{"id":280,"date":"2020-12-29T20:47:07","date_gmt":"2020-12-29T20:47:07","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=280"},"modified":"2020-12-29T20:47:07","modified_gmt":"2020-12-29T20:47:07","slug":"affaire-bornet-c-suisse-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-requete-no-24412-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=280","title":{"rendered":"AFFAIRE BORNET c. SUISSE (Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme) Requ\u00eate no 24412\/16"},"content":{"rendered":"<p><strong>INTRODUCTION<\/strong>. L\u2019affaire concerne une proc\u00e9dure p\u00e9nale \u00e0 laquelle le requ\u00e9rant a particip\u00e9 en qualit\u00e9 de partie civile.<!--more--> Est en jeu l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention, en particulier sous l\u2019angle du caract\u00e8re raisonnable de la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">TROISI\u00c8ME SECTION<br \/>\nAFFAIRE BORNET c. SUISSE<br \/>\n(Requ\u00eate no 24412\/16)<br \/>\nARR\u00caT<br \/>\nSTRASBOURG<br \/>\n22 d\u00e9cembre 2020<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat est d\u00e9finitif. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire Bornet c. Suisse,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (troisi\u00e8me section), si\u00e9geant en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0:<\/p>\n<p>Anja Seibert-Fohr, pr\u00e9sidente,<br \/>\nHelen Keller,<br \/>\nPeeter Roosma, juges,<br \/>\net de Olga Chernishova, greffi\u00e8re adjointede section,<\/p>\n<p>Vu\u00a0:<\/p>\n<p>la requ\u00eate susmentionn\u00e9e (no\u00a024412\/16) dirig\u00e9e contre la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse et dont un ressortissant de cet \u00c9tat, M. Jacques Bornet (\u00ab\u00a0le requ\u00e9rant\u00a0\u00bb), a saisi la Cour en vertu de l\u2019article\u00a034 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la Convention\u00a0\u00bb) le 26 avril 2016,<\/p>\n<p>les observations des parties,<\/p>\n<p>Notant que le 4 juillet 2017, le grief tir\u00e9 de l\u2019article 6 de la Convention relatif \u00e0 la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9 au Gouvernement et la requ\u00eate a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e irrecevable pour le surplus conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article\u00a054 \u00a7 3 du r\u00e8glement de la Cour.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 1er d\u00e9cembre 2020,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>1. L\u2019affaire concerne une proc\u00e9dure p\u00e9nale \u00e0 laquelle le requ\u00e9rant a particip\u00e9 en qualit\u00e9 de partie civile. Est en jeu l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention, en particulier sous l\u2019angle du caract\u00e8re raisonnable de la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p><strong>EN FAIT<\/strong><\/p>\n<p>2. Le requ\u00e9rant est n\u00e9 en 1941 et r\u00e9side \u00e0 Haute-Nendaz. Il a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par Me S. Riand, avocat.<\/p>\n<p>3. Le gouvernement suisse (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb) a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par son agent, A. Chablais, de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la justice, repr\u00e9sentant permanent de la Suisse aupr\u00e8s de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<\/p>\n<p>4. Le 23 ao\u00fbt 2006, le requ\u00e9rant d\u00e9posa plainte et d\u00e9nonciation p\u00e9nale contre R. B. aupr\u00e8s de l\u2019office du juge d\u2019instruction cantonal valaisan pour abus de confiance et gestion d\u00e9loyale. Il reprocha \u00e0 son ancien associ\u00e9 d\u2019avoir retenu des commissions et de ne pas avoir partag\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices et int\u00e9ressements divers durant plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>5. \u00c0 la demande du juge d\u2019instruction de formuler des conclusions civiles approximatives, le requ\u00e9rant conclut, par courrier du 25\u00a0septembre\u00a02006, au versement de dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 hauteur de 100\u2019000\u00a0francs suisses (CHF) (environ 63\u2019335 euros (EUR) \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits).<\/p>\n<p>6. Par \u00e9criture du 10 octobre 2006, le requ\u00e9rant compl\u00e9ta son argumentation et d\u00e9clara accepter le transfert du dossier \u00e0 une autorit\u00e9 de poursuite p\u00e9nale du Valais central.<\/p>\n<p>7. Le 5 septembre 2008, le requ\u00e9rant forma une plainte pour d\u00e9ni de justice. Par d\u00e9cision du 7 octobre 2008, le Tribunal cantonal du canton du Valais (\u00ab\u00a0Tribunal cantonal\u00a0\u00bb) admit la plainte et invita le juge d\u2019instruction cantonal \u00e0 donner suite \u00e0 la proc\u00e9dure. Il mit les frais de proc\u00e9dure de 200\u00a0CHF \u00e0 la charge de l\u2019\u00c9tat du Valais et l\u2019astreint au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de d\u00e9pens de 250\u00a0CHF en faveur du requ\u00e9rant. Le Tribunal\u00a0cantonal constata que pendant les 25 mois qui s\u2019\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis le d\u00e9p\u00f4t de la plainte p\u00e9nale, aucun acte d\u2019enqu\u00eate n\u2019avait \u00e9t\u00e9 accompli, le d\u00e9marrage de la proc\u00e9dure ayant but\u00e9 sur la question de la comp\u00e9tence de l\u2019office du juge d\u2019instruction cantonal pour se saisir de la cause, au regard de la notion d\u2019affaires importantes de criminalit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>8. Le 5 f\u00e9vrier 2009, le juge d\u2019instruction p\u00e9nal transmit la plainte et la d\u00e9nonciation p\u00e9nale \u00e0 la police cantonale, charg\u00e9e d\u2019enqu\u00eater sur le cas et d\u2019\u00e9tablir un rapport.<\/p>\n<p>9. Le 14 avril 2010, la police rendit son rapport d\u2019enqu\u00eate, apr\u00e8s avoir auditionn\u00e9 le requ\u00e9rant et R.\u00a0B.<\/p>\n<p>10. Le 31 janvier 2013, le requ\u00e9rant forma un recours pour retard injustifi\u00e9 devant le Tribunal cantonal.<\/p>\n<p>11. Le 18 f\u00e9vrier 2013, le Tribunal cantonal jugea qu\u2019un deuxi\u00e8me recours pour retard injustifi\u00e9 du requ\u00e9rant \u00e9tait devenu sans objet, suite \u00e0 une lettre du procureur selon laquelle ce dernier entendait donner suite \u00e0 la proc\u00e9dure. Cela \u00e9tant, lorsqu\u2019il statua sur les frais de proc\u00e9dure, le Tribunal\u00a0cantonal constata une nouvelle violation du principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9, mit les frais de proc\u00e9dure de 100\u00a0CHF \u00e0 la charge de l\u2019\u00c9tat du Valais et l\u2019astreignit \u00e0 verser au requ\u00e9rant un montant de 300\u00a0CHF pour ses d\u00e9pens. Le Tribunal cantonal constata que le rapport d\u2019enqu\u00eate de la police du 14\u00a0avril\u00a02010 constituait le seul acte d\u2019instruction accompli depuis le d\u00e9p\u00f4t de la plainte p\u00e9nale, le 23\u00a0ao\u00fbt\u00a02006.<\/p>\n<p>12. Le 8 janvier 2014, le procureur informa les parties de la fin de l\u2019enqu\u00eate.<\/p>\n<p>13. Par ordonnance du 7 f\u00e9vrier 2014, le procureur refusa d\u2019admettre le d\u00e9p\u00f4t de pi\u00e8ces annex\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9criture du requ\u00e9rant du 22 janvier 2014 et rejeta toutes ses r\u00e9quisitions de preuves.<\/p>\n<p>14. Le m\u00eame jour, le procureur rendit une ordonnance de classement de la proc\u00e9dure, constatant l\u2019absence de soup\u00e7ons suffisants justifiant la mise en accusation de R. B. pour abus de confiance.<\/p>\n<p>15. Par ordonnance du 30 septembre 2014, le Tribunal cantonal rejeta le recours form\u00e9 par le requ\u00e9rant contre les deux ordonnances du 7\u00a0f\u00e9vrier\u00a02014.<\/p>\n<p>16. Par arr\u00eat du 8 octobre 2015 (6B_1059\/2014), notifi\u00e9 au requ\u00e9rant le\u00a027 octobre 2015, le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral rejeta le recours du requ\u00e9rant dans la mesure de sa recevabilit\u00e9. Le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral consid\u00e9ra que les griefs du requ\u00e9rant sur le fond de la cause \u00e9taient irrecevables au motif qu\u2019il n\u2019avait pas expliqu\u00e9, dans son m\u00e9moire de recours, quelles pr\u00e9tentions civiles il entendait faire valoir contre l\u2019intim\u00e9. Quant \u00e0 la violation all\u00e9gu\u00e9e du principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9, le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral releva que la cour cantonale avait d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 la violation dudit principe dans ses d\u00e9cisions du 7\u00a0octobre\u00a02008 et du 18\u00a0f\u00e9vrier\u00a02013 et qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu de revenir sur cette question. De surcro\u00eet, le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral consid\u00e9ra que depuis cette derni\u00e8re date, il s\u2019\u00e9tait \u00e9coul\u00e9 une ann\u00e9e jusqu\u2019au prononc\u00e9 de l\u2019ordonnance de classement le 7 f\u00e9vrier 2014, puis un peu plus de six mois jusqu\u2019au prononc\u00e9 de l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e du 30 septembre 2014. Il en conclut que ces d\u00e9lais \u00e9taient certes longs, mais qu\u2019ils ne sauraient \u00eatre qualifi\u00e9s d\u2019excessifs ou de choquants au vu du nombre d\u2019infractions d\u00e9nonc\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>EN DROIT<\/strong><\/p>\n<p>I. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 6 DE LA CONVENTION relative au non-respect du d\u00e9lai raisonnable<\/p>\n<p>17. Le requ\u00e9rant se plaint de la dur\u00e9e excessive de la proc\u00e9dure devant les instances nationales. Il invoque l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention, qui est ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue (&#8230;) dans un d\u00e9lai raisonnable, par un tribunal (&#8230;), qui d\u00e9cidera (&#8230;) des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil (&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Sur la recevabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><em>1. Incompatibilit\u00e9 ratione materiae<\/em><\/p>\n<p>(a) Th\u00e8ses des parties<\/p>\n<p>18. Le Gouvernement soutient \u00e0 titre principal que le grief est incompatible ratione materiae avec les dispositions de la Convention (article 35 \u00a7 3 de la Convention). Il affirme que le requ\u00e9rant n\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 aucun grief \u00e0 caract\u00e8re civil, sa volont\u00e9 \u00e9tant uniquement de poursuivre et de faire condamner son ancien associ\u00e9. En particulier, la lettre du 25\u00a0septembre 2006 dans laquelle le requ\u00e9rant chiffre approximativement son dommage \u00e0 100 000 CHF ne saurait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme pr\u00e9sentant des conclusions civiles.<\/p>\n<p>19. Le requ\u00e9rant r\u00e9torque qu\u2019il s\u2019est imm\u00e9diatement constitu\u00e9 partie civile dans le cadre de la proc\u00e9dure p\u00e9nale et a formul\u00e9 des conclusions civiles par \u00e9crit le 25 septembre 2006. Selon lui, l\u2019article 6 \u00a7 1 est applicable.<\/p>\n<p>(b) Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>20. La Cour rappelle que l\u2019article 6 \u00a7 1 est applicable aux proc\u00e9dures relatives aux plaintes avec constitution de partie civile, et ce y compris durant la phase d\u2019instruction prise isol\u00e9ment (Perez c. France [GC], no\u00a047287\/99, \u00a7 66, CEDH 2004\u2011I), sauf dans les hypoth\u00e8ses de \u00ab\u00a0vengeance priv\u00e9e \u00bb, d\u2019actio popularis ou de renonciation, \u00e9tablie de mani\u00e8re non \u00e9quivoque, par la victime de l\u2019exercice de son droit d\u2019intenter l\u2019action, par nature civile, offerte par le droit interne, ne serait-ce qu\u2019en vue de l\u2019obtention d\u2019une r\u00e9paration symbolique ou de la protection d\u2019un droit \u00e0 caract\u00e8re civil (Schwarkmann c. France, no\u00a052621\/99, \u00a7\u00a041, 8 f\u00e9vrier 2005, et Perez, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 70-71). Cela vaut notamment lorsque le respect du d\u00e9lai raisonnable est en jeu (\u0162\u0103v\u00eerl\u0103u\u00a0c.\u00a0Roumanie, no\u00a043753\/10, \u00a7\u00a036, 2\u00a0f\u00e9vrier\u00a02016, L.E. c.\u00a0Gr\u00e8ce, no\u00a071545\/12, \u00a7\u00a091, 21\u00a0janvier\u00a02016, et Alexandrescu et autres c.\u00a0Roumanie, no\u00a056842\/08 et 7\u00a0autres, \u00a7\u00a022, 24\u00a0novembre 2015).<\/p>\n<p>21. En l\u2019occurrence, le requ\u00e9rant a formul\u00e9 des pr\u00e9tentions civiles, d\u00e8s le 25 septembre 2006, et le cas d\u2019esp\u00e8ce ne rel\u00e8ve d\u2019aucune des exceptions cit\u00e9es ci-dessus, et en particulier ne s\u2019assimile pas \u00e0 une situation de \u00ab\u00a0vengeance priv\u00e9e\u00a0\u00bb. Si le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e9clar\u00e9 irrecevable le recours du requ\u00e9rant s\u2019agissant du fond de l\u2019affaire, ce dernier n\u2019ayant pas fourni d\u2019explications sur ses pr\u00e9tentions civiles, le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a toutefois consid\u00e9r\u00e9 que le requ\u00e9rant avait la qualit\u00e9 pour invoquer la violation du principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9. Partant, la Cour est d\u2019avis que l\u2019irrecevabilit\u00e9 du recours du requ\u00e9rant aupr\u00e8s du Tribunal\u00a0f\u00e9d\u00e9ral s\u2019agissant du fond ne saurait signifier que le volet civil de l\u2019article 6 n\u2019est pas applicable \u00e0 la pr\u00e9sente proc\u00e9dure en tant qu\u2019elle concerne le respect du d\u00e9lai raisonnable.<\/p>\n<p>22. D\u00e8s lors, l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention est applicable en l\u2019esp\u00e8ce dans son volet \u00ab\u00a0civil\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em>2. Qualit\u00e9 de victime<\/em><\/p>\n<p>(a) Th\u00e8ses des parties<\/p>\n<p>23. Le Gouvernement consid\u00e8re que le requ\u00e9rant a perdu la qualit\u00e9 de victime suite aux constats de violation du principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 par le Tribunal\u00a0cantonal ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019octroi d\u2019indemnit\u00e9s pour ses d\u00e9pens.<\/p>\n<p>24. Le requ\u00e9rant soutient que ces constatations ainsi que l\u2019allocation de faibles indemnit\u00e9s pour ses d\u00e9pens ne sauraient suffire \u00e0 r\u00e9parer son pr\u00e9judice et \u00e0 lui faire perdre la qualit\u00e9 de victime.<\/p>\n<p>(b) Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>25. La Cour rappelle qu\u2019une d\u00e9cision ou une mesure favorable au requ\u00e9rant ne suffit en principe \u00e0 lui retirer la qualit\u00e9 de \u00ab victime \u00bb que si les autorit\u00e9s nationales ont reconnu, explicitement ou en substance, puis r\u00e9par\u00e9 la violation de la Convention (voir, par exemple, Scordino c.\u00a0Italie (no\u00a01) [GC], no\u00a036813\/97, \u00a7\u00a0180, CEDH\u00a02006\u2011V).<\/p>\n<p>26. En l\u2019occurrence, le Tribunal cantonal a constat\u00e9 \u00e0 deux reprises une violation du principe de la c\u00e9l\u00e9rit\u00e9, \u00e0 savoir dans ses d\u00e9cisions du 7\u00a0octobre\u00a02008 et du 18 f\u00e9vrier 2013 (voir ci-dessus \u00a7\u00a7 7 et 11). Toutefois, ces constatations n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 suivies d\u2019une r\u00e9paration. \u00c0 cet \u00e9gard, les indemnit\u00e9s de d\u00e9pens de 250\u00a0CHF, puis de 300\u00a0CHF, doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une participation aux frais d\u2019avocat engag\u00e9s par le requ\u00e9rant lors de ses recours devant le Tribunal cantonal. Ces sommes sont insuffisantes pour r\u00e9parer le dommage subi. En outre, il n\u2019existe aucun constat de violation relatif \u00e0 la p\u00e9riode ult\u00e9rieure au 18 f\u00e9vrier 2013, soit celle s\u2019\u00e9tendant jusqu\u2019au 27\u00a0octobre\u00a02015, date de la notification de l\u2019arr\u00eat du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral au requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>27. Partant, la Cour consid\u00e8re que le requ\u00e9rant peut pr\u00e9tendre \u00eatre victime de la violation all\u00e9gu\u00e9e.<\/p>\n<p><em>3. Non-\u00e9puisement des voies de recours internes<\/em><\/p>\n<p>(a) Th\u00e8ses des parties<\/p>\n<p>28. Le Gouvernement soutient que le requ\u00e9rant n\u2019a pas \u00e9puis\u00e9 les voies de recours internes, ce dernier n\u2019ayant pas conclu, dans son recours devant le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral, \u00e0 l\u2019octroi d\u2019une indemnit\u00e9 \u00e0 titre de r\u00e9paration, ni intent\u00e9 une action en responsabilit\u00e9 contre l\u2019\u00c9tat en vue d\u2019obtenir la r\u00e9paration de son dommage.<\/p>\n<p>29. Le requ\u00e9rant conteste la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019intenter une action en responsabilit\u00e9 contre l\u2019\u00c9tat afin d\u2019\u00e9puiser les voies de recours internes.<\/p>\n<p>(b) Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>30. La Cour a affirm\u00e9 \u00e0 maintes reprises que l\u2019article 6 \u00a7 1 astreint les \u00c9tats contractants \u00e0 organiser leur syst\u00e8me judiciaire de telle sorte que leurs juridictions puissent remplir chacune de ses exigences, notamment quant au d\u00e9lai raisonnable. Lorsque le syst\u00e8me judiciaire s\u2019av\u00e8re d\u00e9faillant \u00e0 cet \u00e9gard, un recours permettant de faire acc\u00e9l\u00e9rer la proc\u00e9dure afin d\u2019emp\u00eacher la survenance d\u2019une dur\u00e9e excessive constitue la solution la plus efficace. Un tel recours pr\u00e9sente un avantage incontestable par rapport \u00e0 un recours uniquement indemnitaire car il \u00e9vite \u00e9galement d\u2019avoir \u00e0 constater des violations successives pour la m\u00eame proc\u00e9dure et ne se limite pas \u00e0 agir uniquement a\u00a0posteriori comme le fait un recours indemnitaire (Scordino\u00a0c.\u00a0Italie[GC], no 36813\/97, \u00a7 183, 23 mars 2006).<\/p>\n<p>31. La Cour a de nombreuses fois reconnu \u00e0 ce type de recours un caract\u00e8re \u00ab\u00a0effectif\u00a0\u00bb dans la mesure o\u00f9 il permet de h\u00e2ter la d\u00e9cision de la juridiction concern\u00e9e (voir, parmi d\u2019autres, les d\u00e9cisions Bacchini c. Suisse (d\u00e9c.), no 62915\/00, 21 juin 2005, Kunz c. Suisse (d\u00e9c.), no 623\/02, 21\u00a0juin\u00a02005,Fehr et Lauterburg c. Suisse (d\u00e9c.), nos 708\/02 et 1095\/02, 21\u00a0juin 2005).<\/p>\n<p>32. En l\u2019esp\u00e8ce, la Cour consid\u00e8re que le requ\u00e9rant a, \u00e0 deux reprises, us\u00e9 des voies de recours internes ordinaires pour faire constater la violation de l\u2019article\u00a06 \u00a7\u00a01 de la Convention et acc\u00e9l\u00e9rer la proc\u00e9dure. Le fait qu\u2019il n\u2019ait pas conclu \u00e0 l\u2019octroi d\u2019une indemnit\u00e9 \u00e0 titre de r\u00e9paration n\u2019est pas d\u00e9terminant. En outre, au vu de la jurisprudence pr\u00e9cit\u00e9e, la Cour consid\u00e8re que l\u2019action en responsabilit\u00e9 contre l\u2019\u00c9tat ne peut, eu \u00e9gard \u00e0 sa nature uniquement indemnitaire, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un recours que le requ\u00e9rant aurait d\u00fb exercer aux fins de la r\u00e8gle d\u2019\u00e9puisement des voies de recours internes consacr\u00e9e par l\u2019article 35 \u00a7 1 de la Convention.<\/p>\n<p>33. La Cour rejette d\u00e8s lors l\u2019exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 soulev\u00e9e par le Gouvernement relative au non-\u00e9puisement des voies de recours internes.<\/p>\n<p><em>4. Conclusion<\/em><\/p>\n<p>34. Constatant que le grief n\u2019est pas manifestement mal fond\u00e9 ni irrecevable pour un autre motif vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article\u00a035 de la Convention, la Cour le d\u00e9clare recevable.<\/p>\n<p><strong>B. Sur le fond<\/strong><\/p>\n<p>35. Le Gouvernement rel\u00e8ve que le Tribunal cantonal a d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 la violation du principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 pour la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant le 18\u00a0f\u00e9vrier\u00a02013. Selon lui, il n\u2019y a pas lieu de revenir sur cette question. En ce qui concerne la p\u00e9riode apr\u00e8s le 18 f\u00e9vrier 2013, il remarque qu\u2019il s\u2019est \u00e9coul\u00e9 une ann\u00e9e jusqu\u2019au prononc\u00e9 de l\u2019ordonnance de classement le 7\u00a0f\u00e9vrier\u00a02014 et, \u00e0 partir de cette date, un peu plus de six mois jusqu\u2019au prononc\u00e9 par le Tribunal cantonal de l\u2019ordonnance du 30\u00a0septembre\u00a02014. A l\u2019instar du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral, le Gouvernement reconna\u00eet que ces d\u00e9lais sont longs, mais estime que ceux-ci ne sauraient \u00eatre qualifi\u00e9s d\u2019excessifs vu le nombre d\u2019infractions d\u00e9nonc\u00e9es par le requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>36. La Cour rappelle que le caract\u00e8re raisonnable de la dur\u00e9e d\u2019une proc\u00e9dure doit s\u2019appr\u00e9cier suivant les circonstances de la cause et \u00e0 l\u2019aide des crit\u00e8res consacr\u00e9s par la jurisprudence de la Cour, en particulier la complexit\u00e9 de l\u2019affaire, le comportement des requ\u00e9rants et celui des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes et l\u2019enjeu du litige pour les int\u00e9ress\u00e9s (S\u00fcrmeli\u00a0c.\u00a0Allemagne [GC], no\u00a075529\/01, \u00a7\u00a0128, CEDH\u00a02006\u2011VII).<\/p>\n<p>37. En l\u2019esp\u00e8ce, la p\u00e9riode \u00e0 consid\u00e9rer a d\u00e9but\u00e9 le 23 ao\u00fbt 2006, date du d\u00e9p\u00f4t de la plainte du requ\u00e9rant. Elle a pris fin le 27 octobre 2015 avec la notification de l\u2019arr\u00eat du 8 octobre 2015 du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral rejetant le recours form\u00e9 contre l\u2019arr\u00eat du Tribunal cantonal (Tomasi c.\u00a0France, 27\u00a0ao\u00fbt\u00a01992, \u00a7\u00a0124, s\u00e9rie\u00a0A no\u00a0241\u2011A, et Schwarkmann,pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a057). Elle s\u2019\u00e9tend donc sur plus de neuf ans et deux mois.<\/p>\n<p>38. S\u2019agissant de la complexit\u00e9 de l\u2019affaire, la Cour observe qu\u2019il ressort de l\u2019ordonnance du Tribunal cantonal du 30 septembre 2014 que l\u2019enqu\u00eate de la police portait uniquement sur quatorze transactions consid\u00e9r\u00e9es comme douteuses et non atteintes par la prescription. L\u2019examen juridique se limitait \u00e0 deux chefs d\u2019inculpation. La Cour estime que la pr\u00e9sente affaire ne pr\u00e9sentait donc aucune complexit\u00e9 particuli\u00e8re tant aux faits qu\u2019au droit. Quant au comportement du requ\u00e9rant, la Cour observe que le procureur a retourn\u00e9 au requ\u00e9rant ses r\u00e9quisitions de preuves \u00e0 deux reprises, consid\u00e9rant qu\u2019elles \u00e9taient inconvenantes. Toutefois, l\u2019allongement de la proc\u00e9dure par ce comportement semble n\u00e9gligeable, s\u2019agissant d\u2019environ deux semaines. Par contre, la Cour rel\u00e8ve plusieurs p\u00e9riodes d\u2019inactivit\u00e9s imputables aux autorit\u00e9s nationales. Il semble en particulier que le procureur n\u2019a entrepris aucune d\u00e9marche afin de donner suite \u00e0 la proc\u00e9dure, entre le 23\u00a0ao\u00fbt\u00a02006 et le 5 f\u00e9vrier 2009, puis entre le 14 avril 2010 et le 8\u00a0janvier\u00a02014. En outre, le Tribunal cantonal a lui-m\u00eame constat\u00e9 \u00e0 deux reprises que le principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9.<\/p>\n<p>39. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de et eu \u00e9gard notamment aux longues p\u00e9riodes de stagnation en l\u2019esp\u00e8ce, ainsi qu\u2019\u00e0 la dur\u00e9e globale de la proc\u00e9dure en cause, la Cour estime que la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure litigieuse \u00e9tait excessive et ne r\u00e9pond pas \u00e0 l\u2019exigence du \u00ab\u00a0d\u00e9lai raisonnable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>40. Partant, il y a eu violation de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention.<\/p>\n<p>II. SUR L\u2019APPLICATION DE L\u2019ARTICLE\u00a041 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>41. Aux termes de l\u2019article 41 de la Convention\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si la Cour d\u00e9clare qu\u2019il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d\u2019effacer qu\u2019imparfaitement les cons\u00e9quences de cette violation, la Cour accorde \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e, s\u2019il y a lieu, une satisfaction \u00e9quitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Dommage<\/strong><\/p>\n<p>42. Le requ\u00e9rant demande 150 500 CHF, soit environ 140\u00a0000\u00a0EUR, au titre du dommage mat\u00e9riel, montant correspondant aux pr\u00e9tentions qu\u2019il aurait pu faire valoir contre son ancien associ\u00e9 si sa plainte p\u00e9nale avait r\u00e9ellement \u00e9t\u00e9 instruite. Il r\u00e9clame en outre 50 000 CHF, soit environ 46\u00a0600\u00a0EUR, au titre du dommage moral qu\u2019il estime avoir subi.<\/p>\n<p>43. Le Gouvernement invite la Cour \u00e0 rejeter la pr\u00e9tention formul\u00e9e au titre de dommage mat\u00e9riel. Il rel\u00e8ve que la violation de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention sous l\u2019angle du d\u00e9lai raisonnable ne porte pas sur la l\u00e9gitimit\u00e9 des pr\u00e9tentions que le requ\u00e9rant a fait valoir \u00e0 l\u2019encontre de son ancien associ\u00e9. Il conteste ainsi l\u2019existence d\u2019un lien de causalit\u00e9 entre la violation d\u00e9nonc\u00e9e et le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. S\u2019agissant de la r\u00e9paration morale, le Gouvernement rappelle que les autorit\u00e9s internes ont d\u00e9j\u00e0 reconnu la violation du principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9. Il soutient que le constat d\u2019une violation de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention par la Cour constitue une satisfaction \u00e9quitable suppl\u00e9mentaire suffisante pour tout tort moral dont le requ\u00e9rant aurait pu souffrir.<\/p>\n<p>44. Entre en ligne de compte le pr\u00e9judice qu\u2019aurait entra\u00een\u00e9 le d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable, soit la violation du principe de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 de la proc\u00e9dure. Il faut donc un lien de causalit\u00e9 entre la violation all\u00e9gu\u00e9e et un hypoth\u00e9tique dommage mat\u00e9riel d\u00fbment \u00e9tay\u00e9 (voir, \u00e0 titre d\u2019exemple, Munari c.\u00a0Suisse, no\u00a07957\/02, \u00a7\u00a039, 12 juillet 2005).<\/p>\n<p>45. En l\u2019esp\u00e8ce, force est de constater que la pr\u00e9sente proc\u00e9dure ne porte pas sur la l\u00e9gitimit\u00e9 ou le bien-fond\u00e9 des conclusions civiles formul\u00e9es par le requ\u00e9rant contre son ancien associ\u00e9. Seule est en jeu la question de savoir si la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure devant les instances internes \u00e9tait raisonnable.<\/p>\n<p>46. Partant, la Cour n\u2019aper\u00e7oit pas de lien de causalit\u00e9 entre la violation constat\u00e9e et le dommage mat\u00e9riel all\u00e9gu\u00e9 et rejette cette demande. En revanche, la Cour estime que le requ\u00e9rant a subi un tort moral certain. Statuant en \u00e9quit\u00e9, elle lui accorde 6 000 EUR \u00e0 ce titre.<\/p>\n<p><strong>B. Frais et d\u00e9pens<\/strong><\/p>\n<p>47. Le requ\u00e9rant r\u00e9clame 31 868 CHF, soit environ 29\u00a0600\u00a0EUR au titre des frais et d\u00e9pens qu\u2019il a engag\u00e9s dans le cadre de la proc\u00e9dure men\u00e9e devant les juridictions internes et de celle men\u00e9e devant la Cour.<\/p>\n<p>48. Le Gouvernement conteste ces pr\u00e9tentions en relevant qu\u2019il ne ressort pas des documents produits par le requ\u00e9rant quelles sont celles qui ont \u00e9t\u00e9 encourues en raison de la dur\u00e9e excessive. Il rappelle \u00e9galement que le Tribunal cantonal a d\u00e9j\u00e0 allou\u00e9 au requ\u00e9rant des indemnit\u00e9s de 250\u00a0CHF et de 300\u00a0CHF pour les d\u00e9penses occasionn\u00e9es par ses recours pour retard injustifi\u00e9 et qu\u2019aucun frais de proc\u00e9dure n\u2019a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 sa charge. Le Gouvernement invite la Cour \u00e0 verser une somme de 4\u00a0000\u00a0CHF (environ\u00a03\u00a0700\u00a0EUR) au requ\u00e9rant, comme ceci a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 le cas dans d\u2019autres affaires suisses similaires.<\/p>\n<p>49. Selon la jurisprudence de la Cour, un requ\u00e9rant ne peut obtenir le remboursement de ses frais et d\u00e9pens que dans la mesure o\u00f9 se trouvent \u00e9tablis leur r\u00e9alit\u00e9, leur n\u00e9cessit\u00e9 et le caract\u00e8re raisonnable de leur taux (Iatridis c. Gr\u00e8ce (satisfaction \u00e9quitable) [GC], no\u00a031107\/96, \u00a7\u00a055, CEDH\u00a02000\u2011XI).<\/p>\n<p>50. En l\u2019esp\u00e8ce et compte tenu des documents en sa possession, de sa jurisprudence ainsi que des sommes d\u00e9j\u00e0 allou\u00e9es par les instances internes (voir ci-dessus \u00a7\u00a7 7 et 11), la Cour juge raisonnable d\u2019allouer au requ\u00e9rant la somme de 5\u00a0000\u00a0EUR pour ses frais et d\u00e9pens, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p><strong>C. Int\u00e9r\u00eats moratoires<\/strong><\/p>\n<p>51. La Cour juge appropri\u00e9 de calquer le taux des int\u00e9r\u00eats moratoires sur le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne major\u00e9 de trois points de pourcentage.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare la requ\u00eate recevable\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 6 de la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit,<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser au requ\u00e9rant, dans un d\u00e9lai de trois mois les sommes suivantes, \u00e0 convertir dans la monnaie de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur au taux applicable \u00e0 la date du r\u00e8glement :<\/p>\n<p>i. 6 000 EUR (six mille euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour dommage moral\u00a0;<\/p>\n<p>ii. 5 000 EUR (cinq mille euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme par le requ\u00e9rant \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour frais et d\u00e9pens\u00a0;<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ces montants seront \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage\u00a0;<\/p>\n<p>4. Rejette le surplus de la demande de satisfaction \u00e9quitable.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 22 d\u00e9cembre 2020, en application de l\u2019article\u00a077\u00a0\u00a7\u00a7\u00a02 et\u00a03 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Olga Chernishova \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Anja Seibert-Fohr<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pr\u00e9sidente<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=280\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=280&text=AFFAIRE+BORNET+c.+SUISSE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+24412%2F16\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=280&title=AFFAIRE+BORNET+c.+SUISSE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+24412%2F16\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=280&description=AFFAIRE+BORNET+c.+SUISSE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+24412%2F16\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>INTRODUCTION. L\u2019affaire concerne une proc\u00e9dure p\u00e9nale \u00e0 laquelle le requ\u00e9rant a particip\u00e9 en qualit\u00e9 de partie civile. FacebookTwitterLinkedInPinterest<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=280\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-280","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme"],"modified_by":"loisdumonde","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/280","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=280"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/280\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":281,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/280\/revisions\/281"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=280"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=280"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=280"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}