant \u00e0 l\u2019obtention du remboursement d\u2019une partie des sommes vers\u00e9es \u00e0 titre de garantie salariale \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>EN FAIT<\/strong><\/p>\n<p>2. La requ\u00e9rante est n\u00e9e en 1950 et r\u00e9side \u00e0 Turin. Elle a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e par Me\u00a0M. Lanzilli, avocate \u00e0 Turin.<\/p>\n<p>3. Le Gouvernement a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par son ancien agent, Mme\u00a0E.\u00a0Spatafora, et son ancien coagent, Mme P. Accardo.<\/p>\n<p><strong>I. La proc\u00e9dure de mobilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>4. D\u2019octobre 1973 \u00e0 ao\u00fbt 1998, la requ\u00e9rante travailla comme enseignante au sein de l\u2019\u00c9ducation nationale, \u00e9tant rattach\u00e9e, quant \u00e0 ses statut et \u00e9chelon professionnels, \u00e0 l\u2019organigramme de l\u2019administration centrale de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>5. En 1998, le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale, en accord avec le minist\u00e8re de la Fonction publique et l\u2019Institut national de s\u00e9curit\u00e9 sociale (INPS), ouvrit une proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 interservices (procedura intercompartimentale di mobilit\u00e0) \u00e0 la suite de la disponibilit\u00e9 de l\u2019INPS, l\u2019entit\u00e9 administrative charg\u00e9e de la gestion du syst\u00e8me de retraite obligatoire et des autres services de s\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00e0 int\u00e9grer environ mille cinq cents enseignants en surnombre.<\/p>\n<p>6. La proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 fut r\u00e9glement\u00e9e par l\u2019ordonnance du minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale no 217 de 1998, la circulaire du m\u00eame minist\u00e8re no135 de 1998 et la convention collective nationale d\u00e9centralis\u00e9e (contratto collettivo nazionale decentrato) du 11\u00a0mars 1998. En particulier, l\u2019ordonnance minist\u00e9rielle \u00e9tablissait que chaque candidat retenu serait \u00ab\u00a0encadr\u00e9 dans les fonctions de grade VIIe &#8211; INPS, conservant l\u2019anciennet\u00e9 acquise pr\u00e9c\u00e9demment et le traitement salarial dont il b\u00e9n\u00e9fici[ait] \u00e0 la date du d\u00e9part, si [celui-ci \u00e9tait] plus favorable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>7. Dans ce contexte, la requ\u00e9rante formula, en fournissant les informations pertinentes requises, une demande de mobilit\u00e9, qui fut accept\u00e9e, et elle fut transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019INPS. De septembre 1998 \u00e0 f\u00e9vrier 2004, elle put conserver son salaire d\u2019origine, se voyant accorder \u00e0 cet effet le b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une allocation compensatrice dite \u00ab\u00a0de garantie salariale ad\u00a0personam\u00a0\u00bb (assegnoad personam\u00a0; ci-apr\u00e8s \u00ab\u00a0l\u2019allocation compensatrice\u00a0\u00bb), dont le montant \u00e9tait \u00e9gal \u00e0 la diff\u00e9rence entre le salaire qu\u2019elle percevait au sein de l\u2019\u00c9ducation nationale au moment de son d\u00e9part et celui pr\u00e9vu dans sa nouvelle fonction aupr\u00e8s de l\u2019INPS. \u00c0 partir du mois de mars 2004, elle perdit le b\u00e9n\u00e9fice du ch\u00e8que de garantie salariale.<\/p>\n<p>8. En octobre 2004, la requ\u00e9rante se vit diagnostiquer une grave maladie invalidante. En avril 2005, une commission d\u2019invalidit\u00e9 civile (commissione per l\u2019accertamento dell\u2019invalidit\u00e0 civile) d\u00e9livra en sa faveur un avis d\u2019inaptitude totale et permanente au travail, ouvrant le droit \u00e0 la retraite anticip\u00e9e pour l\u2019int\u00e9ress\u00e9e. Celle-ci partit \u00e0 la retraite le 30 d\u00e9cembre 2005.<\/p>\n<p>9. \u00c0 une date non pr\u00e9cis\u00e9e, la requ\u00e9rante introduisit un recours devant le tribunal de Pinerolo afin de contester la d\u00e9cision de l\u2019INPS d\u2019interrompre les versements op\u00e9r\u00e9s au titre de l\u2019allocation compensatrice. Le 24\u00a0juillet\u00a02007, le tribunal rejeta sa demande (jugement no\u00a0501\/2007), estimant que le syst\u00e8me national ne pr\u00e9voyait pas le droit au maintien du b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019allocation reconnue aux enseignants dans le cadre de la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 interservices lorsque ces derniers jouissaient d\u2019une augmentation salariale. Le juge national conclut que la requ\u00e9rante n\u2019avait donc pas droit au maintien du b\u00e9n\u00e9fice et que le principe de r\u00e9sorption (principio del riassorbimento\u00a0; voirla partie \u00ab\u00a0Le cadre juridique et la pratique internes pertinents\u00a0\u00bb ci-dessous) \u00e9tait ainsi applicable en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>10. La requ\u00e9rante ne fit pas appel de cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p><strong>II. La proc\u00e9dure civile contre la d\u00e9cision de r\u00e9P\u00c9TITION DE l\u2019INDU de l\u2019Institut national de s\u00e9curit\u00e9 sociale (INPS)<\/strong><\/p>\n<p>11. Le 13 mai 2008, la direction centrale \u00ab\u00a0D\u00e9veloppement et gestion des ressources humaines\u00a0\u00bb de l\u2019INPS adressa une lettre \u00e0 la requ\u00e9rante l\u2019informant de sa d\u00e9cision de r\u00e9p\u00e9ter les sommes vers\u00e9es \u00e0 titre de garantie salariale pour la p\u00e9riode allant de septembre 1998 \u00e0 f\u00e9vrier 2004, en se fondant sur la jurisprudence d\u00e9velopp\u00e9e entre-temps par la Cour de cassation en la mati\u00e8re (arr\u00eats nos\u00a08543\/2006, 9567\/2006, 8693\/2006, 55\/2007). Selon l\u2019INPS, la requ\u00e9rante avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venue de cette \u00e9ventualit\u00e9 par un courrier \u00e9lectronique envoy\u00e9 en f\u00e9vrier 2004, ce que l\u2019int\u00e9ress\u00e9e contesta ult\u00e9rieurement.<\/p>\n<p>12. Dans sa lettre, l\u2019INPS indiquait que \u00ab\u00a0(&#8230;) Par la suite, la Cour de cassation, adoptant la m\u00eame interpr\u00e9tation (&#8230;), a reconnu les raisons invoqu\u00e9es par l\u2019Administration dans des affaires similaires concernant des salari\u00e9s issus de l\u2019\u00c9ducation nationale ayant pris part \u00e0 la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 (&#8230;)\u00a0; l\u2019Administration, par cons\u00e9quent, doit recouvrer \u00e0 titre de pr\u00e9caution les sommes d\u00e9j\u00e0 d\u00e9termin\u00e9es et vers\u00e9es, sur le fondement des principes jurisprudentiels fix\u00e9s par la Cour supr\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>13. L\u2019INPS invitait ainsi la requ\u00e9rante \u00e0 proc\u00e9der au remboursement volontaire de la somme r\u00e9clam\u00e9e dans un d\u00e9lai de trente jours, faute de quoi il engagerait une action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu (azione di ripetizione dell\u2019indebito).<\/p>\n<p>14. Selon l\u2019INPS, la somme contest\u00e9e s\u2019\u00e9levait \u00e0 14\u00a0727,45\u00a0euros\u00a0(EUR), r\u00e9sultant de la diff\u00e9rence entre les montants per\u00e7us au titre de l\u2019allocation compensatrice et la somme qui aurait d\u00fb \u00eatre vers\u00e9e \u00e0 la requ\u00e9rante une fois appliqu\u00e9e la r\u00e9sorption.<\/p>\n<p>15. Le 9 juin 2008, la requ\u00e9rante adressa une lettre \u00e0 l\u2019INPS par laquelle elle contesta la l\u00e9gitimit\u00e9 de la demande de cette instance et invita cette derni\u00e8re \u00e0 surseoir \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de sa d\u00e9cision. Le 17\u00a0juin 2008, l\u2019INPS confirma sa d\u00e9cision et indiqua que sa mise \u00e0 ex\u00e9cution aurait lieu en juillet 2008.<\/p>\n<p>16. Le 18 septembre 2008, la requ\u00e9rante introduisit une demande de conciliation aupr\u00e8s de la direction provinciale du travail comp\u00e9tente.<\/p>\n<p>17. En l\u2019absence d\u2019une convocation de la commission de conciliation, le 14\u00a0janvier 2009, la requ\u00e9rante saisit le tribunal de premi\u00e8re instance de Pinerolo d\u2019une demande d\u2019annulation de l\u2019action de l\u2019INPS.<\/p>\n<p>18. Par un jugement du 27 avril 2009, le tribunal fit droit \u00e0 la demande de la requ\u00e9rante (jugement no 10004\/09). Tout en rappelant la jurisprudence de la Cour de cassation sur l\u2019applicabilit\u00e9 du principe de r\u00e9sorption aux allocations compensatrices, il jugea ill\u00e9gitime l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition intent\u00e9e par l\u2019INPS. D\u2019apr\u00e8s le tribunal, les modalit\u00e9s de versement des sommes contest\u00e9es ne pouvaient qu\u2019avoir cr\u00e9\u00e9, dans le chef de la requ\u00e9rante, une \u00ab\u00a0confiance l\u00e9gitime\u00a0\u00bb (legittimo affidamento) quant au caract\u00e8re d\u00fb des versements. Le tribunal releva aussi que, pour fonder son action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu, l\u2019INPS avait fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un courrier \u00e9lectronique envoy\u00e9 en 2004 \u00e0 la requ\u00e9rante, mais jamais produit en audience. Enfin, il consid\u00e9ra que la nouvelle jurisprudence de la Cour de cassation ne pouvait pas avoir une incidence sur les droits acquis, compte tenu en particulier de la \u00ab\u00a0bonne foi\u00a0\u00bb de la requ\u00e9rante.<\/p>\n<p>19. L\u2019INPS fit appel de ce jugement devant la cour d\u2019appel de Turin. Le 20 juillet 2010, la cour d\u2019appel infirma la d\u00e9cision rendue en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>20. Elle jugea que, en mati\u00e8re d\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu de sommes vers\u00e9es \u00e0 titre de salaire par l\u2019administration, une fois prouv\u00e9e l\u2019absence de fondement l\u00e9gal du versement, la r\u00e9p\u00e9tition ne pouvait pas \u00eatre exclue en raison de la \u00ab\u00a0confiance l\u00e9gitime\u00a0\u00bb et de la \u00ab\u00a0bonne foi\u00a0\u00bb du salari\u00e9. En outre, la cour d\u2019appel affirma que la requ\u00e9rante ne pouvait pas se pr\u00e9valoir de droits acquis sur les sommes re\u00e7ues \u00e0 titre de garantie salariale, compte tenu de l\u2019\u00e9volution jurisprudentielle en la mati\u00e8re, laquelle avait eu un impact sur la base l\u00e9gale du droit revendiqu\u00e9 par celle\u2011ci.<\/p>\n<p>21. Par une ordonnance du 26 juin 2012, la Cour de cassation, saisie d\u2019un pourvoi intent\u00e9 par la requ\u00e9rante, rejeta celui-ci en se fondant sur les m\u00eames principes susmentionn\u00e9s et condamna \u00e9galement l\u2019int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 verser la somme de 2\u00a0030\u00a0EUR \u00e0 titre de frais et d\u00e9pens de la proc\u00e9dure engag\u00e9es par l\u2019INPS. Par une lettre du 19\u00a0juillet 2012, l\u2019INPS r\u00e9clama le versement de cette somme \u00e0 la requ\u00e9rante. Cette derni\u00e8re lui r\u00e9pondit que, compte tenu de sa situation financi\u00e8re, qu\u2019elle qualifiait de pr\u00e9caire (sa seule source de revenus \u00e9tant sa pension mensuelle, d\u2019un montant de 1\u00a0200\u00a0EUR), elle allait proc\u00e9der aux versements de ladite somme par tranches mensuelles de 500 EUR.<\/p>\n<p>22. Le 12 septembre 2012, l\u2019INPS demanda \u00e0 la requ\u00e9rante le versement de la somme due au titre de l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition, \u00e9tablie \u00e0 13\u00a0288,39\u00a0EUR apr\u00e8s actualisation, dans un d\u00e9lai de trente jours. Le 30 octobre 2012, la requ\u00e9rante informa l\u2019INPS qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas en mesure de verser l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la somme demand\u00e9e. Elle offrit ainsi derembourser sa dette par mensualit\u00e9s de 200 EUR, ce que l\u2019INPS accepta. La requ\u00e9rante indiqua aussi que les versements \u00e9taient effectu\u00e9s sous r\u00e9serve de r\u00e9p\u00e9tition (riserva\u00a0di ripetizione).<\/p>\n<p>LE CADRE JURIDIQUE ET LA PRATIQUE INTERNES PERTINENTS<\/p>\n<p><strong>I. La proc \u00c9dure de mobilit\u00c9<\/strong><\/p>\n<p>23. L\u2019article 202 du d\u00e9cret du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique no3 du 10\u00a0janvier 1957 (intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Texte unique des dispositions relatives au statut des fonctionnaires de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb), qui r\u00e9git, dans le cadre des changements de fonction, le maintien du traitement (trattamento) \u00e9conomique du salari\u00e9, est ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans le cas d\u2019un changement de fonction aupr\u00e8s de la m\u00eame administration ou d\u2019une administration diff\u00e9rente, l\u2019employ\u00e9 touchant un salaire sup\u00e9rieur \u00e0 celui pr\u00e9vu dans la nouvelle fonction se voit attribuer une allocation personnelle, (&#8230;) [d\u2019un montant] \u00e9gal \u00e0 la diff\u00e9rence entre le salaire d\u00e9j\u00e0 per\u00e7u et le nouveau salaire, \u00e0 moins qu\u2019elle ne soit compens\u00e9e par des augmentations ult\u00e9rieures li\u00e9es \u00e0 la progression de carri\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>24. L\u2019article 3, alin\u00e9a 57, de la loi no 537 de 1993 (loi de finances 1994), pr\u00e9voit ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lors du changement de fonction, au sens de l\u2019article 202 du d\u00e9cret du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique no 3 de 1957, et d\u2019autres dispositions l\u00e9gales similaires, au personnel ayant un traitement ou un salaire sup\u00e9rieur \u00e0 celui \u00e0 percevoir dans la nouvelle fonction, il est reconnu une \u00ab\u00a0allocation compensatrice de garantie salariale ad\u00a0personam\u00a0\u00bb, incluse dans le calcul de la cotisation pour le r\u00e9gime de la retraite, qui ne peut pas \u00eatre soumise \u00e0 r\u00e9sorption ou r\u00e9\u00e9valu\u00e9e, [d\u2019un montant] \u00e9gal \u00e0 la diff\u00e9rence entre le salaire ou le traitement [per\u00e7u] au moment du transfert et celui d\u00fb dans la nouvelle fonction.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>25. L\u2019article 34 du d\u00e9cret l\u00e9gislatif no 29 de 1993 r\u00e9glemente les cas de transfert d\u2019activit\u00e9s, indiquant que les salari\u00e9s ont droit au maintien de leur traitement juridique d\u2019origine, en application de l\u2019article 2112 du code civil.<\/p>\n<p>26. La circulaire minist\u00e9rielle no 218 du 6 mai 1998, telle qu\u2019en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits, est libell\u00e9e comme suit en ses parties pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019ordonnance ci-jointe [l\u2019ordonnance no 217 de 1998, ci-apr\u00e8s], soumise aux contr\u00f4les prescrits et r\u00e9dig\u00e9e selon les crit\u00e8res contenus dans la C.C.D.N. [la convention collective nationale d\u00e9centralis\u00e9e] conclue le 20\u00a0avril 1998, r\u00e9glemente la pr\u00e9sentation de la demande de transfert aux fonctions de grade VII \u2013 INPS, par le personnel enseignant (&#8230;).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>27. L\u2019ordonnance du minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale no 217 du 6 mai 1998 r\u00e9glemente la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 interservices entre ledit minist\u00e8re et l\u2019INPS. Ses dispositions pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce se lisent comme suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Article 2<\/p>\n<p>Le personnel int\u00e9ress\u00e9 par un transfert vers l\u2019INPS doit pr\u00e9senter, dans un d\u00e9lai de 30\u00a0jours \u00e0 partir de la date de publication de la pr\u00e9sente ordonnance, une demande sur papier libre au rectorat de l\u2019acad\u00e9mie de la province \u00e0 laquelle il est rattach\u00e9.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>Article 4<\/p>\n<p>Dans la demande, chaque candidat (&#8230;) doit indiquer\u00a0:<\/p>\n<p>a) l\u2019appartenance aux cat\u00e9gories d\u2019enseignants en surnombre\u00a0;<\/p>\n<p>b) l\u2019anciennet\u00e9 de service globale acquise\u00a0;<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>d) les dipl\u00f4mes obtenus.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>Article 6<\/p>\n<p>6.1 (&#8230;) le recteur de l\u2019acad\u00e9mie identifie, sur la base du classement, l\u2019enseignant b\u00e9n\u00e9ficiaire du contrat \u00e0 conclure avec l\u2019INPS (&#8230;).<\/p>\n<p>6.2 L\u2019enseignant est encadr\u00e9 dans les fonctions de grade VIIe &#8211; INPS, conservant l\u2019anciennet\u00e9 acquise pr\u00e9c\u00e9demment et le traitement salarial dont il b\u00e9n\u00e9fici[ait] \u00e0 la date du d\u00e9part, si [celui-ci \u00e9tait] plus favorable, en plus des traitements accessoires pr\u00e9vus pour le personnel de l\u2019INPS.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>7. (&#8230;) La pr\u00e9sente ordonnance sera soumise aux contr\u00f4les pr\u00e9vus par la loi\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>28. La convention collective nationale d\u00e9centralis\u00e9e du 11 mars 1998 relative aux crit\u00e8res applicables aux proc\u00e9dures de mobilit\u00e9 volontaire interservices du personnel de l\u2019\u00c9ducation nationale pr\u00e9voit ce qui suit en ses parties pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a02. Le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale, en accord avec l\u2019administration ou l\u2019entit\u00e9 publique concern\u00e9e, activera les proc\u00e9dures pour permettre la mobilit\u00e9 du personnel (&#8230;).<\/p>\n<p>4. La d\u00e9cision portant ouverture des proc\u00e9dures (de mobilit\u00e9) sera diffus\u00e9e ad\u00e9quatement et indiquera\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; le nombre de postes \u00e0 pourvoir et les lieux d\u2019affectation\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211; les fonctions \u00e0 remplir\u00a0;<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>&#8211; le cadre juridique et \u00e9conomique au moment du transfert et le cadre l\u00e9gislatif du secteur de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0;<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>6. Le pr\u00e9sent accord a valeur jusqu\u2019\u00e0 nouvelle d\u00e9termination des proc\u00e9dures de mobilit\u00e9 interservices par les dispositions l\u00e9gislatives ou par les normes d\u00e9coulant de la n\u00e9gociation collective.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>29. L\u2019article 2 du d\u00e9cret l\u00e9gislatif no 80 du 31 mars 1998 est ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a03. (&#8230;) La d\u00e9termination du traitement \u00e9conomique [du personnel public] ne peut se faire que par le biais de conventions collectives ou, aux conditions fix\u00e9es, par le biais de contrats individuels. Les dispositions des lois, r\u00e8glements ou actes administratifs qui accordent des augmentations de salaire non pr\u00e9vues dans les contrats cessent d\u2019\u00eatre effectives \u00e0 compter de la date d\u2019entr\u00e9e en vigueur du renouvellement du contrat concern\u00e9. La r\u00e9mun\u00e9ration la plus favorable octroy\u00e9e est soumise \u00e0 r\u00e9sorption de la mani\u00e8re et selon les mesures pr\u00e9vues par les conventions collectives (&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>30. Le Conseil d\u2019\u00c9tat, si\u00e9geant en assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re (d\u00e9cision no8 du 16\u00a0mars 1992), a jug\u00e9 que le b\u00e9n\u00e9fice du maintien du traitement salarial plus favorable sans r\u00e9sorption, en cas de transfert au sein d\u2019une autre administration, tel que pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 202 du d\u00e9cret du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique no 3 de 1957 et \u00e0 l\u2019article 12 du d\u00e9cret du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique no\u00a01079 de 1970, ne peut s\u2019appliquer au personnel d\u2019entit\u00e9s publiques dot\u00e9es d\u2019une personnalit\u00e9 juridique distincte de celle de l\u2019administration centrale de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>31. Dans son arr\u00eat no 8543\/06 (d\u00e9pos\u00e9 le 8 janvier 2007, et suivi, entre autres, par les arr\u00eats no 8690\/06, no 8693\/2006, no 9567\/2006, no 9569\/2006, no\u00a055\/2007, no 18129\/14 et no 17125\/15), la Cour de cassation a jug\u00e9 que\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab (&#8230;)\u00a0la jurisprudence administrative a exclu que le principe contenu \u00e0 l\u2019article\u00a0202 du D.P.R. [d\u00e9cret du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique] no 3 de 1957 puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme ayant une port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, c\u2019est-\u00e0-dire comme \u00e9tant applicable \u00e0 tous les transferts de salari\u00e9s du secteur public, interpr\u00e9tant ladite disposition dans le sens qu\u2019elle s\u2019applique uniquement dans le cas de transferts au sein de la m\u00eame administration centrale de l\u2019\u00c9tat, en l\u2019excluant pour les transferts au sein des organismes publics non \u00e9tatiques (&#8230;). La Cour [de cassation] partage cette interpr\u00e9tation, estimant que la norme cit\u00e9e vise \u00e0 \u00e9viter une r\u00e9gression (regresso) du traitement \u00e9conomique global en cas de transfert du personnel\u00a0; mais l\u2019on peut parler de r\u00e9gression uniquement en comparant des fonctions ou grades similaires, rattach\u00e9s \u00e0 une organisation bureaucratique unitaire (&#8230;).<\/p>\n<p>(&#8230;) l\u2019ordonnance minist\u00e9rielle no 217\/98 ne pr\u00e9voit rien \u00e0 propos de la r\u00e9sorption du ch\u00e8que de garantie salariale reconnu aux enseignants \u00e0 l\u2019occasion de la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 (&#8230;). Cette remarque permet de replacer le pr\u00e9sent cas dans le sillage du principe g\u00e9n\u00e9ral de la r\u00e9sorption des allocations compensatrices (assegni ad\u00a0personam) [en l\u2019absence de dispositions d\u00e9rogatoires pr\u00e9voyant de mani\u00e8re explicite l\u2019exclusion, pour l\u2019allocation, de la r\u00e9sorption]\u00a0; (&#8230;)\u00a0le traitement \u00e9conomique reconnu avant le transfert des int\u00e9ress\u00e9s est soumis \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 du principe de r\u00e9sorption, lorsque les enseignants b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une augmentation salariale ou d\u2019un avancement de carri\u00e8re suivant le transfert.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>II. L\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu<\/strong><\/p>\n<p>32. L\u2019article 2033 du code civil r\u00e9git l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu lorsque le paiement a eu lieu sans cause (indebito oggettivo). Il est ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute personne ayant effectu\u00e9 un paiement indu est en droit de r\u00e9p\u00e9ter ce qu\u2019elle a pay\u00e9. Elle a \u00e9galement droit aux fruits et int\u00e9r\u00eats \u00e0 compter du jour du paiement, si la personne qui l\u2019a re\u00e7u \u00e9tait de mauvaise foi, ou, si celle-ci \u00e9tait de bonne foi, \u00e0 compter du jour de la demande.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>33. Si la jurisprudence majoritaire a toujours interpr\u00e9t\u00e9 le principe de la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu dans le sens que la \u00ab\u00a0bonne foi\u00a0\u00bb du b\u00e9n\u00e9ficiaire ne permet pas d\u2019exclure la r\u00e9cup\u00e9ration de la somme vers\u00e9e sans titre (voir, parmi beaucoup, Cour de cassation, no 8338 de 2010, Conseil d\u2019\u00c9tat no\u00a02699\u00a0de 2006), le Conseil d\u2019\u00c9tat, par ses arr\u00eats nos 5314 et 5315 de 2014 (voir aussi Conseil d\u2019\u00c9tat no\u00a02118 du 13\/04\/2012, no 3773 de 2007 et no\u00a06291 du 15\/10\/2003) a estim\u00e9 que l\u2019existence cumulative d\u2019autres conditions peut constituer une exception \u00e0 l\u2019application g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du principe de r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu. En particulier, il a affirm\u00e9 que\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0(&#8230;) ce recouvrement est un devoir et constitue un exercice, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 2033 du code civil italien, d\u2019un droit subjectif r\u00e9el sur le contenu du capital auquel il ne peut \u00eatre renonc\u00e9, puisqu\u2019il est li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation des finalit\u00e9s d\u2019int\u00e9r\u00eat public auxquelles les montants ind\u00fbment vers\u00e9s sont institutionnellement affect\u00e9s, alors que les situations de confiance l\u00e9gitime et de \u00ab\u00a0bonne foi\u00a0\u00bb des b\u00e9n\u00e9ficiaires ne seraient pertinentes que pour d\u00e9terminer les modalit\u00e9s du recouvrement \u00e0 effectuer, afin de ne pas atteindre de mani\u00e8re excessivement dispendieuse les besoins vitaux du salari\u00e9 (voir, parmi beaucoup d\u2019autres, Conseil d\u2019\u00c9tat, section III, 9\u00a0juin 2014, no\u00a02903, et les pr\u00e9c\u00e9dents jurisprudentiels pr\u00e9cit\u00e9s).<\/p>\n<p>En fait, les principes jurisprudentiels susmentionn\u00e9s, m\u00eame s\u2019ils semblent acceptables en termes abstraits, ne peuvent \u00eatre appliqu\u00e9s automatiquement, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale et indiff\u00e9renci\u00e9e \u00e0 tout cas concret de paiement indu par l\u2019administration publique \u00e0 ses employ\u00e9s, car il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir \u00e9gard aux aspects juridiques et factuels des cas individuels port\u00e9s devant les tribunaux, en tenant compte de la nature des montants dont le remboursement est demand\u00e9, des causes de l\u2019erreur qui a conduit au paiement des sommes contest\u00e9es, du temps \u00e9coul\u00e9 entre la date du paiement et la date d\u2019\u00e9mission de l\u2019ordre de recouvrement, du montant des sommes pay\u00e9es par rapport aux finalit\u00e9s concern\u00e9es, etc.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>EN DROIT<\/p>\n<p>I. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 1 DU PROTOCOLE no 1\u00c0 LA CONVENTION<\/p>\n<p>34. La requ\u00e9rante all\u00e8gue que la condamnation \u00e0 rembourser \u00e0 l\u2019INPS la somme de 13\u00a0288,39 EUR, vers\u00e9e \u00e0 titre de garantie salariale, a emport\u00e9 violation de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention, ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut \u00eatre priv\u00e9 de sa propri\u00e9t\u00e9 que pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique et dans les conditions pr\u00e9vues par la loi et les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international.<\/p>\n<p>Les dispositions pr\u00e9c\u00e9dentes ne portent pas atteinte au droit que poss\u00e8dent les \u00c9tats de mettre en vigueur les lois qu\u2019ils jugent n\u00e9cessaires pour r\u00e9glementer l\u2019usage des biens conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ou pour assurer le paiement des imp\u00f4ts ou d\u2019autres contributions ou des amendes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Objet de la requ\u00eate<\/strong><\/p>\n<p>35. En ce qui concerne l\u2019objet du pr\u00e9sent grief, la Cour indique d\u2019embl\u00e9e que celui-ci ne porte pas sur l\u2019application du principe de r\u00e9sorption \u00e0 l\u2019allocation compensatrice reconnue \u00e0 la requ\u00e9rante mais sur les effets de l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition des sommes vers\u00e9es par l\u2019INPS de 1998 \u00e0 2004.<\/p>\n<p><strong>B. Sur la recevabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>36. La Cour constate que le gouvernement d\u00e9fendeur ne soul\u00e8ve aucune exception pr\u00e9liminaire portant sur la recevabilit\u00e9 de la requ\u00eate. N\u00e9anmoins, la Cour, en rappelant qu\u2019elle peut soulever d\u2019office, entre autres, une question relative \u00e0 sa comp\u00e9tence ratione materiae, estime n\u00e9cessaire d\u2019examiner l\u2019applicabilit\u00e9 de l\u2019article 1 du Protocole no1 de sa propre initiative (Romeva c. Mac\u00e9doine du Nord, no 32141\/10, \u00a7\u00a037, 12\u00a0d\u00e9cembre 2019, T\u0103nase c.\u00a0Moldova [GC], no 7\/08, \u00a7 131, CEDH 2010, et Ble\u010di\u0107\u00a0c.\u00a0Croatie [GC], no\u00a059532\/00, \u00a7 67, CEDH 2006\u2011III).<\/p>\n<p>37. En particulier, renvoyant aux principes \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019affaire \u010cakarevi\u0107 c. Croatie (no 48921\/13, \u00a7\u00a7 50-53, 26 avril 2018\u00a0; voir aussi Romeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 38-39), la Cour rel\u00e8ve que la question de savoir si la pr\u00e9sente requ\u00eate entre dans le champ d\u2019application de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9 doit \u00eatre analys\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re du fait que la requ\u00e9rante a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, de septembre 1998 \u00e0 f\u00e9vrier 2004, du versement mensuel d\u2019une allocation compensatrice sur le fondement des dispositions r\u00e9glementant la mobilit\u00e9 interservices entre le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale et l\u2019INPS (paragraphes 26-28 ci\u2011dessus).<\/p>\n<p>38. La Cour note que l\u2019INPS a r\u00e9guli\u00e8rement proc\u00e9d\u00e9 audit versement, en faveur de la requ\u00e9rante, pendant la p\u00e9riode indiqu\u00e9e. Elle note aussi que, par apr\u00e8s, \u00e0 la suite de plusieurs arr\u00eats de la Cour de cassation rendus \u00e0 partir de 2006 (paragraphe\u00a031 ci-dessus) \u00e9tablissant que l\u2019allocation compensatrice \u00e9tait soumise \u00e0 la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale de la r\u00e9sorption, c\u2019est-\u00e0-dire assujettie \u00e0 la r\u00e9duction de son montant au fur et mesure que le salaire de base augmentait, l\u2019administration a entam\u00e9 une action en r\u00e9p\u00e9tition de la somme qu\u2019elle estimait constituer un versement indu. Si le tribunal de premi\u00e8re instance a reconnu la pr\u00e9\u00e9minence de l\u2019int\u00e9r\u00eat de la requ\u00e9rante et a rejet\u00e9 l\u2019action de l\u2019INPS (paragraphe 18 ci-dessus), la cour d\u2019appel (paragraphe 20 ci-dessus), d\u00e9cision confirm\u00e9e par la Cour de cassation, a fait droit \u00e0 la demande de l\u2019administration.<\/p>\n<p>Partant, la Cour consid\u00e8re que la question qui se pose dans la pr\u00e9sente affaire est celle de savoir si, dans ces circonstances particuli\u00e8res, la requ\u00e9rante peut \u00eatre r\u00e9put\u00e9e avoir eu une \u00ab\u00a0esp\u00e9rance l\u00e9gitime\u00a0\u00bb, au sens autonome de la Convention, de pouvoir conserver les sommes d\u00e9j\u00e0 per\u00e7ues \u00e0 titre de garantie salariale.<\/p>\n<p>39. La Cour observe d\u2019embl\u00e9e que le droit de la requ\u00e9rante \u00e0 percevoir l\u2019allocation en question r\u00e9sultait de l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019INPS, principale instance du syst\u00e8me public italien charg\u00e9e d\u2019organiser le service li\u00e9 aux prestations de s\u00e9curit\u00e9 sociale. Cette entit\u00e9, en appliquant les dispositions susmentionn\u00e9es, a proc\u00e9d\u00e9 sans discontinuit\u00e9 au versement de l\u2019allocation compensatrice pendant environ six ans. Il y a d\u2019ailleurs lieu de relever que, d\u2019apr\u00e8s les documents pr\u00e9sent\u00e9s par le gouvernement d\u00e9fendeur, l\u2019INPS a effectu\u00e9 les versements sans aucune mention quant \u00e0 leur nature provisoire (riserva di ripetizione dell\u2019indebito) (\u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 59).<\/p>\n<p>40. La Cour observe \u00e9galement que, de son c\u00f4t\u00e9, la requ\u00e9rante a pu constater que l\u2019administration l\u2019avait admise au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019allocation compensatrice et consid\u00e9rer \u00e0 juste titre que cette d\u00e9cision et son ex\u00e9cution \u00e9taient fond\u00e9es (ibidem, \u00a7 56). Par ailleurs, il convient de noter que le gouvernement d\u00e9fendeur ne met pas en doute la \u00ab\u00a0bonne foi\u00a0\u00bb de la requ\u00e9rante ni ne soutient que celle-ci a contribu\u00e9 de quelque mani\u00e8re que soit \u00e0 provoquer la situation contest\u00e9e\u00a0: l\u2019int\u00e9ress\u00e9e a pr\u00e9sent\u00e9 sa demande de mobilit\u00e9 dans le respect des dispositions applicables et a per\u00e7u le versement de l\u2019allocation en disposant d\u2019information de nature \u00e0 la convaincre de son droit au b\u00e9n\u00e9fice de la garantie salariale (Romeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 43, et \u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a059-60).<\/p>\n<p>41. L\u2019int\u00e9ress\u00e9e ne pouvait donc pas raisonnablement se douter, au moins jusqu\u2019au mois de f\u00e9vrier 2004 (paragraphe 11in fine ci-dessus), date d\u2019envoi du courriel contest\u00e9, que son droit au b\u00e9n\u00e9fice de la garantie salariale avait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 par erreur. Elle \u00e9tait fond\u00e9e \u00e0 estimer, en s\u2019appuyant sur les dispositions applicables \u00e0 son transfert (paragraphes 23\u201124 ci-dessus) que la d\u00e9cision de lui verser les sommes litigieuses ne perdrait pas sa validit\u00e9. En outre, le temps \u00e9coul\u00e9 a pu faire na\u00eetre chez la requ\u00e9rante la conviction de la stabilit\u00e9 de cette partie de ses revenus (Gashi\u00a0c. Croatie, no 32457\/05, \u00a7 22, 13\u00a0d\u00e9cembre 2007).<\/p>\n<p>42. En conclusion, tous les \u00e9l\u00e9ments \u00e9voqu\u00e9s permettent \u00e0 la Cour de conclure que, compte tenu des circonstances de l\u2019affaire dans leur globalit\u00e9, la requ\u00e9rante peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme titulaire d\u2019un int\u00e9r\u00eat patrimonial suffisamment reconnu et important pour constituer un \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb au sens de la norme exprim\u00e9e dans la premi\u00e8re phrase de l\u2019article 1 du Protocole no 1, lequel est donc applicable quant au grief examin\u00e9 (B\u00e9l\u00e1n\u00e9 Nagy c.\u00a0Hongrie [GC], no 53080\/13, \u00a7 94, 13 d\u00e9cembre 2016, Romeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a044 et 45, \u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a065, et Moskal c. Pologne, no 10373\/05, \u00a7\u00a7 44-46, 15\u00a0septembre 2009).<\/p>\n<p>43. En outre, constatant que ce grief n\u2019est pas manifestement mal fond\u00e9 au sens de l\u2019article 35 \u00a7 3 a) de la Convention et qu\u2019il ne se heurte par ailleurs \u00e0 aucun autre motif d\u2019irrecevabilit\u00e9, la Cour le d\u00e9clare recevable.<\/p>\n<p><strong>C. Sur le fond<\/strong><\/p>\n<p><em>1. Observations des parties<\/em><\/p>\n<p>44. La requ\u00e9rante conteste non pas la l\u00e9gitimit\u00e9 du principe de r\u00e9sorption des augmentations de salaire \u00e0 partir de 2004, mais plut\u00f4t l\u2019obligation de remboursement des sommes que l\u2019INPS lui avait d\u00e9j\u00e0 vers\u00e9es, qu\u2019elle consid\u00e8re comme faisant partie int\u00e9grante de son patrimoine.<\/p>\n<p>45. Elle soutient s\u2019\u00eatre vu verser les montants litigieux sans mention d\u2019une \u00ab\u00a0r\u00e9serve de r\u00e9p\u00e9tition\u00a0\u00bb et sans information quant \u00e0 leur caract\u00e8re provisoire, en application d\u2019un cadre normatif d\u00e9termin\u00e9, en l\u2019occurrence la r\u00e9glementation applicable \u00e0 la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 (paragraphes 23-24 et 26-28 ci-dessus). Selon elle, ce cadre a fait na\u00eetre en elle une expectative l\u00e9gitime et raisonnable quant au caract\u00e8re d\u00e9finitif des versements, d\u2019autant plus que l\u2019INPS a r\u00e9clam\u00e9 la restitution des sommes en cause pr\u00e8s de dix ans apr\u00e8s le d\u00e9but de leur versement, en s\u2019appuyant sur la jurisprudence de la Cour de cassation qui s\u2019\u00e9tait entre\u2011temps affirm\u00e9e \u00e0 partir de 2006 (paragraphe 31 ci-dessus).<\/p>\n<p>46. La requ\u00e9rante estime que l\u2019action de l\u2019administration s\u2019est fond\u00e9e sur une nouvelle interpr\u00e9tation des dispositions applicables, non pr\u00e9visible, ce qui serait contraire aux principes de la Cour.<\/p>\n<p>47. La requ\u00e9rante met aussi en avant sa situation \u00e9conomique et son \u00e9tat de sant\u00e9, arguant que l\u2019obligation de remboursement a eu un impact d\u00e9cisif sur sa retraite, d\u2019un montant \u00e9gal \u00e0 1\u00a0200 EUR environ, duquel il faudrait d\u00e9duire les d\u00e9penses de sant\u00e9 expos\u00e9es par elle pour un traitement de chimioth\u00e9rapie pour un lymphome. Elle indique \u00e9galement que, en se basant sur sa situation patrimoniale pr\u00e9existante \u00e0 la survenue du litige avec l\u2019administration, elle avait contract\u00e9 un pr\u00eat immobilier pour financer l\u2019achat de son habitation, escomptant alors \u00eatre en mesure de rembourser la somme emprunt\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 ses revenus. Elle pr\u00e9cise verser actuellement 350\u00a0EUR par mois en remboursement de ce pr\u00eat.<\/p>\n<p>48. La requ\u00e9rante soutient ensuite ne pas avoir re\u00e7u le courrier \u00e9lectronique que l\u2019INPS lui a envoy\u00e9 en 2004 pour l\u2019informer d\u2019un r\u00e9examen \u00e0 venir de sa situation salariale (paragraphe 11 ci-dessus). Elle affirme qu\u2019\u00e0 la p\u00e9riode \u00e0 laquelle ledit courriel aurait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9, elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 malade et souvent absente du bureau. Elle plaide que le Gouvernement n\u2019a jamais fourni la preuve de la r\u00e9ception de ce message et consid\u00e8re que, pour une communication de cette importance, l\u2019INPS aurait d\u00fb utiliser un syst\u00e8me de r\u00e9ception s\u00e9curis\u00e9, en l\u2019occurrence l\u2019envoi par lettre recommand\u00e9e avec accus\u00e9 de r\u00e9ception. En tous cas, elle soutient avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e tardivement par cette communication de 2004 du caract\u00e8re pr\u00e9tendument erron\u00e9e des versements en question.<\/p>\n<p>49. Le Gouvernement, en s\u2019appuyant sur la jurisprudence interne pour justifier l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition des sommes litigieuses, soutient que celle-ci est conforme \u00e0 l\u2019article 1 du Protocole no 1. Il indique que la requ\u00e9rante a pu conserver son salaire de d\u00e9part, \u00e0 l\u2019instar des autres enseignants transf\u00e9r\u00e9s, gr\u00e2ce au versement de l\u2019allocation compensatrice. Il ajoute que, par la suite, au fur et \u00e0 mesure de ses augmentations de salaire au sein de l\u2019INPS, elle aurait d\u00fb voir l\u2019allocation soumise au principe de r\u00e9sorption, afin d\u2019\u00e9viter de se retrouver \u00ab\u00a0privil\u00e9gi\u00e9e\u00a0\u00bb en permanence, quant \u00e0 son traitement salarial, par rapport aux autres salari\u00e9s de l\u2019INPS.<\/p>\n<p>50. Le Gouvernement expose ensuite que, malgr\u00e9 les d\u00e9clarations de la requ\u00e9rante \u00e0 ce sujet, aucun changement de jurisprudence n\u2019est intervenu en mati\u00e8re de r\u00e9sorption. En particulier, selon lui, la jurisprudence administrative majoritaire a toujours exclu une application g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du traitement privil\u00e9gie dont la requ\u00e9rante se pr\u00e9vaut (paragraphe 30 ci\u2011dessus). Les dispositions invoqu\u00e9es par celle-ci seraient uniquement applicables aux transferts \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019administration centrale de l\u2019\u00c9tat. Cette m\u00eame orientation serait suivie par la jurisprudence majoritaire des juges du travail (paragraphe 31 ci-dessus). Ainsi, contrairement aux dires de la requ\u00e9rante, il n\u2019y aurait eu aucun revirement de jurisprudence.<\/p>\n<p>51. Le Gouvernement indique encore que la situation de la requ\u00e9rante et des autres enseignants en surnombre, auxquels avait \u00e9t\u00e9 offerte la possibilit\u00e9 d\u2019un transfert \u00e0 l\u2019INPS, est semblable \u00e0 celle des requ\u00e9rants de l\u2019affaire Torri et autres c. Italie ((d\u00e9c.), nos 11838\/07 et 12302\/07, 24 janvier 2012), d\u00e9clar\u00e9e irrecevable par la Cour.<\/p>\n<p>52. Enfin, le Gouvernement affirme que le courrier \u00e9lectronique litigieux a bien \u00e9t\u00e9 exp\u00e9di\u00e9 \u00e0 la requ\u00e9rante le 27 f\u00e9vrier 2004, l\u2019informant de la possibilit\u00e9 d\u2019une action en recouvrement des \u00e9ventuelles sommes indues, vers\u00e9es pour la p\u00e9riode 1998-2004. Selon lui, ce courriel faisait \u00e9tat de nombreuses affaires en cours et indiquait que les \u00e9ventuels paiements indus feraient ult\u00e9rieurement l\u2019objet d\u2019un recouvrement, apr\u00e8s consolidation de la jurisprudence interne.<\/p>\n<p><em>2. Appr\u00e9ciation de la Cour<\/em><\/p>\n<p>53. Eu \u00e9gard aux principes g\u00e9n\u00e9raux applicables en la mati\u00e8re auxquels elle renvoie (Romeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 55-59 et 62-73, \u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a073\u201189, Moskal, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a050-52, et Grobelny c. Pologne, no 60477\/12, \u00a7\u00a7 55-62, 5 mars 2020) et compte tenu de ses conclusions relatives \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 de l\u2019article 1 du Protocole no1 \u00e0 la pr\u00e9sente affaire (paragraphe 42 ci-dessus), la Cour estime que la mesure litigieuse a constitu\u00e9 une ing\u00e9rence dans le droit de la requ\u00e9rante au respect de ses biens. Il s\u2019ensuit que, pour \u00eatre compatible avec la norme g\u00e9n\u00e9rale \u00e9nonc\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re phrase de l\u2019article 1 susmentionn\u00e9, ladite ing\u00e9rence doit remplir trois conditions\u00a0: elle doit avoir \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e \u00ab\u00a0dans les conditions pr\u00e9vues par la loi\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique\u00a0\u00bb et dans le respect d\u2019un juste \u00e9quilibre entre les droits de la requ\u00e9rante et les int\u00e9r\u00eats de la communaut\u00e9 (Beyeler c. Italie [GC], no\u00a033202\/96, \u00a7\u00a7 108-114, CEDH 2000\u2011I, et B\u00e9l\u00e1n\u00e9 Nagy c. Hongrie [GC], no\u00a053080\/13, \u00a7\u00a7 112-115, 13\u00a0d\u00e9cembre 2016).<\/p>\n<p>a) Sur la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence<\/p>\n<p>54. En ce qui concerne la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence, la Cour observe que l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e par un arr\u00eat de la cour d\u2019appel de Turin, confirm\u00e9 en cassation, sur le fondement des dispositions internes pertinentes en la mati\u00e8re et de la jurisprudence du Conseil d\u2019\u00c9tat et de la Cour de cassation (paragraphes 30-31 ci-dessus). La mesure litigieuse \u00e9tait donc \u00ab\u00a0pr\u00e9vue par la loi\u00a0\u00bb, comme exig\u00e9 par l\u2019article 1 du Protocole no1 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p>b) Sur le but l\u00e9gitime de l\u2019ing\u00e9rence<\/p>\n<p>55. Venant ensuite \u00e0 la question du but l\u00e9gitime, en l\u2019absence d\u2019observations formul\u00e9es sur ce point par les parties, la Cour se limite \u00e0 relever que les juridictions internes ont rappel\u00e9 les principes g\u00e9n\u00e9raux propres \u00e0 la notion de r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu. Elle consid\u00e8re ainsi que l\u2019ing\u00e9rence r\u00e9pondait \u00e0 un but l\u00e9gitime puisqu\u2019il est dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public que les biens re\u00e7us sur un fondement inexistant ou ayant cess\u00e9 d\u2019exister soient restitu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9tat (\u010cakarevi\u0107,\u00a0pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a076).<\/p>\n<p>c) Sur la proportionnalit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence<\/p>\n<p>56. Il reste \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 l\u2019examen de la derni\u00e8re condition pr\u00e9vue par l\u2019article 1 du Protocole no1\u00a0: la Cour doit ainsi rechercher si l\u2019ing\u00e9rence en question a rompu le juste \u00e9quilibre qui doit exister entre les exigences de l\u2019int\u00e9r\u00eat public g\u00e9n\u00e9ral, d\u2019une part, et celles de la protection du droit de l\u2019individu au respect de ses biens, d\u2019autre part (Romeva, precit\u00e9, \u00a7 57). Le juste \u00e9quilibre sera ainsi d\u00e9truit si la personne concern\u00e9e supporte une charge sp\u00e9ciale et excessive (B\u00e9l\u00e1n\u00e9 Nagy, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 115).<\/p>\n<p>57. Tout d\u2019abord, en ce qui concerne la \u00ab\u00a0marge d\u2019appr\u00e9ciation\u00a0\u00bb de l\u2019\u00c9tat, la Cour rappelle que le transfert de la requ\u00e9rante a eu lieu dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure plus complexe de r\u00e9organisation de l\u2019administration publique. En effet, la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e dans le but de r\u00e9int\u00e9grer un nombre consid\u00e9rable de fonctionnaires de l\u2019\u00c9ducation nationale qui se trouvaient en sureffectif (paragraphe 5 ci-dessus). Dans ce contexte, les int\u00e9ress\u00e9s se sont vu reconna\u00eetre le b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une allocation compensatrice, dont la fonction \u00e9tait d\u2019\u00e9viter que le transfert de ces salari\u00e9s en transit de leur administration d\u2019origine vers un autre organisme \u00e9tatique, en l\u2019occurrence l\u2019INPS, p\u00fbt avoir un impact sur leurs salaires. Ladite allocation semblait r\u00e9pondre, par sa finalit\u00e9, au principe interdisant la reformatio in peius du traitement \u00e9conomique des salari\u00e9s du secteur public, en vue de favoriser la mobilit\u00e9 du personnel concern\u00e9 et \u00e9viter que des consid\u00e9rations d\u2019ordre \u00e9conomique pussent entraver le mouvement des salari\u00e9s.<\/p>\n<p>58. La Cour observe que la mise en place de proc\u00e9dures de mobilit\u00e9 et la pr\u00e9vision de mesures de garantie salariale telles que l\u2019allocation compensatrice font entrer en jeu des consid\u00e9rations li\u00e9es aux politiques \u00e9conomiques et sociales qui rel\u00e8vent en principe de l\u2019ample marge d\u2019appr\u00e9ciation accord\u00e9e aux \u00c9tats dans ce domaine (voir, parmi beaucoup d\u2019autres, B\u00e9l\u00e1n\u00e9 Nagy, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 113, et Valkov\u00a0et\u00a0autres\u00a0c.\u00a0Bulgarie, nos\u00a02033\/04 et 8 autres, \u00a7\u00a091, 25\u00a0octobre 2011). Toutefois, cette marge peut \u00eatre plus \u00e9troite lorsque, dans des cas tels que celui de l\u2019esp\u00e8ce o\u00f9 des sommes sont vers\u00e9es par erreur \u00e0 la partie int\u00e9ress\u00e9e, l\u2019erreur est imputable uniquement aux autorit\u00e9s \u00e9tatiques (\u010cakarevi\u0107,\u00a0pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a078, et Moskal, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 73).<\/p>\n<p>59. Revenant aux circonstances de la cause, et notamment au comportement de la requ\u00e9rante, la Cour rappelle avoir d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 que rien dans la pr\u00e9sente affaire ne permet de consid\u00e9rer celle-ci comme responsable de l\u2019\u00e9valuation incorrecte de son dossier et donc du versement de l\u2019allocation compensatrice de garantie salariale (paragraphe 40 ci-dessus). L\u2019int\u00e9ress\u00e9e s\u2019est limit\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 l\u2019appel \u00e0 la mobilit\u00e9 et \u00e0 fournir les informations pertinentes requises (paragraphe 7 ci-dessus). Il ressort en l\u2019esp\u00e8ce que, \u00e0 la diff\u00e9rence de ce qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans d\u2019autres situations o\u00f9 l\u2019erreur d\u00e9coulait d\u2019une omission du b\u00e9n\u00e9ficiaire (B.\u00a0c.\u00a0Royaume\u2011Uni, no\u00a036571\/06, \u00a7 39, 14 f\u00e9vrier 2012), l\u2019erreur d\u2019appr\u00e9ciation a \u00e9t\u00e9 commise par l\u2019INPS, cette instance ayant appliqu\u00e9 les dispositions relatives \u00e0 la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 interservices concernant la requ\u00e9rante selon une interpr\u00e9tation par la suite sanctionn\u00e9e comme erron\u00e9e par les juridictions internes (Romeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 68, et \u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a079 et 80). Pendant la p\u00e9riode des versements, les circonstances de l\u2019esp\u00e8ce sont apparues \u00e0 l\u2019INPS comme univoques et l\u2019ont conduit \u00e0 consid\u00e9rer comme justifi\u00e9 le paiement int\u00e9gral de l\u2019allocation compensatrice.<\/p>\n<p>60. En outre, la Cour estime, au regard du degr\u00e9 de confiance que la requ\u00e9rante pouvait avoir en l\u2019exactitude de la d\u00e9cision de l\u2019INPS, que la nature de l\u2019employeur rev\u00eat une certaine importance dans l\u2019examen global de la proportionnalit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence (\u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 80). En effet, la confiance l\u00e9gitime d\u2019un salari\u00e9 peut raisonnablement trouver un appui diff\u00e9rent selon les caract\u00e9ristiques de l\u2019employeur et donc de l\u2019autorit\u00e9 avec laquelle ce dernier interpr\u00e8te et fait application de normes plus ou moins complexes.<\/p>\n<p>61. Dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, il y a lieu d\u2019observer que l\u2019employeur de la requ\u00e9rante, l\u2019INPS, est l\u2019organisme charg\u00e9 de la gestion du syst\u00e8me de retraite obligatoire et des autres services de s\u00e9curit\u00e9 sociale pr\u00e9vus au niveau interne. Il r\u00e9sulte par ailleurs que l\u2019INPS a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans l\u2019activation de la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9, \u00e0 tout le moins dans les premi\u00e8res phases de celle-ci (paragraphe 28 ci-dessus). La d\u00e9cision de proc\u00e9der au versement de l\u2019allocation compensatrice provient donc d\u2019un employeur public \u00e0 l\u2019issue d\u2019un processus administratif. Cela signifie que, du point de vue de la requ\u00e9rante, l\u2019application des dispositions pertinentes en la mati\u00e8re pouvait \u00eatre raisonnablement per\u00e7ue comme exacte et fond\u00e9e sur des actes administratifs.<\/p>\n<p>62. \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour rappelle le principe selon lequel, si une d\u00e9cision administrative peut faire l\u2019objet d\u2019une r\u00e9vocation pour l\u2019avenir (ex nunc), l\u2019expectative qu\u2019elle ne soit pas remise en cause r\u00e9troactivement (ex tunc) doit g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre reconnue comme l\u00e9gitime, \u00e0 moins qu\u2019il n\u2019existe de s\u00e9rieuses raisons contraires fond\u00e9es sur l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ou de tiers (\u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 56 et 80, avec la jurisprudence qui y est cit\u00e9e).<\/p>\n<p>63. La Cour note en l\u2019occurrence que le gouvernement d\u00e9fendeur conteste la th\u00e8se de la partie requ\u00e9rante, affirmant qu\u2019il n\u2019y aurait eu aucune incertitude quant \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des dispositions internes r\u00e9gissant la proc\u00e9dure de mobilit\u00e9 et l\u2019application du principe de r\u00e9sorption \u00e0 l\u2019allocation compensatrice (paragraphes\u00a046-50 ci-dessus).<\/p>\n<p>64. \u00c0 ce titre, le Gouvernement cite un arr\u00eat de l\u2019assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du Conseil d\u2019\u00c9tat de 1992 (paragraphe 30 ci\u2011dessus) selon lequel le b\u00e9n\u00e9fice du maintien sans r\u00e9sorption du traitement salarial plus favorable, en cas de transfert au sein d\u2019une autre administration, ne peut s\u2019appliquer au personnel d\u2019entit\u00e9s publiques dot\u00e9es d\u2019une personnalit\u00e9 distincte de l\u2019administration centrale de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>65. La Cour constate \u00e0 cet \u00e9gard que cette interpr\u00e9tation \u00e9tablie n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suivie par l\u2019INPS, cette instance ayant vers\u00e9 la m\u00eame somme \u00e0 la requ\u00e9rante pendant des ann\u00e9es. Il convient de noter que l\u2019ordonnance minist\u00e9rielle no 217 du 6 mai 1998 n\u2019indiquait pas, au moins de mani\u00e8re explicite, si le principe de r\u00e9sorption \u00e9tait applicable ou pas \u00e0 la mobilit\u00e9 int\u00e9ressant la requ\u00e9rante, ses dispositions se limitant \u00e0 pr\u00e9voir une allocation compensatrice pour tous les salari\u00e9s de l\u2019\u00c9ducation nationale transf\u00e9r\u00e9s. Par la suite, c\u2019est la Cour de cassation qui est intervenue dans ce domaine, \u00e0 partir de 2006, en affirmant que la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale de la r\u00e9sorption s\u2019appliquait \u00e9galement aux transferts au sein de l\u2019INPS.<\/p>\n<p>66. La Cour rel\u00e8ve ainsi qu\u2019une incertitude persistait quant \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 du principe de r\u00e9sorption, \u00e0 tel point que l\u2019INPS a vers\u00e9 les sommes compensatoires \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9e sans mention d\u2019une r\u00e9serve de r\u00e9p\u00e9tition (riserva di ripetizione), et l\u2019absence d\u2019une telle mention (paragraphe\u00a045 ci-dessus) ne saurait aboutir \u00e0 remettre en question la confiance l\u00e9gitime de la requ\u00e9rante.<\/p>\n<p>67. De plus, la Cour note, comme d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9 plus haut, que les versements se sont succ\u00e9d\u00e9 pendant une p\u00e9riode tr\u00e8s longue, \u00e0 savoir pr\u00e8s de six ans. Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une erreur ponctuelle et \u00e0 caract\u00e8re isol\u00e9, ni d\u2019une simple erreur de calcul que la requ\u00e9rante aurait pu relever, \u00e9ventuellement en ayant recours \u00e0 un expert. Celle-ci a pu raisonnablement consid\u00e9rer que lesdits versements \u00e9taient stables et destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre d\u00e9finitifs.<\/p>\n<p>68. Aussi, la Cour rappelle que le principe de \u00ab\u00a0bonne gouvernance\u00a0\u00bb exige que, lorsqu\u2019une question d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral est en jeu, les autorit\u00e9s publiques agissent en temps utile, de mani\u00e8re appropri\u00e9e et avec la plus grande coh\u00e9rence (Beyeler, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 120, Romeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a058, et Moskal, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a051).<\/p>\n<p>69. En l\u2019occurrence, elle note que l\u2019INPS, apr\u00e8s avoir attendu la consolidation de la jurisprudence interne, a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition seulement en 2008 \u2013 soit environ dix ans apr\u00e8s le premier versement, six ans si l\u2019on consid\u00e8re le moment o\u00f9 les autorit\u00e9s se sont aper\u00e7ues de l\u2019\u00e9ventuelle existence d\u2019une erreur de versement (paragraphe 52 ci\u2011dessus, in fine).<\/p>\n<p>70. Un autre \u00e9l\u00e9ment que la Cour tient \u00e0 souligner concerne le fait que l\u2019allocation compensatrice est pr\u00e9vue par le droit interne comme un \u00e9l\u00e9ment de garantie salariale, calcul\u00e9e donc sur le montant du salaire de l\u2019ancienne fonction et vers\u00e9e en rapport avec l\u2019activit\u00e9 ordinaire du salari\u00e9. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une allocation vers\u00e9e en relation \u00e0 une activit\u00e9 accessoire de travail fournie par le salari\u00e9 (comme par exemple dans le cas d\u2019indemnit\u00e9s li\u00e9es aux heures suppl\u00e9mentaires), ayant ainsi un caract\u00e8re sporadique, cequi pourrait \u00e9ventuellement justifier, compte tenu de son caract\u00e8re ponctuel et isol\u00e9, une erreur de la part des autorit\u00e9s quant au montant \u00e0 reconna\u00eetre aux int\u00e9ress\u00e9s.<\/p>\n<p>71. Enfin, la Cour constate que, m\u00eame si le versement de l\u2019allocation d\u00e9coule enti\u00e8rement d\u2019une erreur de l\u2019INPS, c\u2019est la requ\u00e9rante qui a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 restituer \u00e0 cette instance la totalit\u00e9 des sommes vers\u00e9es en exc\u00e8s, sans tenir compte des circonstances entourant l\u2019affaire (paragraphe 33 ci-dessus). Aucune responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat ou d\u2019une autre entit\u00e9 \u00e9tatique, qui a pourtant engendr\u00e9 la situation, n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie et, qui plus est, la charge de cette erreur a pes\u00e9 enti\u00e8rement sur la seule requ\u00e9rante (voir \u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a086, et Lelas c. Croatie, no\u00a055555\/08, \u00a7\u00a077, 20\u00a0mai 2010, et, a contrario, Moskal, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 70).<\/p>\n<p>72. La Cour reconna\u00eet que la requ\u00e9rante a obtenu l\u2019accord de l\u2019INPS pour un \u00e9chelonnement du remboursement. Elle rappelle toutefois que la somme demand\u00e9e repr\u00e9sente une partie significative des revenus de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e, compte tenu de la situation \u00e9conomique de cette derni\u00e8re\u00a0: au moment de la condamnation au remboursement de la somme litigieuse, la pension de retraite de la requ\u00e9rante s\u2019\u00e9levait \u00e0 1\u00a0200 EUR. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, l\u2019int\u00e9ress\u00e9e avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 un traitement de chimioth\u00e9rapie, qui, selon ses all\u00e9gations, non contredites par le Gouvernement, a eu un impact significatif sur ses revenus (paragraphe 47 ci-dessus).<\/p>\n<p>73. Ainsi, la Cour observe que les juridictions internes, en statuant sur l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition, n\u2019ont pris en compte ni la situation \u00e9conomique ni les conditions de sant\u00e9 de la requ\u00e9rante (\u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 89).<\/p>\n<p>d) Conclusion<\/p>\n<p>74. \u00e0 la lumi\u00e8re des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent (paragraphes 59-73 ci\u2011dessus), la Cour rappelle notamment que\u00a0: a) le versement d\u2019une allocation doit \u00eatre effectu\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une demande introduite par le b\u00e9n\u00e9ficiaire agissant de bonne foi (\u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 82, Moskal, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 68) ou, en l\u2019absence d\u2019une telle demande, par les autorit\u00e9s proc\u00e9dant de mani\u00e8re spontan\u00e9e\u00a0; b) le versement en question doit \u00eatre effectu\u00e9 par une entit\u00e9 publique, administration centrale de l\u2019\u00e9tat ou autre entit\u00e9 publique, sur la base d\u2019une d\u00e9cision prise \u00e0 l\u2019issue d\u2019un processus administratif et pr\u00e9sum\u00e9e exacte (Romeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 68, \u010cakarevi\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 80)\u00a0; c) il doit \u00eatre fond\u00e9 sur une disposition l\u00e9gale, r\u00e9glementaire ou contractuelle, dont l\u2019application doit \u00eatre per\u00e7ue par le b\u00e9n\u00e9ficiaire comme \u00e9tant la \u00ab\u00a0source\u00a0\u00bb du versement (ibidem, \u00a7 83), et identifiable aussi dans son montant\u00a0; d) le versement manifestement d\u00e9pourvu de titre ou reposant sur de simples erreurs de calcul est exclu\u00a0; de telles erreurs peuvent \u00eatre relev\u00e9es par le b\u00e9n\u00e9ficiaire, \u00e9ventuellement en ayant recours \u00e0 un expert\u00a0; e) il doit \u00eatre effectu\u00e9 pendant une p\u00e9riode suffisamment longue pour faire na\u00eetre la conviction raisonnable de son caract\u00e8re d\u00e9finitif et stable (ibidem, \u00a7\u00a085, Moskal, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 69)\u00a0; l\u2019allocation vers\u00e9e ne doit pas \u00eatre en rapport avec une activit\u00e9 professionnelle ponctuelle et \u00ab\u00a0isol\u00e9e\u00a0\u00bb mais doit \u00eatre li\u00e9e \u00e0 l\u2019activit\u00e9 ordinaire\u00a0; f) enfin, le versement en question ne doit pas avoir \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 avec mention d\u2019une r\u00e9serve de r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n<p>Ainsi, la Cour juge que, au vu des circonstances particuli\u00e8res de l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019ing\u00e9rence subie par la requ\u00e9rante a \u00e9t\u00e9 disproportionn\u00e9e d\u00e8s lors que, seule, celle-ci a d\u00fb supporter la charge de l\u2019erreur commise par l\u2019administration.<\/p>\n<p>75. Partant, il y a eu violation de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p>II. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 14 DE LA CONVENTION combin\u00e9 AVEC l\u2019article 1 du protocole no1 \u00c0 LA CONVENTION<\/p>\n<p>76. La requ\u00e9rante se plaint \u00e9galement des effets discriminatoires qui auraient d\u00e9coul\u00e9 de l\u2019application des dispositions relatives aux proc\u00e9dures de mobilit\u00e9 et auraient g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une distinction entre, d\u2019une part, les salari\u00e9s transf\u00e9r\u00e9s entre des administrations centrales de l\u2019\u00c9tat et ceux transf\u00e9r\u00e9s au sein d\u2019une autre administration publique, d\u2019autre part. Elle y voit une diff\u00e9rence de traitement injustifi\u00e9e et contraire \u00e0 l\u2019article 14 de la Convention combin\u00e9 avec l\u2019article\u00a01 du Protocole no1. Aux termes de la premi\u00e8re de ces dispositions\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La jouissance des droits et libert\u00e9s reconnus dans la (&#8230;) Convention doit \u00eatre assur\u00e9e, sans distinction aucune, fond\u00e9e notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l\u2019origine nationale ou sociale, l\u2019appartenance \u00e0 une minorit\u00e9 nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>77. Le Gouvernement conteste cette th\u00e8se.<\/p>\n<p>78. La Cour constate que ce grief est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 celui tir\u00e9 de l\u2019article 1 du Protocole no1 et elle le d\u00e9clare recevable.<\/p>\n<p>79. Compte tenu du constat de violation de l\u2019article 1 du Protocole no1 \u00e0 la Convention auquel elle a abouti (paragraphe 75 ci-dessus), la Cour estime qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019examiner la question de savoir si, en l\u2019esp\u00e8ce, il y a eu violation de l\u2019article 14 de la Convention (Beyeler,pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 126).<\/p>\n<p>III. SUR L\u2019APPLICATION DE L\u2019ARTICLE\u00a041 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>80. Aux termes de l\u2019article 41 de la Convention\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si la Cour d\u00e9clare qu\u2019il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d\u2019effacer qu\u2019imparfaitement les cons\u00e9quences de cette violation, la Cour accorde \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e, s\u2019il y a lieu, une satisfaction \u00e9quitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Dommage<\/strong><\/p>\n<p>81. La requ\u00e9rante demande 15\u00a0318,39 euros (EUR) au titre du dommage mat\u00e9riel qu\u2019elle estime avoir subi, ainsi que 5\u00a0000 EUR, ou tout autre montant que la Cour jugerait appropri\u00e9 de lui octroyer, au titre du dommage moral dont elle dit avoir souffert.<\/p>\n<p>82. Le Gouvernement s\u2019oppose \u00e0 ses pr\u00e9tentions, qu\u2019il consid\u00e8re comme mal fond\u00e9es. Selon lui, faire droit \u00e0 ces demandes aboutirait \u00e0 un enrichissement sans cause de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e.<\/p>\n<p>83. La Cour note que la somme r\u00e9clam\u00e9e au titre du dommage mat\u00e9riel all\u00e9gu\u00e9 inclut en premier lieu la dette de la requ\u00e9rante, d\u2019un montant de 13\u00a0288,39\u00a0EUR, relative \u00e0 l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu.<\/p>\n<p>84. La Cour constate que le remboursement de cette somme a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 par pr\u00e9l\u00e8vements automatiques mensuels de 200 EUR sur la pension de retraite de la requ\u00e9rante. Or, selon les derni\u00e8res informations fournies \u00e0 la Cour, lors de la pr\u00e9sentation des demandes de la partie requ\u00e9rante sur la satisfaction \u00e9quitable, en f\u00e9vrier 2016 le plan de remboursement faisait \u00e9tat d\u2019une dette r\u00e9siduelle de 8\u00a0288,96 EUR, 5\u00a0000\u00a0EUR ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s \u00e0 l\u2019INPS.<\/p>\n<p>85. La Cour rel\u00e8ve que les parties n\u2019ont pas indiqu\u00e9 que le pr\u00e9l\u00e8vement automatique avait \u00e9t\u00e9 suspendu pour une quelconque raison. D\u00e8s lors, elle estime plausible que le montant de 13\u00a0288,39 EUR ait \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement rembours\u00e9 \u00e0 l\u2019administration. Ainsi, pour autant que cette somme a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9e dans son int\u00e9gralit\u00e9 \u00e0 l\u2019INPS, la Cour octroie \u00e0 la requ\u00e9rante, pour cette partie de la demande, 13\u00a0288 EUR \u00e0 titre de dommage mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>86. La Cour note ensuite que la somme r\u00e9clam\u00e9e au titre du dommage mat\u00e9riel all\u00e9gu\u00e9 inclut en deuxi\u00e8me lieu le paiement des frais de proc\u00e9dure engag\u00e9s par l\u2019INPS auxquels la requ\u00e9rante a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e, dont la Cour de cassation a fix\u00e9 le montant \u00e0 2\u00a0030 EUR (paragraphe 21 ci-dessus). Dans sa demande de satisfaction \u00e9quitable, la requ\u00e9rante a sollicit\u00e9 le remboursement de 1\u00a0000\u00a0EUR, en s\u2019appuyant sur des justificatifs prouvant le paiement de la moiti\u00e9 de la somme due, puis, apr\u00e8s avoir vers\u00e9 la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 de cette somme (1\u00a0030 EUR), elle a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Cour les justificatifs n\u00e9cessaires et l\u2019a invit\u00e9e \u00e0 en tenir compte dans le calcul du dommage mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>87. La Cour constate que la requ\u00e9rante avait d\u00e9j\u00e0 fourni, dans sa demande de satisfaction \u00e9quitable, la preuve de l\u2019obligation l\u00e9gale de rembourser la totalit\u00e9 des frais de proc\u00e9dure engag\u00e9s par l\u2019INPS, \u00e0 savoir l\u2019ordonnance de la Cour de cassation la condamnant au versement de la somme de 2\u00a0030\u00a0EUR (voir aussi la lettre de l\u2019INPS r\u00e9clamant ladite somme) (paragraphe 21 ci-dessus). Elle rel\u00e8ve aussi que la requ\u00e9rante a pr\u00e9sent\u00e9 les justificatifs prouvant les versements r\u00e9alis\u00e9s effectivement et de mani\u00e8re progressive, suivant une d\u00e9marche de transparence.<\/p>\n<p>88. Partant, compte tenu du lien de causalit\u00e9 directe entre la violation constat\u00e9e et la condamnation \u00e0 rembourser les frais de proc\u00e9dure de la partie adverse, la Cour juge raisonnable d\u2019accorder \u00e9galement \u00e0 la requ\u00e9rante 2\u00a0030 EUR \u00e0 titre de dommage mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>89. En conclusion, la Cour accord \u00e0 la requ\u00e9rante 15\u00a0318 EUR \u00e0 titre de dommage mat\u00e9riel. Toutefois, la requ\u00e9rante ne saurait tirer de l\u2019arr\u00eat de la Cour un droit \u00e0 une double r\u00e9paration ou \u00e0 un enrichissement sans cause (Molla\u00a0Sali\u00a0c.\u00a0Gr\u00e8ce (satisfaction \u00e9quitable) [GC], no20452\/14, \u00a7 46, 18\u00a0juin 2020). Par cons\u00e9quent, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le remboursement de la somme vers\u00e9e au titre de l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition ne serait pas encore achev\u00e9 \u00e0 la date \u00e0 laquelle l\u2019arr\u00eat sera devenu d\u00e9finitif conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article\u00a044\u00a0\u00a7\u00a02 de la Convention, la requ\u00e9rante devra rembourser \u00e0 l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur le surplus de la somme octroy\u00e9e par la Cour.<\/p>\n<p>90. Quant au pr\u00e9judice moral all\u00e9gu\u00e9, en rappelant que la requ\u00e9rante se remet \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de la Cour et compte tenu des principes qui se d\u00e9gagent de sa jurisprudence en la mati\u00e8re, elle juge opportun d\u2019allouer \u00e0 la requ\u00e9rante la somme de 8 000 EUR pour dommage moral.<\/p>\n<p><strong>B. Frais et d\u00e9pens<\/strong><\/p>\n<p>91. La requ\u00e9rante r\u00e9clame 2\u00a0265,98 EUR au titre des frais et d\u00e9pens engag\u00e9s devant les juridictions nationales, ainsi que 500 EUR pour la traduction des documents relatifs \u00e0 la proc\u00e9dure interne, et elle s\u2019en remet \u00e0 la sagesse de la Cour quant aux frais engag\u00e9s aux fins de la proc\u00e9dure devant celle-ci.<\/p>\n<p>92. Le Gouvernement estime la demande mal fond\u00e9e.<\/p>\n<p>93. Selon la jurisprudence de la Cour, un requ\u00e9rant ne peut obtenir le remboursement de ses frais et d\u00e9pens que dans la mesure o\u00f9 se trouvent \u00e9tablis leur r\u00e9alit\u00e9, leur n\u00e9cessit\u00e9 et le caract\u00e8re raisonnable de leur taux. En l\u2019esp\u00e8ce, compte tenu des documents dont elle dispose et des crit\u00e8res susmentionn\u00e9s, la Cour juge raisonnable d\u2019allouer \u00e0 la requ\u00e9rante la somme de 2\u00a0500 EUR tous frais confondus, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme par l\u2019int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour frais et d\u00e9pens.<\/p>\n<p><strong>C. Int\u00e9r\u00eats moratoires<\/strong><\/p>\n<p>94. La Cour juge appropri\u00e9 de calquer le taux des int\u00e9r\u00eats moratoires sur le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne major\u00e9 de trois points de pourcentage.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare la requ\u00eate recevable\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 1 du Protocole no\u00a01 \u00e0 la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019examiner le grief formul\u00e9 sur le terrain de l\u2019article 14 de la Convention combin\u00e9 avec l\u2019article 1 du Protocole no\u00a01 \u00e0 la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>4. Dit,<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser \u00e0 la requ\u00e9rante, dans un d\u00e9lai de trois mois \u00e0 compter de la date \u00e0 laquelle l\u2019arr\u00eat sera devenu d\u00e9finitif conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article\u00a044\u00a0\u00a7\u00a02 de la Convention, les sommes suivantes\u00a0:<\/p>\n<p>i. 15\u00a0318 EUR (quinze mille trois cent dix-huit euros), selon les conditions indiqu\u00e9es au paragraphe 89 ci-dessus, pour dommage mat\u00e9riel,<\/p>\n<p>ii. 8\u00a0000 EUR (huit mille euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour dommage moral,<\/p>\n<p>iii. 2\u00a0500 EUR (deux mille cinq cents euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme par la requ\u00e9rante \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour frais et d\u00e9pens,<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ces montants seront \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage\u00a0;<\/p>\n<p>5. Rejette la demande de satisfaction \u00e9quitable pour le surplus.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 11 f\u00e9vrier 2021, en application de l\u2019article\u00a077\u00a0\u00a7\u00a7\u00a02 et\u00a03 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Renata Degener \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Ksenija Turkovi\u0107<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pr\u00e9sidente<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=379\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=379&text=AFFAIRE+CASARIN+c.+ITALIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+4893%2F13\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=379&title=AFFAIRE+CASARIN+c.+ITALIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+4893%2F13\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=379&description=AFFAIRE+CASARIN+c.+ITALIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+4893%2F13\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>INTRODUCTION. La requ\u00eate porte sur une ing\u00e9rence dans le patrimoine de la requ\u00e9rante, \u00e0 la suite de l\u2019action des autorit\u00e9s visant \u00e0 l\u2019obtention du remboursement d\u2019une partie des sommes vers\u00e9es \u00e0 titre de garantie salariale \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9e. FacebookTwitterLinkedInPinterest<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=379\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-379","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme"],"modified_by":"loisdumonde","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/379","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=379"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":380,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions\/380"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}