{"id":2052,"date":"2023-07-18T12:53:35","date_gmt":"2023-07-18T12:53:35","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=2052"},"modified":"2023-07-18T12:53:35","modified_gmt":"2023-07-18T12:53:35","slug":"affaire-argalioti-c-grece-46882-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=2052","title":{"rendered":"AFFAIRE ARGALIOTI c. GR\u00c8CE\t&#8211; 46882\/16"},"content":{"rendered":"<p>La requ\u00eate concerne principalement la suppression du droit de la requ\u00e9rante \u00e0 une pension de vieillesse par une d\u00e9cision du Conseil d\u2019\u00c9tat appliquant r\u00e9troactivement une disposition l\u00e9gislative.<!--more--><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\">TROISI\u00c8ME SECTION<br \/>\n<strong>AFFAIRE ARGALIOTI c. GR\u00c8CE<\/strong><br \/>\n<em>(Requ\u00eate no 46882\/16)<\/em><br \/>\nARR\u00caT<br \/>\nSTRASBOURG<br \/>\n18 juillet 2023<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat est d\u00e9finitif. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire Argalioti c. Gr\u00e8ce,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (troisi\u00e8me section), si\u00e9geant en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0:<br \/>\nYonko Grozev, pr\u00e9sident,<br \/>\nIoannis Ktistakis,<br \/>\nAndreas Z\u00fcnd, juges,<br \/>\net de Olga Chernishova, greffi\u00e8re adjointe de section,<\/p>\n<p>Vu\u00a0:<\/p>\n<p>la requ\u00eate (no\u00a046882\/16) contre la R\u00e9publique hell\u00e9nique et dont une ressortissante, Mme Mar\u0131a Argalioti (\u00ab\u00a0la requ\u00e9rante\u00a0\u00bb), n\u00e9e en 1929 et r\u00e9sidant \u00e0 Ath\u00e8nes, repr\u00e9sent\u00e9e par Me I. Kourtovik, avocate \u00e0 Ath\u00e8nes, a saisi la Cour le 2 ao\u00fbt 2016 en vertu de l\u2019article\u00a034 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la Convention\u00a0\u00bb),<\/p>\n<p>la d\u00e9cision de porter la requ\u00eate \u00e0 la connaissance du gouvernement grec (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb), repr\u00e9sent\u00e9 par la d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e de son agent, Mme\u00a0A.\u00a0Dimitrakopoulou, assesseure au Conseil juridique de l\u2019\u00c9tat,<\/p>\n<p>les observations des parties,<\/p>\n<p>le fait que le Gouvernement s\u2019est oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019examen de la requ\u00eate par un comit\u00e9 et que, apr\u00e8s avoir examin\u00e9 cette objection, la Cour l\u2019a rejet\u00e9e<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 27 juin 2023,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p><strong>OBJET DE L\u2019AFFAIRE<\/strong><\/p>\n<p>1. La requ\u00eate concerne principalement la suppression du droit de la requ\u00e9rante \u00e0 une pension de vieillesse par une d\u00e9cision du Conseil d\u2019\u00c9tat appliquant r\u00e9troactivement une disposition l\u00e9gislative.<\/p>\n<p>2. La requ\u00e9rante, n\u00e9e \u00e0 Imbros en 1929, o\u00f9 elle travailla comme infirmi\u00e8re de 1949 \u00e0 1965, s\u2019est install\u00e9e en Gr\u00e8ce en 1972.<\/p>\n<p>3. En 1984, la requ\u00e9rante d\u00e9posa aupr\u00e8s de l\u2019Organisme de s\u00e9curit\u00e9 sociale (ci-apr\u00e8s \u00ab\u00a0l\u2019IKA\u00a0\u00bb) une demande tendant \u00e0 obtenir une pension de vieillesse au titre de la reconnaissance de ses ann\u00e9es de travail en Turquie, moyennant validation en Gr\u00e8ce apr\u00e8s rachat des annuit\u00e9s d\u2019assurance vers\u00e9es par elle dans ce pays. Sa demande fut rejet\u00e9e comme tardive, ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e apr\u00e8s l\u2019expiration du d\u00e9lai d\u2019un an \u00e0 compter de la date de son installation d\u00e9finitive\u00a0en Gr\u00e8ce, pr\u00e9vu par la l\u00e9gislation. Le Conseil d\u2019\u00c9tat confirma ce rejet.<\/p>\n<p>4. L\u2019article 23 de la loi n\u00ba 2079\/1992, entr\u00e9e en vigueur le 27 ao\u00fbt 1992, supprima le d\u00e9lai pr\u00e9vu par la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>5. Le 22 d\u00e9cembre 1992, la requ\u00e9rante d\u00e9posa une nouvelle demande aupr\u00e8s de l\u2019IKA. Elle ne re\u00e7ut aucune r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>6. L\u2019article 9 de la loi n\u00ba\u00a02187\/1994, publi\u00e9e le 8 f\u00e9vrier 1994, porta r\u00e9troactivement modification de l\u2019article 23 de la loi n\u00ba\u00a02079\/1992. Selon la nouvelle disposition, seules les personnes r\u00e9sidant de mani\u00e8re permanente en Turquie pouvaient b\u00e9n\u00e9ficier de la suppression du d\u00e9lai susmentionn\u00e9.<\/p>\n<p>7. Le 27 mai 1999, la requ\u00e9rante d\u00e9posa aupr\u00e8s de l\u2019IKA une demande compl\u00e9mentaire \u00e0 celle introduite en 1992.<\/p>\n<p>8. Le 25 juin 1999, le directeur de l\u2019IKA rejeta ses demandes.<\/p>\n<p>9. Le 13 juillet 1999, la requ\u00e9rante saisit d\u2019un recours hi\u00e9rarchique le comit\u00e9 administratif local de l\u2019IKA.<\/p>\n<p>10. N\u2019ayant re\u00e7u aucune r\u00e9ponse, la requ\u00e9rante saisit le 8 d\u00e9cembre 1999 le tribunal administratif du Pir\u00e9e d\u2019un recours en annulation contre le rejet implicite de son recours hi\u00e9rarchique. Entretemps, le 11 avril 2000, le comit\u00e9 administratif\u00a0local rejeta express\u00e9ment ce recours.<\/p>\n<p>11. Par un jugement no 593\/2001 du 30 mars 2001, le tribunal administratif du Pir\u00e9e rejeta le recours en annulation, estimant que la requ\u00e9rante ne remplissait pas la condition pos\u00e9e par l\u2019article 9 de la loi n\u00ba\u00a02187\/1994 qui couvrait r\u00e9troactivement son cas.<\/p>\n<p>12. Le 8 ao\u00fbt 2001, la requ\u00e9rante saisit la cour administrative d\u2019appel du Pir\u00e9e.<\/p>\n<p>13. Par un arr\u00eat no 1978\/2003 du 30 octobre 2003, cette cour accueillit l\u2019appel. Elle jugea que l\u2019article 9 de la loi n\u00ba 2187\/1994 ne pouvait pas \u00e9carter de mani\u00e8re r\u00e9troactive un droit acquis sous l\u2019empire de la loi n\u00ba 2079\/1992, seule applicable \u00e0 la date d\u2019introduction de la demande litigieuse (22\u00a0d\u00e9cembre 1992).<\/p>\n<p>14. En vertu de cet arr\u00eat, l\u2019IKA reconnut \u00e0 la requ\u00e9rante le droit \u00e0 une pension de vieillesse r\u00e9troactivement \u00e0 compter du 22 d\u00e9cembre 1992.<\/p>\n<p>15. Le 30 janvier 2004, l\u2019IKA se pourvut en cassation.<\/p>\n<p>16. Par un arr\u00eat no 1361\/2008 du 5 mai 2008, le Conseil d\u2019\u00c9tat accueillit le pourvoi. Il jugea qu\u2019en raison du caract\u00e8re r\u00e9troactif de l\u2019article 9 de la loi n\u00ba 2187\/1994, la demande de la requ\u00e9rante \u2013 introduite le 22 d\u00e9cembre 1992, donc post\u00e9rieurement au 27 ao\u00fbt 1992, date \u00e0 laquelle remontait l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la disposition susmentionn\u00e9e \u2013 devait \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e au regard de cette disposition. Constatant que la requ\u00e9rante \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 install\u00e9e en Gr\u00e8ce \u00e0 la date de sa demande, il conclut qu\u2019elle ne remplissait pas les conditions requises par la loi pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une pension de vieillesse. Il annula l\u2019arr\u00eat no1978\/2003 de la cour d\u2019appel et lui renvoya l\u2019affaire.<\/p>\n<p>17. Dans son m\u00e9moire soumis \u00e0 la cour d\u2019appel le 29 juin 2009, la requ\u00e9rante invoquait l\u2019arr\u00eat rendu par la Cour dans l\u2019affaire Ichtigiaroglou c.\u00a0Gr\u00e8ce (no 12045\/06, 19 juin 2008).<\/p>\n<p>18. Par un arr\u00eat no 1880\/2009 du 13 novembre 2009, la cour d\u2019appel, statuant sur renvoi, rejeta l\u2019appel. Relevant que dans son arr\u00eat no 1361\/2008 le Conseil d\u2019\u00c9tat avait jug\u00e9 que l\u2019article 9 de la loi n\u00ba 2187\/1994 rev\u00eatait un caract\u00e8re r\u00e9troactif, elle jugea que les moyens d\u2019appel fond\u00e9s sur l\u2019article\u00a01 du Protocole n\u00ba\u00a01 \u00e9taient invoqu\u00e9s de mani\u00e8re inop\u00e9rante (\u03c0\u03c1\u03bf\u03b2\u03ac\u03bb\u03bb\u03bf\u03bd\u03c4\u03b1\u03b9 \u03b1\u03bb\u03c5\u03c3\u03b9\u03c4\u03b5\u03bb\u03ce\u03c2).<\/p>\n<p>19. Le 28 novembre 2010, la requ\u00e9rante se pourvut en cassation. Elle avan\u00e7ait que la cour d\u2019appel aurait d\u00fb examiner le moyen fond\u00e9 sur l\u2019article 1 du Protocole n\u00ba\u00a01 \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019arr\u00eat rendu par la Cour dans l\u2019affaire Ichtigiaroglou c. Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p>20. Au mois d\u2019ao\u00fbt 2013, l\u2019IKA interrompit le versement de la pension de vieillesse de la requ\u00e9rante.<\/p>\n<p>21. Par un arr\u00eat no 2178\/2015 du 8 juin 2015, la section du Conseil d\u2019\u00c9tat d\u00e9cida de renvoyer le litige \u00e0 sa formation de sept membres en raison de son importance majeure.<\/p>\n<p>22. Par un arr\u00eat no 417\/2016 du 8 f\u00e9vrier 2016, le Conseil d\u2019\u00c9tat rejeta le pourvoi. Il estima que dans son arr\u00eat no 1361\/2008 il avait jug\u00e9 que l\u2019article\u00a09 de la loi n\u00ba 2187\/1994 \u00e9tait applicable r\u00e9troactivement et que, par cons\u00e9quent, avait aussi tacitement tranch\u00e9 la question, examin\u00e9e d\u2019office, de la compatibilit\u00e9 de cette disposition avec des normes de valeur supra-l\u00e9gislative. Il en conclut que la cour d\u2019appel ne pouvait pas s\u2019\u00e9carter de son appr\u00e9ciation et refuser l\u2019application de la disposition litigieuse en raison de son incompatibilit\u00e9, le cas \u00e9ch\u00e9ant, avec l\u2019article 1 du Protocole n\u00ba\u00a01. Deux membres de la formation exprim\u00e8rent un avis dissident.<\/p>\n<p>23. Le 16 juin 2022, le directeur de l\u2019EFKA, l\u2019organisme de s\u00e9curit\u00e9 sociale ayant succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019IKA, se fondant sur l\u2019arr\u00eat no 417\/2016 du Conseil d\u2019\u00c9tat somma la requ\u00e9rante de rembourser les sommes qu\u2019elle avait ind\u00fbment per\u00e7ues au titre de pension du 22 d\u00e9cembre 1992 \u00e0 ao\u00fbt 2013, major\u00e9es d\u2019int\u00e9r\u00eats, soit un montant de 58\u00a0477,50 euros (EUR).<\/p>\n<p>24. Invoquant l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention, la requ\u00e9rante all\u00e8gue que la dur\u00e9e des proc\u00e9dures administratives suivies en l\u2019esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 excessive. Elle estime en outre que l\u2019application r\u00e9troactive de l\u2019article 9 de la loi no\u00a02187\/1994 par le Conseil d\u2019\u00c9tat constitue une ing\u00e9rence injustifiable, d\u2019une part, dans l\u2019administration de la justice, ce qui m\u00e9connait son droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable garanti par l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention, et d\u2019autre part, dans son droit au respect de ses biens garanti par l\u2019article 1 du Protocole no\u00a01.<\/p>\n<p><strong>APPR\u00c9CIATION DE LA COUR<\/strong><\/p>\n<p><strong>I. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 6 \u00a7 1 DE LA CONVENTION \u00c0 RAISON\u00a0DE LA DUR\u00c9E DE\u00a0LA\u00a0PROC\u00c9DURE<\/strong><\/p>\n<p>25. Concernant la seconde proc\u00e9dure devant le Conseil d\u2019\u00c9tat, la Cour note que l\u2019arr\u00eat no 417\/2016 a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 apr\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi no\u00a04055\/2012. La requ\u00e9rante n\u2019ayant pas exerc\u00e9 le recours pr\u00e9vu par ladite loi pour se plaindre de la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure en cause, la Cour rejette cette partie du grief pour non-\u00e9puisement des voies de recours internes en application de l\u2019article 35 \u00a7\u00a7 1 et 4 de la Convention (voir\u00a0Techniki Olympiaki A.E. c. Gr\u00e8ce (d\u00e9c.), no\u00a040547\/10, \u00a7\u00a058, 1er octobre 2013).<\/p>\n<p>26. Concernant la proc\u00e9dure achev\u00e9e avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi no\u00a04055\/2012 (Techniki Olympiaki A.E., pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a060), la Cour note que la p\u00e9riode \u00e0 consid\u00e9rer a d\u00e9but\u00e9 le 13 juillet 1999, avec la saisine du comit\u00e9 administratif local de l\u2019IKA (voir Ichtigiaroglou, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 38) et a pris fin le\u00a013 novembre 2009 avec l\u2019arr\u00eat no 1880\/2009 de la cour d\u2019appel. Cette p\u00e9riode a donc dur\u00e9 plus de dix ans, dont quatre ans et quatre mois environ devant le Conseil d\u2019\u00c9tat. Apr\u00e8s avoir examin\u00e9 tous les \u00e9l\u00e9ments qui lui ont \u00e9t\u00e9 soumis, la Cour consid\u00e8re que le Gouvernement n\u2019a expos\u00e9 aucun fait ni argument pouvant justifier une telle situation. Compte tenu de sa jurisprudence en la mati\u00e8re (Vassilios Athanasiou et autres c.\u00a0Gr\u00e8ce, no\u00a050973\/08, 21\u00a0d\u00e9cembre 2010), elle estime que, en l\u2019esp\u00e8ce, la dur\u00e9e des proc\u00e9dures litigieuses n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019exigence du\u00a0d\u00e9lai raisonnable. Partant, il y a eu violation de l\u2019article\u00a06 \u00a7\u00a01 de la Convention par rapport \u00e0 cette partie du grief.<\/p>\n<p><strong>II. SUR LES VIOLATIONS ALL\u00c9GU\u00c9ES DE L\u2019ARTICLE 6 \u00a7 1 DE LA CONVENTION ET DE L\u2019ARTICLE 1 DU PROTOCOLE No\u00a01 \u00c0 RAISON DE L\u2019APPLICATION R\u00c9TROACTIVE DE LA LOI No\u00a02187\/1994<\/strong><\/p>\n<p>27. La Cour estime appropri\u00e9 d\u2019examiner les griefs de la requ\u00e9rante sous l\u2019angle du seul article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p><strong>A. Sur la recevabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>28. Le Gouvernement soul\u00e8ve une premi\u00e8re exception tir\u00e9e du caract\u00e8re tardif des griefs de la requ\u00e9rante. Il soutient que le d\u00e9lai des six mois, applicable \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits, avait commenc\u00e9 \u00e0 courir \u00e0 compter de l\u2019arr\u00eat no\u00a01361\/2008, par lequel le Conseil d\u2019\u00c9tat avait tranch\u00e9 la question juridique litigieuse, \u00e0 savoir l\u2019applicabilit\u00e9 r\u00e9troactive de la loi n\u00ba 2187\/1994, et non pas \u00e0 compter de l\u2019arr\u00eat no 417\/2016, qui ne contenait aucune nouvelle appr\u00e9ciation sur ce point.<\/p>\n<p>29. La Cour estime que le point tranch\u00e9 par le Conseil d\u2019\u00c9tat en 2008 n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait identique \u00e0 celui tranch\u00e9 par la haute juridiction en 2016. Dans cette derni\u00e8re proc\u00e9dure, il s\u2019agissait de savoir si la cour d\u2019appel, statuant sur renvoi, aurait d\u00fb examiner les moyens tir\u00e9s de l\u2019incompatibilit\u00e9 de la suppression r\u00e9troactive du droit de la requ\u00e9rante \u00e0 une pension avec l\u2019article 1 du Protocole no 1, \u00e0 la lumi\u00e8re notamment de l\u2019arr\u00eat rendu par la Cour dans l\u2019affaire Ichtigiaroglou (pr\u00e9cit\u00e9). Cette question rev\u00eatait manifestement un caract\u00e8re distinct dont l\u2019importance majeure avait d\u2019ailleurs justifi\u00e9 son renvoi \u00e0 la formation de sept membres du Conseil d\u2019\u00c9tat (paragraphe\u00a021 ci-dessus). Il convient d\u00e8s lors de rejeter l\u2019exception du Gouvernement.<\/p>\n<p>30. Le Gouvernement soul\u00e8ve \u00e9galement deux autres exceptions \u00e9troitement li\u00e9es, estimant que la requ\u00e9rante n\u2019avait pas \u00e9puis\u00e9 les voies de recours internes et qu\u2019elle ne saurait se pr\u00e9tendre victime d\u2019une violation de ses droits. Il soutient que l\u2019int\u00e9ress\u00e9e, alors qu\u2019elle avait introduit sa premi\u00e8re demande en 1992 quand le cadre juridique lui \u00e9tait favorable, n\u2019a pas saisi les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes apr\u00e8s le rejet implicite de celle-ci. En revanche, elle a attendu 1999 pour introduire une nouvelle demande, alors qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque la loi n\u00ba\u00a02187\/1994 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en vigueur depuis plusieurs ann\u00e9es. L\u2019inertie de la requ\u00e9rante pendant une longue p\u00e9riode aurait donc eu pour effet que son affaire soit jug\u00e9e sur la base de l\u2019article 9 de ladite loi.<\/p>\n<p>31. La Cour rel\u00e8ve que la demande de la requ\u00e9rante soumise \u00e0 l\u2019IKA en 1999 ne constituait pas une nouvelle demande, mais \u00e9tait simplement destin\u00e9e \u00e0 compl\u00e9ter et \u00e0 relancer sa demande introduite en 1992. Il ressort clairement du dossier que les proc\u00e9dures internes portaient sur l\u2019applicabilit\u00e9 r\u00e9troactive de l\u2019article 9 de la loi n\u00ba\u00a02187\/1994 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette derni\u00e8re demande. Il y a d\u00e8s lors lieu de rejeter ces exceptions.<\/p>\n<p><strong>B. Sur le fond<\/strong><\/p>\n<p>32. Concernant le droit interne pertinent en l\u2019esp\u00e8ce, la Cour renvoie \u00e0 son arr\u00eat rendu dans l\u2019affaire Ichtigiaroglou (pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 29-35).<\/p>\n<p>33. La Cour rappelle que dans cette affaire (pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a049-58) elle a conclu \u00e0 la violation de l\u2019article 1 du Protocole n\u00ba 1. Elle a estim\u00e9 que quand la requ\u00e9rante a demand\u00e9 aupr\u00e8s de l\u2019IKA une pension de vieillesse, elle d\u00e9tenait une cr\u00e9ance conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 23 de la loi n\u00ba\u00a02079\/1992 et partant une esp\u00e9rance l\u00e9gitime suffisamment \u00e9tablie au regard du droit interne. Avant l\u2019arr\u00eat du Conseil d\u2019\u00c9tat appliquant r\u00e9troactivement l\u2019article\u00a09 de la loi n\u00ba\u00a02187\/1994, elle avait ainsi dispos\u00e9 pendant pr\u00e8s de douze ans d\u2019un bien. La Cour a aussi relev\u00e9 que, m\u00eame si le pouvoir l\u00e9gislatif peut r\u00e9glementer des droits d\u00e9coulant de lois ant\u00e9rieures, une telle intervention l\u00e9gislative doit \u00eatre justifi\u00e9e par d\u2019imp\u00e9rieux motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Soulignant que m\u00eame si la l\u00e9gitimit\u00e9 et la conformit\u00e9 de l\u2019article 9 de la loi n\u00ba\u00a02187\/1994 avec ce principe lui paraissaient fort contestables, elle a consid\u00e9r\u00e9 que la loi litigieuse n\u2019avait pas en elle-m\u00eame priv\u00e9 la requ\u00e9rante de ses biens car les juridictions administratives de fond avaient refus\u00e9 de lui donner un effet r\u00e9troactif. En revanche, le juste \u00e9quilibre voulu entre l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et le respect des\u00a0biens de la requ\u00e9rante a \u00e9t\u00e9 rompu par l\u2019arr\u00eat du Conseil d\u2019\u00c9tat, qui avait purement et simplement supprim\u00e9,\u00a0en appliquant r\u00e9troactivement la loi,\u00a0son droit\u00a0d\u2019obtenir la pension litigieuse.<\/p>\n<p>34. La Cour ne saurait retenir l\u2019argument du Gouvernement selon lequel la pr\u00e9sente affaire est diff\u00e9rente de l\u2019affaire qui vient d\u2019\u00eatre mentionn\u00e9e.<\/p>\n<p>35. En premier lieu, la Cour observe que les deux affaires reposent sur un cadre factuel et juridique tr\u00e8s similaire. En particulier, les requ\u00e9rantes respectives s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 install\u00e9es en Gr\u00e8ce avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi n\u00ba\u00a02079\/1992 et leurs demandes introduites sur le fondement de cette loi \u00e9taient pendantes devant les autorit\u00e9s administratives au moment de la publication de la loi n\u00ba\u00a02187\/1994. En outre, elles ont saisi les tribunaux administratifs apr\u00e8s la publication de cette derni\u00e8re loi. Surtout, les int\u00e9ress\u00e9es ont pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une pension pendant une longue p\u00e9riode gr\u00e2ce aux d\u00e9cisions des juridictions de fond, infirm\u00e9es par le Conseil d\u2019\u00c9tat appliquant r\u00e9troactivement l\u2019article 9 de ladite loi.<\/p>\n<p>36. En second lieu, la Cour ne saurait suivre la th\u00e8se du Gouvernement qui affirme que l\u2019int\u00e9ress\u00e9e n\u2019avait aucune esp\u00e9rance l\u00e9gitime puisque la jurisprudence relative \u00e0 l\u2019application r\u00e9troactive de l\u2019article 9 de la loi n\u00ba\u00a02187\/1994 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9tablie quand elle a form\u00e9 son pourvoi contre l\u2019arr\u00eat no 1880\/2009 de la cour d\u2019appel. Elle attache une importance particuli\u00e8re au fait que la requ\u00e9rante avait invoqu\u00e9 devant les juridictions internes l\u2019arr\u00eat rendu \u2013 quelques semaines apr\u00e8s la publication de l\u2019arr\u00eat no\u00a01361\/2008 du Conseil d\u2019\u00c9tat \u2013 dans l\u2019affaire Ichtigiaroglou. L\u2019int\u00e9ress\u00e9e pouvait d\u00e8s lors s\u2019attendre \u00e0 ce que celles-ci prennent en compte cet arr\u00eat o\u00f9 la Cour avait constat\u00e9 la violation de l\u2019article 1 du Protocole no 1 en raison, pr\u00e9cis\u00e9ment, d\u2019un arr\u00eat cristallisant cette jurisprudence interne.<\/p>\n<p>37. Par cons\u00e9quent, la Cour conclut qu\u2019en jugeant que la cour d\u2019appel ne pouvait pas examiner le moyen fond\u00e9 sur la m\u00e9connaissance de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention, alors m\u00eame que la requ\u00e9rante avait invoqu\u00e9 l\u2019arr\u00eat rendu par elle dans l\u2019affaire Ichtigiaroglou, le Conseil d\u2019\u00c9tat a confirm\u00e9 une solution contraire \u00e0 la Convention. La requ\u00e9rante a \u00e9t\u00e9 ainsi non seulement priv\u00e9e\u00a0de ses biens, mais elle a aussi\u00a0subi\u00a0une charge disproportionn\u00e9e, car \u00e0 l\u2019heure actuelle elle doit restituer\u00a0la totalit\u00e9 des sommes qu\u2019elle avait per\u00e7ues bona fide \u00e0 titre de pension.<\/p>\n<p>38. Partant, il y a eu violation de l\u2019article 1 du Protocole n\u00ba 1.<\/p>\n<p><strong>APPLICATION DE L\u2019ARTICLE\u00a041 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>39. La requ\u00e9rante r\u00e9clame au moins 100 000 euros (EUR) pour dommage mat\u00e9riel. Cette somme correspond aux sommes qu\u2019elle aurait d\u00fb percevoir \u00e0 titre de pension depuis 2013 (estim\u00e9es \u00e0 environ 40\u00a0000 EUR), quand l\u2019IKA interrompit le versement de sa pension, ainsi qu\u2019aux sommes que l\u2019IKA lui r\u00e9clame actuellement comme ind\u00fbment vers\u00e9es entre 1992 et 2013, \u00e0 savoir 58\u00a0477,50\u00a0EUR. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 la Cour d\u00e9ciderait de lui allouer des sommes uniquement au titre de son dommage moral, la requ\u00e9rante r\u00e9clame 100\u00a0000\u00a0EUR de ce chef. En outre, elle r\u00e9clame pour les frais et d\u00e9pens expos\u00e9s devant les juridictions internes une somme d\u2019au moins 4\u00a0800 EUR.<\/p>\n<p>40. Le Gouvernement invite la Cour \u00e0 \u00e9carter la demande relative au dommage mat\u00e9riel, conform\u00e9ment au principe de subsidiarit\u00e9. Il rel\u00e8ve que l\u2019ordre juridique grec (article 16 de la loi no\u00a04446\/2016) pr\u00e9voit un moyen de redressement appropri\u00e9, la requ\u00e9rante pouvant demander la r\u00e9ouverture de la proc\u00e9dure au cas o\u00f9 la Cour constaterait la violation de la Convention en raison d\u2019un arr\u00eat du Conseil d\u2019\u00c9tat. Quant au dommage moral, il estime que le constat de violation constituerait en soi une satisfaction \u00e9quitable suffisante. Le Gouvernement consid\u00e8re qu\u2019en tout cas les sommes r\u00e9clam\u00e9es sont excessives et enti\u00e8rement injustifi\u00e9es.<\/p>\n<p>41. Concernant la r\u00e9ouverture de la proc\u00e9dure, la Cour rel\u00e8ve que le Gouvernement ne cite pas de d\u00e9cisions internes qui auraient permis \u00e0 une personne plac\u00e9e dans la m\u00eame situation que la requ\u00e9rante d\u2019obtenir r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel d\u00e9coulant d\u2019un arr\u00eat du Conseil d\u2019\u00c9tat rendu en m\u00e9connaissance de la Convention. Surtout, compte tenu de l\u2019issue incertaine de la demande de r\u00e9ouverture, dont la recevabilit\u00e9 ob\u00e9it \u00e0 certaines conditions pos\u00e9es par le Conseil d\u2019\u00c9tat (cf. Aggloupas c. Gr\u00e8ce (d\u00e9c.) [Comit\u00e9], no\u00a028616\/17, \u00a7\u00a7\u00a07 et 13, 23 mai 2023), ainsi que de l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 de la requ\u00e9rante, ce moyen de redressement ne constitue pas, de l\u2019avis de la Cour, une mesure propre \u00e0 r\u00e9parer le pr\u00e9judice mat\u00e9riel subi par elle.<\/p>\n<p>42. La Cour consid\u00e8re que la requ\u00e9rante a ind\u00e9niablement subi un pr\u00e9judice mat\u00e9riel dont il n\u2019est toutefois pas ais\u00e9 d\u2019\u00e9tablir l\u2019ampleur avec pr\u00e9cision. Elle estime qu\u2019elle a \u00e9galement subi, du fait des violations constat\u00e9es, un tort moral certain qui ne saurait \u00eatre r\u00e9par\u00e9 par un simple constat de violation. \u00c9valuant globalement la demande, elle conclut, statuant en \u00e9quit\u00e9, qu\u2019il y a lieu d\u2019accorder \u00e0 la requ\u00e9rante,\u00a0tous chefs de pr\u00e9judice confondus, une somme de 50\u00a0000 EUR, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t (voir Ichtigiaroglou, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 65-66).<\/p>\n<p>43. S\u2019agissant des frais et d\u00e9pens, la Cour note que la requ\u00e9rante n\u2019a produit aucune facture ou note d\u2019honoraires. Il y a donc lieu de rejeter sa demande.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare recevables les griefs tir\u00e9s de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention concernant la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure de 1999 \u00e0 2009 et de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention concernant l\u2019application r\u00e9troactive de la loi no 2187\/1994, et le surplus de la requ\u00eate irrecevable\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention \u00e0 la raison de la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure de 1999 \u00e0 2009\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>4. Dit<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser \u00e0 la requ\u00e9rante, dans un d\u00e9lai de trois mois 50\u00a0000 EUR (cinquante mille euros), tous chefs de pr\u00e9judice confondus, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t ;<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ce montant sera \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage\u00a0;<\/p>\n<p>5. Rejette le surplus de la demande de satisfaction \u00e9quitable.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 18 juillet 2023, en application de l\u2019article\u00a077\u00a0\u00a7\u00a7\u00a02 et\u00a03 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Olga Chernishova \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Yonko Grozev<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Pr\u00e9sident<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=2052\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=2052&text=AFFAIRE+ARGALIOTI+c.+GR%C3%88CE%09%E2%80%93+46882%2F16\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=2052&title=AFFAIRE+ARGALIOTI+c.+GR%C3%88CE%09%E2%80%93+46882%2F16\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=2052&description=AFFAIRE+ARGALIOTI+c.+GR%C3%88CE%09%E2%80%93+46882%2F16\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La requ\u00eate concerne principalement la suppression du droit de la requ\u00e9rante \u00e0 une pension de vieillesse par une d\u00e9cision du Conseil d\u2019\u00c9tat appliquant r\u00e9troactivement une disposition l\u00e9gislative. 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