{"id":1987,"date":"2023-05-09T10:12:57","date_gmt":"2023-05-09T10:12:57","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1987"},"modified":"2023-05-09T10:12:57","modified_gmt":"2023-05-09T10:12:57","slug":"affaire-ghadamian-c-suisse-21768-19","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1987","title":{"rendered":"AFFAIRE GHADAMIAN c. SUISSE &#8211; 21768\/19"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">TROISI\u00c8ME SECTION<br \/>\n<strong>AFFAIRE GHADAMIAN c. SUISSE<\/strong><br \/>\n<em>(Requ\u00eate no 21768\/19)<\/em><br \/>\nARR\u00caT<\/p>\n<p>Art 8 \u2022 Obligations positives<!--more--> \u2022 Refus d\u2019autorisation de s\u00e9jour pour rentiers \u00e0 un \u00e9tranger \u00e2g\u00e9, vivant depuis plus de 50 ans en Suisse, mais depuis 2002 ill\u00e9galement, en raison d\u2019une d\u00e9cision, non ex\u00e9cut\u00e9e, de l\u2019expulser suite \u00e0 ses condamnations pour graves infractions p\u00e9nales \u2022 Inexistence d\u2019une vie familiale entre le requ\u00e9rant et ses enfants majeurs \u2022 Circonstances particuli\u00e8res \u2022 Dur\u00e9e totale de son s\u00e9jour extr\u00eamement longue \u2022 Vie priv\u00e9e b\u00e2tie durant son s\u00e9jour l\u00e9gal d\u00e8s son arriv\u00e9e en 1969 \u2022 Existence incertaine de relations dans son pays d\u2019origine l\u2019Iran \u2022 Absence de graves infractions p\u00e9nales depuis 2005 \u2022 Efforts insuffisants des autorit\u00e9s nationales depuis plus de 20\u00a0ans pour l\u2019expulser \u2022 Motifs pertinents mais pas suffisants \u2022 \u00c9tendue insuffisante du contr\u00f4le par le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral \u2022 Poids excessif attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">STRASBOURG<br \/>\n9 mai 2023<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat deviendra d\u00e9finitif dans les conditions d\u00e9finies \u00e0 l\u2019article 44 \u00a7 2 de la Convention. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire Ghadamian c. Suisse,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (troisi\u00e8me section), si\u00e9geant en une Chambre compos\u00e9e de\u00a0:<br \/>\nPere Pastor Vilanova, pr\u00e9sident,<br \/>\nGeorgios A. Serghides,<br \/>\nCarlo Ranzoni,<br \/>\nJolien Schukking,<br \/>\nDarian Pavli,<br \/>\nPeeter Roosma,<br \/>\nIoannis Ktistakis, juges,<br \/>\net de Olga Chernishova, greffi\u00e8re adjointe de section,<\/p>\n<p>Vu\u00a0:<\/p>\n<p>la requ\u00eate (no\u00a021768\/19) dirig\u00e9e contre la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse et dont un ressortissant iranien , M. Mansur Ghadamian (\u00ab\u00a0le requ\u00e9rant\u00a0\u00bb) a saisi la Cour en vertu de l\u2019article\u00a034 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la Convention\u00a0\u00bb) le 18\u00a0avril\u00a02019,<\/p>\n<p>la d\u00e9cision de porter \u00e0 la connaissance du gouvernement suisse (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb) les griefs concernant l\u2019article\u00a08 et l\u2019article\u00a013 combin\u00e9 avec l\u2019article\u00a08,<\/p>\n<p>les observations communiqu\u00e9es par le gouvernement d\u00e9fendeur et celles communiqu\u00e9es en r\u00e9plique par le requ\u00e9rant,<\/p>\n<p>le d\u00e9port de M. Andreas Z\u00fcnd, juge \u00e9lu au titre de la Suisse (article 28 du r\u00e8glement de la Cour) et la d\u00e9cision du pr\u00e9sident de la chambre de d\u00e9signer M. le juge Carlo Ranzoni pour si\u00e9ger en qualit\u00e9 de juge ad hoc (article\u00a029\u00a0\u00a7\u00a01\u00a0a) du r\u00e8glement)<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil les 6 d\u00e9cembre 2022 et 21\u00a0mars 2023,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette derni\u00e8re date:<\/p>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>1. L\u2019affaire concerne le prononc\u00e9 du renvoi du requ\u00e9rant de Suisse \u00e0 la suite du refus du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral en 2018 de lui accorder une autorisation de s\u00e9jour pour rentiers au regard de son s\u00e9jour ill\u00e9gal sur le territoire depuis 2002 et de ses condamnations.<\/p>\n<p><strong>EN FAIT<\/strong><\/p>\n<p>2. Le requ\u00e9rant est n\u00e9 en 1940 en Iran et r\u00e9side \u00e0 Aarau. Il a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par Me\u00a0Vetterli, avocate.<\/p>\n<p>3. Le Gouvernement a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par son agent, M. A. Scheidegger, de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la justice.<\/p>\n<p>4. Le requ\u00e9rant entra l\u00e9galement en Suisse en novembre 1969 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de\u00a029\u00a0ans et re\u00e7ut un permis de s\u00e9jour. Il y eut deux fils avec une femme D.B. qu\u2019il \u00e9pousa en 1971 et dont il divor\u00e7a en 1989.<\/p>\n<p>5. En novembre 1979, il obtint une autorisation d\u2019\u00e9tablissement par la police des \u00e9trangers du canton d\u2019Argovie (PE-AG).<\/p>\n<p>6. Entre novembre 1988 et janvier 2004, il fut condamn\u00e9 \u00e0 des peines d\u2019emprisonnement d\u2019une dur\u00e9e cumul\u00e9e d\u2019environ\u00a0cinq\u00a0ans pour diverses infractions p\u00e9nales, telles que faux dans les titres, abus de confiance r\u00e9p\u00e9t\u00e9, contrainte, menaces multiples et d\u00e9lits contre le patrimoine. Particuli\u00e8rement, le 11\u00a0juin 1999, la Cour supr\u00eame d\u2019Argovie le condamna \u00e0 une peine privative de libert\u00e9 de 27\u00a0mois et\u00a0demi et \u00e0 l\u2019expulsion de Suisse pour une p\u00e9riode de cinq\u00a0ans.<\/p>\n<p>7. Le 8\u00a0f\u00e9vrier 2000, la PE-AG fixa son expulsion au 15\u00a0mars 2000. Cette d\u00e9cision fut juridiquement contraignante le 1er\u00a0janvier 2002.<\/p>\n<p>8. Les autorit\u00e9s invit\u00e8rent le requ\u00e9rant \u00e0 quitter la Suisse sans succ\u00e8s en 2000, 2003 et 2011. Les autorit\u00e9s perquisitionn\u00e8rent son domicile en 2004 et 2019 pour saisir son passeport en vain.<\/p>\n<p>9. Le 3\u00a0juin 2003, l\u2019Office des migrations du canton d\u2019Argovie (OM-AG) confirma \u00e0 l\u2019avocat du requ\u00e9rant que ce dernier n\u2019avait plus de statut de s\u00e9jour.<\/p>\n<p>10. Le requ\u00e9rant fut condamn\u00e9 pour s\u00e9jour ill\u00e9gal \u00e0 des peines d\u2019emprisonnement de six\u00a0semaines en 2005 et de trois\u00a0mois en 2006, de travail d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral en 2008 et de jours-amende en 2015.<\/p>\n<p>11. En f\u00e9vrier 2008, il demanda \u00e0 l\u2019OM-AG de r\u00e9voquer son expulsion et de lui accorder un permis de s\u00e9jour. L\u2019autorit\u00e9 refusa sa demande, lui indiquant qu\u2019il r\u00e9sidait ill\u00e9galement en Suisse et lui ordonna de quitter imm\u00e9diatement le pays. En mai 2008, il fit une demande d\u2019autorisation de s\u00e9jour pour rentiers qui f\u00fbt d\u00e9clar\u00e9e irrecevable par l\u2019OM-AG. En ao\u00fbt 2015, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 demanda \u00e0 nouveau une telle autorisation.<\/p>\n<p>12. Le 7\u00a0juillet 2016, il fut condamn\u00e9 \u00e0 une amende pour vol d\u2019importance mineure, \u00e0 savoir des biens d\u2019une valeur de 9,55\u00a0francs\u00a0suisses\u00a0(CHF).<\/p>\n<p>13. Le 8\u00a0juillet 2016, l\u2019OM-AG rejeta la demande du requ\u00e9rant d\u2019autorisation de s\u00e9jour pour rentiers relevant ses infractions, son long s\u00e9jour irr\u00e9gulier continu de plus que quatorze\u00a0ans et des indices plausibles d\u2019un r\u00e9seau familial en Iran. Aussi, un titre de s\u00e9jour ne pouvait lui \u00eatre accord\u00e9 en application de l\u2019article\u00a08 de la Convention. L\u2019OM-AG confirma sa d\u00e9cision le 24\u00a0novembre 2016.<\/p>\n<p>14. Le Tribunal administratif du canton d\u2019Argovie (TA-AG) rejeta le recours du requ\u00e9rant le 27\u00a0juin 2018. L\u2019expulsion prononc\u00e9e le 8\u00a0f\u00e9vrier 2000 \u00e9tait encore valide et les conditions pour la r\u00e9examiner n\u2019\u00e9taient pas remplies. N\u00e9anmoins, les possibilit\u00e9s d\u2019octroi d\u2019un titre de s\u00e9jour en application de la loi f\u00e9d\u00e9rale du 16\u00a0d\u00e9cembre 2005 sur les \u00e9trangers et l\u2019int\u00e9gration (LEI) (paragraphe\u00a020 ci-dessous) firent l\u2019objet d\u2019un examen circonstanci\u00e9. \u00c0 cet \u00e9gard, le TA-AG nota entre autres que l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00e0 l\u2019expulsion du requ\u00e9rant et au refus du titre de s\u00e9jour restait tr\u00e8s grand. Le fait que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019ait pas montr\u00e9 de conscience de l\u2019injustice de son comportement, ce qui ressortait du fait qu\u2019il s\u2019opposait continuellement aux nombreuses demandes de quitter le territoire, mais reprochait ensuite aux autorit\u00e9s leur d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019expulsion, plaidait contre une diminution de l\u2019int\u00e9r\u00eat public. Finalement, concernant l\u2019article\u00a08 de la Convention, sans nouveaux arguments \u00e0 ce sujet, le tribunal renvoya \u00e0 l\u2019examen r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019OM-AG.<\/p>\n<p>15. Le 29\u00a0octobre 2018, le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tablit que le requ\u00e9rant ne disposait plus de son autorisation d\u2019\u00e9tablissement obtenue en 1979 (paragraphe\u00a05 ci-dessus) et d\u2019aucun permis lui permettant de s\u00e9journer en Suisse pendant plus de trois\u00a0mois (article\u00a010 alin\u00e9a\u00a01 de la LEI, paragraphe\u00a020 ci-dessous) depuis que son expulsion \u00e9tait devenue juridiquement contraignante en 2002 (paragraphe\u00a07 ci-dessus). Un r\u00e9examen de la d\u00e9cision d\u2019expulsion de 2000 ne pouvait \u00eatre envisag\u00e9 sans motif. Tout au plus, un\u00a0nouveau\u00a0permis de s\u00e9jour pouvait \u00eatre d\u00e9livr\u00e9 si le requ\u00e9rant avait encore un droit l\u00e9gal \u00e0 une autorisation. Mais il n\u2019en revendiquait pas un et il n\u2019apparaissait pas non plus dans le contexte de l\u2019application de la loi d\u2019office.<\/p>\n<p>16. La haute juridiction examina aussi le recours du requ\u00e9rant sous l\u2019angle de sa vie familiale et de sa vie priv\u00e9e tel qu\u2019il l\u2019invoquait et le rejeta. Les paragraphes pertinents de l\u2019arr\u00eat sont libell\u00e9s comme il suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a03.2\u00a0(&#8230;) le requ\u00e9rant affirme que ses seuls parents sont ses deux fils qui vivent en Suisse. (&#8230;) il ne revendique pas de relation de d\u00e9pendance particuli\u00e8re avec eux. (&#8230;) il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il dispose d\u2019un droit de s\u00e9jour stable en Suisse. Du point de vue de la vie familiale, le requ\u00e9rant ne peut donc pas faire valoir un droit de s\u00e9jour sur la base de l\u2019article\u00a08 de la CEDH.<\/p>\n<p>3.3.\u00a0Ind\u00e9pendamment de l\u2019existence d\u2019un lien familial, une mesure d\u2019\u00e9loignement en vertu du droit des \u00e9trangers peut violer l\u2019article\u00a08 de la CEDH (droit \u00e0 la vie priv\u00e9e), (&#8230;) uniquement dans des circonstances particuli\u00e8res\u00a0: selon la jurisprudence constante du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral, une longue pr\u00e9sence et l\u2019int\u00e9gration normale qui en d\u00e9coule ne suffisent pas \u00e0 cet effet\u00a0; il faut des relations priv\u00e9es particuli\u00e8rement intenses, de nature professionnelle ou sociale, qui vont au-del\u00e0 de l\u2019int\u00e9gration normale (&#8230;) apr\u00e8s une p\u00e9riode de r\u00e9sidence l\u00e9gale d\u2019environ dix\u00a0ans, on peut g\u00e9n\u00e9ralement supposer que les relations sociales dans ce pays sont devenues si \u00e9troites que des raisons particuli\u00e8res sont n\u00e9cessaires pour mettre fin \u00e0 la r\u00e9sidence (&#8230;). Toutefois, le plaignant ne peut pas se pr\u00e9valoir de cette jurisprudence, car il r\u00e9side en Suisse sans autorisation et de mani\u00e8re ill\u00e9gale depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e\u00a02002. Les \u00e9trangers doivent se soumettre aux contr\u00f4les et proc\u00e9dures pr\u00e9vus par le droit des \u00e9trangers et doivent quitter le pays s\u2019ils y sont contraints par une d\u00e9cision d\u00e9finitive (&#8230;). Le plaignant ne peut pas tirer des droits du fait qu\u2019il n\u2019a pas lui-m\u00eame respect\u00e9 l\u2019ordre juridique et les d\u00e9cisions finales.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>17. Le 4\u00a0d\u00e9cembre 2018, l\u2019OM-AG ordonna au requ\u00e9rant de quitter le territoire le 11\u00a0d\u00e9cembre 2018 au plus tard.<\/p>\n<p>18. Celui-ci s\u00e9journe ill\u00e9galement en Suisse \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p><strong>LE CADRE JURIDIQUE INTERNE PERTINENT<\/strong><\/p>\n<p>19. La loi f\u00e9d\u00e9rale du 26\u00a0mars 1931 sur le s\u00e9jour et l\u2019\u00e9tablissement des \u00e9trangers (LSEE), en vigueur jusqu\u2019au 31\u00a0d\u00e9cembre 2007, \u00e9tait libell\u00e9e comme suit dans ses parties pertinentes\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article\u00a010<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tranger ne peut \u00eatre expuls\u00e9 de Suisse ou d\u2019un canton que pour les motifs suivants\u00a0:<\/p>\n<p>a. s\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par une autorit\u00e9 judiciaire pour crime ou d\u00e9lit\u00a0;<\/p>\n<p>b. si sa conduite, dans son ensemble, et ses actes permettent de conclure qu\u2019il ne veut pas s\u2019adapter \u00e0 l\u2019ordre \u00e9tabli dans le pays qui lui offre l\u2019hospitalit\u00e9 ou qu\u2019il n\u2019en est pas capable\u00a0;<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>2. L\u2019expulsion pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019al.\u00a01, let. c ou d, ne peut \u00eatre prononc\u00e9e que si le retour de l\u2019expuls\u00e9 dans son pays d\u2019origine est possible et peut \u00eatre raisonnablement exig\u00e9.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>4. La pr\u00e9sente loi ne touche en rien \u00e0 l\u2019expulsion, pr\u00e9vue par la constitution f\u00e9d\u00e9rale, des \u00e9trangers qui compromettent la s\u00fbret\u00e9 int\u00e9rieure ou ext\u00e9rieure de la Suisse, ni \u00e0 l\u2019expulsion prononc\u00e9e par le juge p\u00e9nal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article\u00a011<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. L\u2019expulsion peut \u00eatre prononc\u00e9e pour une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, non inf\u00e9rieure \u00e0\u00a0deux\u00a0ans, ou pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>3. L\u2019expulsion ne sera prononc\u00e9e que si elle para\u00eet appropri\u00e9e \u00e0 l\u2019ensemble des circonstances. (&#8230;)<\/p>\n<p>4. Il est interdit aux expuls\u00e9s de p\u00e9n\u00e9trer en Suisse. (&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>20. La LEI pr\u00e9voit dans ses parties pertinentes\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article\u00a010 &#8211; Autorisation en cas de s\u00e9jour sans activit\u00e9 lucrative<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. Tout \u00e9tranger peut s\u00e9journer en Suisse sans exercer d\u2019activit\u00e9 lucrative pendant trois mois sans autorisation (&#8230;).<\/p>\n<p>2. L\u2019\u00e9tranger qui pr\u00e9voit un s\u00e9jour plus long sans activit\u00e9 lucrative doit \u00eatre titulaire d\u2019une autorisation. Il doit la solliciter avant son entr\u00e9e en Suisse aupr\u00e8s de l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente du lieu de r\u00e9sidence envisag\u00e9. L\u2019art.\u00a017, al.\u00a02, est r\u00e9serv\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article\u00a028 &#8211; Rentiers<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un \u00e9tranger qui n\u2019exerce plus d\u2019activit\u00e9 lucrative peut \u00eatre admis aux conditions suivantes\u00a0:<\/p>\n<p>a. il a l\u2019\u00e2ge minimum fix\u00e9 par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral\u00a0;<\/p>\n<p>b. il a des liens personnels particuliers avec la Suisse\u00a0;<\/p>\n<p>c. il dispose des moyens financiers n\u00e9cessaires.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article\u00a030 \u2013 D\u00e9rogations aux conditions d\u2019admission<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. Il est possible de d\u00e9roger aux conditions d\u2019admission (art.\u00a018 \u00e0\u00a029) dans les buts suivants\u00a0:<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>b. tenir compte des cas individuels d\u2019une extr\u00eame gravit\u00e9 ou d\u2019int\u00e9r\u00eats publics majeurs\u00a0;<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>k. faciliter la r\u00e9admission en Suisse d\u2019\u00e9trangers qui ont \u00e9t\u00e9 titulaires d\u2019une autorisation de s\u00e9jour ou d\u2019\u00e9tablissement\u00a0:<\/p>\n<p>(&#8230;).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>21. La disposition pertinente de l\u2019ordonnance relative \u00e0 l\u2019admission, au s\u00e9jour et \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une activit\u00e9 lucrative (OASA) du 24\u00a0octobre 2007 se lit comme suit\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article\u00a025 &#8211; Rentiers<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. L\u2019\u00e2ge minimum pour l\u2019admission des rentiers est de 55\u00a0ans.<\/p>\n<p>2. Les rentiers ont des attaches personnelles particuli\u00e8res avec la Suisse notamment\u00a0:<\/p>\n<p>a. lorsqu\u2019ils peuvent prouver qu\u2019ils ont effectu\u00e9 dans le pass\u00e9 des s\u00e9jours assez longs en Suisse, notamment dans le cadre de vacances, d\u2019une formation ou d\u2019une activit\u00e9 lucrative\u00a0;<\/p>\n<p>b. lorsqu\u2019ils ont des relations \u00e9troites avec des parents proches en Suisse (parents, enfants, petits-enfants ou fr\u00e8res et s\u0153urs).<\/p>\n<p>3. Ils ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 exercer une activit\u00e9 lucrative en Suisse ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00e0 l\u2019exception de la gestion de leur propre fortune.<\/p>\n<p>4. Les moyens financiers sont suffisants lorsqu\u2019ils d\u00e9passent le montant qui autorise un citoyen suisse et \u00e9ventuellement les membres de sa famille \u00e0 percevoir des prestations compl\u00e9mentaires conform\u00e9ment \u00e0 la loi du 6\u00a0octobre\u00a02006 sur les prestations compl\u00e9mentaires (LPC).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>EN DROIT<\/strong><\/p>\n<p><strong>I. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 8 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>22. Le requ\u00e9rant se plaint que le prononc\u00e9 de son expulsion \u00e0 la suite du refus du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral du 29\u00a0octobre 2018 de lui accorder une autorisation de s\u00e9jour pour rentiers porterait atteinte \u00e0 sa vie priv\u00e9e et familiale. Il invoque l\u2019article\u00a08 de la Convention, qui est ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. Toute personne a droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale, de son domicile et de sa correspondance.<\/p>\n<p>2. Il ne peut y avoir ing\u00e9rence d\u2019une autorit\u00e9 publique dans l\u2019exercice de ce droit que pour autant que cette ing\u00e9rence est pr\u00e9vue par la loi et qu\u2019elle constitue une mesure qui, dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, est n\u00e9cessaire \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 publique, au bien\u2011\u00eatre \u00e9conomique du pays, \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019ordre et \u00e0 la pr\u00e9vention des infractions p\u00e9nales, \u00e0 la protection de la sant\u00e9 ou de la morale, ou \u00e0 la protection des droits et libert\u00e9s d\u2019autrui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>23. Le Gouvernement conteste cette th\u00e8se.<\/p>\n<p><strong>A. Sur la recevabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>24. Le Gouvernement soul\u00e8ve l\u2019exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9e du d\u00e9faut manifeste de fondement du grief.<\/p>\n<p>25. La Cour estime que les arguments pr\u00e9sent\u00e9s concernant cette exception soul\u00e8vent des questions appelant un examen au fond du grief tir\u00e9 de l\u2019article\u00a08 de la Convention (Mart et autres c.\u00a0Turquie, no\u00a057031\/10, \u00a7\u00a020, 19\u00a0mars 2019, \u00d6nal c.\u00a0Turquie (no\u00a02), no\u00a044982\/07, \u00a7\u00a022, 2\u00a0juillet 2019, et G\u00fcrb\u00fcz et Bayar c.\u00a0Turquie, no\u00a08860\/13, \u00a7\u00a026, 23\u00a0juillet 2019).<\/p>\n<p>26. La Cour constate que ce grief n\u2019est pas manifestement mal fond\u00e9 au sens de l\u2019article\u00a035 \u00a7\u00a03\u00a0a) de la Convention et qu\u2019il ne se heurte par ailleurs \u00e0 aucun autre motif d\u2019irrecevabilit\u00e9. Il convient donc de le d\u00e9clarer recevable.<\/p>\n<p><strong>B. Sur le fond<\/strong><\/p>\n<p><strong>1. Argument des parties<\/strong><\/p>\n<p>a) Le requ\u00e9rant<\/p>\n<p>27. Pour le requ\u00e9rant, les autorit\u00e9s nationales n\u2019auraient pas examin\u00e9 son cas de mani\u00e8re circonstanci\u00e9e, mais elles auraient refus\u00e9 de lui accorder une autorisation de s\u00e9jour pour rentiers principalement en raison de la d\u00e9cision du 8\u00a0f\u00e9vrier 2000 de l\u2019expulser de Suisse. Or, vingt-deux\u00a0ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis cette d\u00e9cision et la situation de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 a chang\u00e9.<\/p>\n<p>28. Les condamnations qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminantes dans la d\u00e9cision d\u2019expulsion (paragraphe\u00a06 ci-dessus) se rapportent \u00e0 un m\u00eame conflit avec son ex-femme D.B. durant une courte p\u00e9riode et le requ\u00e9rant a purg\u00e9 la peine d\u2019emprisonnement requise.<\/p>\n<p>29. Il n\u2019a depuis 2006 jamais \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019une infraction p\u00e9nale grave qui indiquerait qu\u2019il repr\u00e9sente une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 publique. Ses plus r\u00e9centes condamnations concernent son statut d\u2019immigrant ill\u00e9gal.<\/p>\n<p>30. L\u2019int\u00e9ress\u00e9 a quitt\u00e9 l\u2019Iran il y a environ cinquante\u00a0ans, ayant craint pour sa vie apr\u00e8s que son p\u00e8re, un pr\u00e9sident tr\u00e8s estim\u00e9 d\u2019un tribunal local, ait \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 pour des raisons politiques, et il n\u2019a plus de liens avec ce pays. Il n\u2019y est retourn\u00e9 ponctuellement que pour des occasions familiales importantes telles que les fun\u00e9railles de sa m\u00e8re en mars 2001. Tous ses fr\u00e8res et s\u0153urs y r\u00e9sidant sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s et il a perdu contact avec le seul membre de sa famille restant qui vivait aux \u00c9tats-Unis. Ses fils et ses cinq\u00a0petits-enfants domicili\u00e9s en Suisse, avec qui il partage une relation tr\u00e8s proche, constituent \u00e0 son \u00e2ge le centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de sa vie priv\u00e9e, d\u2019autant plus qu\u2019on ne sait pas combien de temps il pourra vivre de mani\u00e8re ind\u00e9pendante dans son propre foyer. Ayant pass\u00e9 la majeure partie de sa vie en Suisse, les seules relations sociales qui lui restent sont dans ce pays, notamment avec sa compagne suisse depuis\u00a0quatorze\u00a0ans et de nombreux amis proches. Il a toujours eu des connexions sociales ayant \u00e9t\u00e9 entra\u00eeneur d\u2019une \u00e9quipe de volleyeurs et en conservant des liens \u00e9troits avec sa communaut\u00e9.<\/p>\n<p>31. Il a exerc\u00e9 une activit\u00e9 professionnelle de radiologue en Suisse et il vit maintenant de ses prestations de retraite.<\/p>\n<p>32. Au regard des conditions cit\u00e9es (paragraphes\u00a030 et\u00a031 ci-dessus), le requ\u00e9rant estime que les autorit\u00e9s d\u2019immigration peuvent lui d\u00e9livrer un permis de r\u00e9sidence en application des articles\u00a028 et\u00a030 de la LEI (paragraphe\u00a020 ci-dessus) et de l\u2019article\u00a025 de l\u2019OASA (paragraphe\u00a021 ci\u2011dessus).<\/p>\n<p>33. L\u2019int\u00e9ress\u00e9 consid\u00e8re que son renvoi en Iran constituerait une grave ing\u00e9rence dans son droit au respect \u00e0 sa vie priv\u00e9e et familiale qui ne serait pas justifi\u00e9e.<\/p>\n<p>b) Le Gouvernement<\/p>\n<p>34. Depuis la d\u00e9cision de son expulsion en 2000 (paragraphe\u00a07 ci-dessus), le requ\u00e9rant ne dispose pas de droit de s\u00e9jour en Suisse pour une p\u00e9riode exc\u00e9dant la dur\u00e9e de trois\u00a0mois au regard de l\u2019article\u00a010 alin\u00e9a\u00a01 de la LEI (paragraphe\u00a020 ci-dessus). Tant l\u2019obligation de demander une autorisation que son rejet sont pr\u00e9vus par la loi en vertu des articles\u00a010 alin\u00e9a\u00a02, et\u00a028 de la LEI (paragraphe\u00a020 ci-dessus).<\/p>\n<p>35. Durant le temps o\u00f9 le requ\u00e9rant s\u00e9journait l\u00e9galement en Suisse et post\u00e9rieurement \u00e0 la d\u00e9cision pronon\u00e7ant son expulsion, il a commis de tr\u00e8s nombreuses infractions qui touchaient entre autres \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019autrui (paragraphe\u00a06 ci-dessus). Il n\u2019a jamais respect\u00e9 l\u2019obligation de quitter la Suisse et il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour son s\u00e9jour ill\u00e9gal (paragraphe\u00a010 ci-dessus). La mesure litigieuse poursuit les buts l\u00e9gitimes de la d\u00e9fense de l\u2019ordre, la pr\u00e9vention d\u2019infractions p\u00e9nales, et la protection des droits et libert\u00e9s d\u2019autrui, \u00e9nonc\u00e9s \u00e0 l\u2019article\u00a08 \u00a7\u00a02 de la Convention.<\/p>\n<p>36. Le s\u00e9jour du requ\u00e9rant en Suisse est tr\u00e8s long, mais ill\u00e9gal depuis l\u2019ann\u00e9e\u00a02002 (Gezginci c.\u00a0Suisse, no\u00a016327\/05, \u00a7\u00a080, 9\u00a0d\u00e9cembre 2010).<\/p>\n<p>37. Si ses infractions \u00e0 la base du prononc\u00e9 de son expulsion du 8\u00a0f\u00e9vrier\u00a02000 sont anciennes et qu\u2019il a purg\u00e9 ses peines, il n\u2019a jamais eu de p\u00e9riode \u00e9tendue sans nouvelle condamnation (Krasniqi c.\u00a0Autriche, no\u00a041697\/12, \u00a7\u00a052, 25\u00a0avril 2017). Il y a ainsi persistance d\u2019un risque de r\u00e9cidive (Vasquez c.\u00a0Suisse, no\u00a01785\/08, \u00a7\u00a046, 26\u00a0novembre 2013).<\/p>\n<p>38. Les autorit\u00e9s nationales ne sont aucunement rest\u00e9es inactives ayant tent\u00e9 plusieurs fois d\u2019ex\u00e9cuter la d\u00e9cision d\u2019expulsion (paragraphe\u00a08 ci\u2011dessus). Elles se sont heurt\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments hors de leur sph\u00e8re d\u2019influence (Danelyan c.\u00a0Suisse (d\u00e9c.), nos\u00a076424\/14 et\u00a076435\/14, \u00a7\u00a027, 29\u00a0mai 2018) telle que l\u2019absence d\u2019un passeport valable du requ\u00e9rant n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019acceptation du renvoi par l\u2019Iran (paragraphe\u00a08 ci-dessus). Or, voyageant r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, il en poss\u00e8de un, l\u2019a fait renouveler, mais il l\u2019a soigneusement cach\u00e9.<\/p>\n<p>39. Quant aux attaches du requ\u00e9rant en Suisse, il n\u2019y a pour seule famille que ses deux fils adultes avec lesquels il maintient des contacts. Il n\u2019aurait pas d\u00e9velopp\u00e9 d\u2019autres relations sociales consid\u00e9rables et actuelles. Les confirmations de voisins et de sa compagne sont pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 un stade avanc\u00e9 de la proc\u00e9dure, restent superficielles et contiennent des erreurs linguistiques.<\/p>\n<p>40. Les difficult\u00e9s de r\u00e9adaptation, que rencontrera le requ\u00e9rant en Iran, ne paraissent pas insurmontables. D\u2019une part, il est \u00e9conomiquement ind\u00e9pendant et, d\u2019autre part, il y dispose d\u2019un r\u00e9seau familial. Il ne saurait invoquer de telles difficult\u00e9s aujourd\u2019hui alors que l\u2019obligation de quitter la Suisse lui incombe depuis vingt\u00a0ans et qu\u2019il a activement contrecarr\u00e9 toute ex\u00e9cution de l\u2019expulsion.<\/p>\n<p><strong>2. Appr\u00e9ciation de la Cour<\/strong><\/p>\n<p>41. La pr\u00e9sente affaire concerne essentiellement le refus d\u2019autoriser le requ\u00e9rant \u00e0 r\u00e9sider en Suisse sur le fondement de sa vie priv\u00e9e et familiale qu\u2019il y a construite tel qu\u2019il l\u2019all\u00e8gue.<\/p>\n<p>42. La Cour rappelle que l\u2019on ne saurait retenir l\u2019existence d\u2019une vie familiale, au sens de l\u2019article\u00a08 de la Convention, entre des parents et leurs enfants adultes sans que soit d\u00e9montr\u00e9e l\u2019existence d\u2019\u00e9l\u00e9ments suppl\u00e9mentaires de d\u00e9pendance (Slivenko c.\u00a0Lettonie [GC], no\u00a048321\/99, \u00a7\u00a097, CEDH\u00a02003\u2011X, A.S. c.\u00a0Suisse, no\u00a039350\/13, \u00a7\u00a049, 30\u00a0juin 2015, et Kwakye-Nti et Dufie c.\u00a0Pays-Bas (d\u00e9c.), no\u00a031519\/96, 7\u00a0novembre 2000). Or, en l\u2019esp\u00e8ce, la Cour estime, \u00e0 l\u2019instar du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral (paragraphe\u00a016 ci\u2011dessus), que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ne peut se pr\u00e9valoir de tels \u00e9l\u00e9ments suppl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses enfants majeurs dans la mesure o\u00f9 il est autonome pour faire face \u00e0 sa vie quotidienne malgr\u00e9 son \u00e2ge avanc\u00e9. Il n\u2019existe pas non plus d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments \u00e9quivalant \u00e0 une \u00ab\u00a0vie familiale\u00a0\u00bb entre le requ\u00e9rant et ses enfants adultes (voir, en ce sens, Emonet et autres c.\u00a0Suisse, no\u00a039051\/03, \u00a7\u00a037, 13\u00a0d\u00e9cembre 2007, Belli et Arquier-Martinez c.\u00a0Suisse, no\u00a065550\/13, \u00a7\u00a065, 11\u00a0d\u00e9cembre 2018, I.M. c.\u00a0Suisse, no\u00a023887\/16, \u00a7\u00a062, 9\u00a0avril 2019, et Kwakye-Nti et Dufie, d\u00e9cision pr\u00e9cit\u00e9e). D\u00e8s lors, ses relations avec ses enfants ne rel\u00e8vent pas du droit au respect de sa vie familiale. La pr\u00e9sente affaire pose donc uniquement des questions relatives \u00e0 la vie priv\u00e9e du requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>43. Lorsqu\u2019un \u00c9tat contractant tol\u00e8re la pr\u00e9sence sur son sol d\u2019un ressortissant\u00a0\u00e9tranger, lui donnant ainsi la possibilit\u00e9 d\u2019attendre la d\u00e9cision relative\u00a0\u00e0\u00a0sa demande d\u2019octroi d\u2019un permis de s\u00e9jour,\u00a0\u00e0\u00a0un recours contre une telle d\u00e9cision ou\u00a0\u00e0\u00a0une nouvelle demande de permis de s\u00e9jour, il lui permet de participer\u00a0\u00e0\u00a0la vie sociale du pays dans lequel il se trouve, d\u2019y nouer des relations et d\u2019y fonder une famille. Pour autant, cela n\u2019implique pas automatiquement que, en cons\u00e9quence, l\u2019article\u00a08 de la Convention oblige les autorit\u00e9s de cet\u00a0\u00c9tat\u00a0\u00e0\u00a0autoriser l\u2019\u00e9tranger\u00a0\u00e0\u00a0s\u2019installer sur le territoire national (Jeunesse c.\u00a0Pays-Bas [GC], no\u00a012738\/10, \u00a7\u00a0103, 3\u00a0octobre 2014, A.S.\u00a0c.\u00a0Suisse, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a044, Pormes c.\u00a0Pays-Bas, no\u00a025402\/14, \u00a7\u00a7\u00a052, 60-61, 28\u00a0juillet 2020, et\u00a0Danelyan, d\u00e9cision pr\u00e9cit\u00e9e).<\/p>\n<p>44. Le requ\u00e9rant ne dispose plus de statut de s\u00e9jour en Suisse depuis le\u00a01er\u00a0janvier 2002, date \u00e0 laquelle la d\u00e9cision d\u2019expulsion du 8\u00a0f\u00e9vrier 2000 \u00e9tait juridiquement contraignante (paragraphe\u00a07 ci-dessus). Comme dans les affaires Jeunesse (pr\u00e9cit\u00e9e, \u00a7\u00a0104) et A.S. c.\u00a0Suisse (pr\u00e9cit\u00e9e, \u00a7\u00a045), cette affaire concerne un \u00e9tranger cherchant \u00e0 \u00eatre admis et elle peut \u00eatre distingu\u00e9e de celles concernant les \u00ab\u00a0migrants \u00e9tablis\u00a0\u00bb \u00e0 savoir les personnes qui ont d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u un droit de s\u00e9jour officiel dans un pays d\u2019accueil. Le retrait ult\u00e9rieur de ce droit, par exemple parce que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 coupable d\u2019une infraction p\u00e9nale, constitue une atteinte \u00e0 son droit au respect de la vie priv\u00e9e et\/ou familiale au sens de l\u2019article\u00a08.<\/p>\n<p>45. La question \u00e0 examiner en l\u2019esp\u00e8ce est de savoir si, eu \u00e9gard aux faits de la cause pris dans leur ensemble, les autorit\u00e9s suisses \u00e9taient tenues en vertu de l\u2019article\u00a08 de la Convention d\u2019octroyer un permis de s\u00e9jour au requ\u00e9rant afin de lui permettre de mener sa vie priv\u00e9e sur leur territoire et de ne pas l\u2019expulser. Le cas d\u2019esp\u00e8ce concerne donc non seulement la vie priv\u00e9e, mais aussi l\u2019immigration et doit par cons\u00e9quent \u00eatre examin\u00e9 sous l\u2019angle des obligations positives de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur (comparer avec Jeunesse, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a0105, A.S. c.\u00a0Suisse, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a046, et voir Danelyan, d\u00e9cision pr\u00e9cit\u00e9e).<\/p>\n<p>46. Quand une personne \u00e9trang\u00e8re b\u00e2tit sa vie priv\u00e9e sur le territoire d\u2019un \u00c9tat alors qu\u2019elle y s\u00e9journe ill\u00e9galement, un refus ult\u00e9rieur de d\u00e9livrance d\u2019un permis de r\u00e9sidence n\u2019emporte violation de l\u2019article\u00a08 que dans des circonstances exceptionnelles (Pormes, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a058). Or le requ\u00e9rant a b\u00e2ti sa vie priv\u00e9e en Suisse durant les trente-trois ann\u00e9es o\u00f9 il y a s\u00e9journ\u00e9 l\u00e9galement. Ainsi, la Cour proc\u00e9dera \u00e0 une mise en balance des int\u00e9r\u00eats en cause fond\u00e9e sur une analyse de l\u2019ensemble des faits concern\u00e9s au regard des facteurs, d\u00e9finis dans sa jurisprudence, qu\u2019il faut prendre en compte pour d\u00e9terminer si un \u00c9tat peut \u00eatre tenu \u00e0 l\u2019obligation positive d\u2019admettre le s\u00e9jour sur son territoire d\u2019un \u00e9tranger qui y \u00e9tait en situation irr\u00e9guli\u00e8re (Pormes, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a056-58).<\/p>\n<p>47. Au moment o\u00f9 le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a rejet\u00e9 sa demande d\u2019autorisation de s\u00e9jour (paragraphe\u00a016 ci-dessus), le requ\u00e9rant savait que sa pr\u00e9sence sur le territoire suisse \u00e9tait ill\u00e9gale depuis le 1er\u00a0janvier 2002, date \u00e0 laquelle la d\u00e9cision d\u2019expulsion du 8\u00a0f\u00e9vrier 2000 \u00e9tait juridiquement contraignante (paragraphe\u00a07 ci-dessus). Son avocat a eu la confirmation de l\u2019absence de statut de s\u00e9jour de son client le 3\u00a0juin 2003 (paragraphe\u00a09 ci-dessus).<\/p>\n<p>48. L\u2019int\u00e9ress\u00e9 avait l\u2019obligation de quitter la Suisse lorsqu\u2019il en a re\u00e7u l\u2019ordre d\u00e8s lors que son s\u00e9jour sur ce territoire lui avait \u00e9t\u00e9 valablement refus\u00e9. Selon la l\u00e9gislation nationale, un r\u00e9examen de la d\u00e9cision d\u2019expulsion ne pouvait pas \u00eatre envisag\u00e9 vu l\u2019absence de motifs valables (paragraphes\u00a014-15 ci-dessus).<\/p>\n<p>49. Les\u00a0infractions\u00a0commises\u00a0par le requ\u00e9rant ont \u00e9t\u00e9 des crit\u00e8res d\u00e9cisifs dans la d\u00e9cision du 8\u00a0f\u00e9vrier 2000 de l\u2019expulser de Suisse (paragraphe\u00a06 ci\u2011dessus) et dans le refus du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral du 29\u00a0octobre 2018 de lui accorder une autorisation de s\u00e9jour pour rentiers (paragraphe\u00a016 ci-dessus). Entre novembre 1988 et janvier 2004, il fut condamn\u00e9 \u00e0 des peines d\u2019emprisonnement d\u2019une dur\u00e9e cumul\u00e9e d\u2019environ\u00a0cinq\u00a0ans pour diverses graves infractions p\u00e9nales (paragraphe\u00a06 ci-dessus).<\/p>\n<p>50. Le requ\u00e9rant all\u00e8gue (paragraphe\u00a028 ci-dessus) que les condamnations qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminantes dans la d\u00e9cision du 8\u00a0f\u00e9vrier 2000 de l\u2019expulser de Suisse se rapportent \u00e0 un m\u00eame conflit avec son ex-femme D.B. durant une courte p\u00e9riode et qu\u2019il a purg\u00e9 sa peine d\u2019emprisonnement.<\/p>\n<p>51. Pour le Gouvernement (paragraphe\u00a037 ci-dessus), si les infractions \u00e0 la base du prononc\u00e9 de son expulsion du 8\u00a0f\u00e9vrier 2000 sont anciennes et qu\u2019il a purg\u00e9 ses peines, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019a jamais eu de p\u00e9riode \u00e9tendue sans nouvelle condamnation (Krasniqi, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a052). Il y a ainsi persistance d\u2019un risque de r\u00e9cidive (Vasquez, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a046).<\/p>\n<p>52. Si\u00a0depuis\u00a02006 le requ\u00e9rant n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019aucune infraction p\u00e9nale grave (paragraphe\u00a029 ci-dessus) qui indiquerait qu\u2019il repr\u00e9sente une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 publique, la Cour prend note qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 plusieurs fois pour son s\u00e9jour ill\u00e9gal \u00e0 des peines d\u2019emprisonnement de\u00a0six\u00a0semaines en 2005 et de trois\u00a0mois en 2006, de travail d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral en 2008 et de jours-amende en 2015 (paragraphe\u00a010 ci-dessus) et \u00e0 une amende pour vol d\u2019importance mineure en 2016 (paragraphe\u00a012 ci-dessus). Au regard des multiples condamnations p\u00e9nales depuis 1999, la Cour accepte que les autorit\u00e9s suisses aient dispos\u00e9 d\u2019un certain int\u00e9r\u00eat d\u2019ordre public \u00e0 vouloir l\u2019expulser.<\/p>\n<p>53. Les autorit\u00e9s internes ont tent\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter la d\u00e9cision d\u2019expulsion (voir,\u00a0a\u00a0contrario,\u00a0Jeunesse, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a0116). Elles se sont toutefois heurt\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s li\u00e9es notamment \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019identit\u00e9 du requ\u00e9rant qui ne pr\u00e9sentait pas un passeport valable n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019acceptation du renvoi par l\u2019Iran (paragraphe\u00a08 ci-dessus) (Danelyan, d\u00e9cision pr\u00e9cit\u00e9e, \u00a7\u00a027). Or, ce dernier s\u2019est rendu ponctuellement en Iran (paragraphe\u00a030 ci-dessus) et il devait vraisemblablement disposer de son passeport \u00e0 la douane pour quitter le territoire Suisse et y rentrer \u00e0 l\u2019aller et au retour de ses voyages dans son pays. Il semble donc douteux que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur ait pris toutes les mesures possibles et n\u00e9cessaires pour se procurer le passeport du requ\u00e9rant et l\u2019expulser.<\/p>\n<p>54. Aussi, il convient de rappeler que les \u00e9trangers \u2013 et donc, en l\u2019esp\u00e8ce, le requ\u00e9rant \u2013 ont l\u2019obligation de se soumettre aux contr\u00f4les et aux proc\u00e9dures d\u2019immigration et de quitter le territoire de l\u2019\u00c9tat contractant concern\u00e9 lorsqu\u2019ils en re\u00e7oivent l\u2019ordre si l\u2019entr\u00e9e ou le s\u00e9jour sur ce territoire leur sont valablement refus\u00e9s (Jeunesse, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a0100). Le requ\u00e9rant a fait montre de mauvaise foi en s\u00e9journant ill\u00e9galement en Suisse depuis\u00a0vingt\u00a0ans et il a activement contrecarr\u00e9 l\u2019ex\u00e9cution de la d\u00e9cision d\u2019expulsion. Dans ce contexte, le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a not\u00e9 que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ne peut pas tirer des droits du fait qu\u2019il n\u2019a pas lui-m\u00eame respect\u00e9 l\u2019ordre juridique et les d\u00e9cisions finales (paragraphe\u00a016 ci-dessus).<\/p>\n<p>55. Le requ\u00e9rant s\u00e9journe en Suisse depuis environ cinquante-quatre\u00a0ans, si l\u2019on se place au moment de l\u2019ex\u00e9cution de la mesure litigieuse, comme le fait habituellement la Cour dans les affaires qu\u2019elle examine alors que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 (voir, mutatis mutandis, Maslov c.\u00a0Autriche [GC], no\u00a01638\/03, \u00a7\u00a091, CEDH\u00a02008, et Neulinger et Shuruk c.\u00a0Suisse [GC], no\u00a041615\/07, \u00a7\u00a0145, 6\u00a0juillet 2010).<\/p>\n<p>56. La dur\u00e9e de son s\u00e9jour en Suisse est manifestement tr\u00e8s longue. Il y avait pass\u00e9 environ\u00a0quarante-neuf\u00a0ann\u00e9es au moment o\u00f9 le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a rejet\u00e9 sa demande d\u2019autorisation de s\u00e9jour pour rentiers (paragraphe\u00a016 ci\u2011dessus), m\u00eame si sa pr\u00e9sence sur le territoire \u00e9tait ill\u00e9gale depuis seize\u00a0ans (paragraphe\u00a046 ci-dessus). D\u00e8s lors, la dur\u00e9e totale du s\u00e9jour du requ\u00e9rant ne peut pas se voir accorder le m\u00eame poids que s\u2019il y avait r\u00e9sid\u00e9 avec un permis de s\u00e9jour valable pendant toute la p\u00e9riode (Vasquez, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a045\u00a0; et comparer avec Pormes, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a064). N\u00e9anmoins, la Cour rappelle que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 a \u00e9tabli des liens \u00e9troits avec la Suisse depuis son s\u00e9jour l\u00e9gal de trente-trois\u00a0ans \u00e0 partir de son arriv\u00e9e dans le pays en 1969 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 29\u00a0ans (paragraphe\u00a046 ci-dessus). Il y a v\u00e9cu la plus grande majorit\u00e9 de sa vie durant laquelle il a eu deux fils qui vivent avec leurs cinq enfants en Suisse et dont il dit \u00eatre tr\u00e8s proche (paragraphe\u00a030 ci-dessus). Selon le Gouvernement, il ne prouve pas de mani\u00e8re approfondie avoir d\u2019autres relations sociales consid\u00e9rables et actuelles (paragraphe\u00a039 ci-dessus). Le requ\u00e9rant d\u00e9crit lui-m\u00eame que sa famille domicili\u00e9e en Suisse constitue \u00e0 son \u00e2ge le centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de sa vie priv\u00e9e, d\u2019autant plus qu\u2019on ne sait pas combien de temps il pourra vivre de mani\u00e8re ind\u00e9pendante dans son propre foyer m\u00eame s\u2019il n\u2019a pas de probl\u00e8me majeur de sant\u00e9 \u00e0 ce jour (paragraphe\u00a030 ci-dessus). Il ajoute cependant avoir une compagne suisse depuis\u00a0quatorze\u00a0ans et de nombreux amis proches, et avoir des relations avec des membres de l\u2019\u00e9quipe de volleyeurs dont il a \u00e9t\u00e9 l\u2019entra\u00eeneur (paragraphe\u00a030 ci-dessus).<\/p>\n<p>57. Par ailleurs, la Cour estime que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 a clairement d\u00e9montr\u00e9 par son comportement qu\u2019il s\u2019\u00e9tait int\u00e9gr\u00e9 au monde du travail en Suisse. Il y a exerc\u00e9 une activit\u00e9 professionnelle et il y b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une retraite (paragraphe\u00a031 ci-dessus).<\/p>\n<p>58. Selon le requ\u00e9rant, il n\u2019a plus de liens avec son pays d\u2019origine\u00a0; tous ses fr\u00e8res et s\u0153urs r\u00e9sidant en Iran sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s et il a perdu contact avec le seul membre de sa famille restant qui vivait aux \u00c9tats-Unis (paragraphe\u00a030 ci-dessus). \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019OM-AG et le Gouvernement soutiennent qu\u2019il y dispose d\u2019un r\u00e9seau familial, sans toutefois motiver ce constat en d\u00e9tail (paragraphes\u00a013 et\u00a040 ci-dessus).<\/p>\n<p>59. Il est incontestable que, m\u00eame s\u2019il est physiquement et \u00e9conomiquement ind\u00e9pendant, n\u2019a pas de probl\u00e8me de sant\u00e9 majeur et n\u2019est pas mari\u00e9, le requ\u00e9rant, qui est \u00e2g\u00e9 aujourd\u2019hui de 83\u00a0ans, se trouverait dans une situation compliqu\u00e9e s\u2019il \u00e9tait renvoy\u00e9 en Iran. Il se trouverait s\u00e9par\u00e9 de ses enfants et petits-enfants. Il serait sans doute expos\u00e9 \u00e0 des difficult\u00e9s de r\u00e9int\u00e9gration, sachant qu\u2019\u00e0 son \u00e2ge, il n\u2019est retourn\u00e9 que ponctuellement dans son pays d\u2019origine depuis 1969 et que selon ses dires il n\u2019y dispose plus de ses fr\u00e8res et s\u0153urs.<\/p>\n<p>60. La question-cl\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce est celle de savoir s\u2019il a \u00e9t\u00e9 m\u00e9nag\u00e9 un juste \u00e9quilibre entre les int\u00e9r\u00eats concurrents en jeu, \u00e0 savoir, d\u2019une part, l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel du requ\u00e9rant \u00e0 continuer \u00e0 r\u00e9sider en Suisse et \u00e0 y poursuivre sa vie priv\u00e9e et, d\u2019autre part, l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019ordre public de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur \u00e0 contr\u00f4ler l\u2019immigration, ou si au contraire, dans les circonstances de la pr\u00e9sente affaire, les autorit\u00e9s internes ont attribu\u00e9 un poids excessif \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et outrepass\u00e9 la marge d\u2019appr\u00e9ciation qui leur est reconnue en mati\u00e8re d\u2019immigration. La port\u00e9e de l\u2019obligation positive pour l\u2019\u00c9tat d\u2019admettre une personne \u00e9trang\u00e8re sur son sol d\u00e9pend de la\u00a0situation particuli\u00e8re de celle-ci et de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral (Pormes, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a054).<\/p>\n<p>61. La Cour consid\u00e8re que les circonstances entourant le cas du requ\u00e9rant doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme particuli\u00e8res (paragraphes\u00a056-59 ci-dessus). Au regard de celles-ci, elle estime que les consid\u00e9rations invoqu\u00e9es par les autorit\u00e9s nationales se rapportant aux pr\u00e9c\u00e9dentes d\u00e9cisions contraignantes pour le requ\u00e9rant de quitter le pays, \u00e0 son s\u00e9jour ill\u00e9gal sur le territoire depuis 2002 et \u00e0 ses condamnations ant\u00e9rieures pour de graves infractions p\u00e9nales peuvent certes \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des motifs pertinents, mais elles ne peuvent pas passer pour suffisantes compte tenu notamment de la dur\u00e9e totale extr\u00eamement longue de son s\u00e9jour en Suisse, de ses liens et du centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de sa vie dans ce pays d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablis pendant son s\u00e9jour l\u00e9gal, de son \u00e2ge avanc\u00e9, de l\u2019incertitude quant aux relations encore existantes dans son pays d\u2019origine, de l\u2019absence de graves infractions p\u00e9nales depuis 2005 et des efforts insuffisants des autorit\u00e9s nationales depuis plus de 20\u00a0ans pour l\u2019expulser.<\/p>\n<p>62. En outre, si le TA-AG, le 27\u00a0juin 2018, a fait un examen relativement circonstanci\u00e9 de la situation personnelle du requ\u00e9rant et des possibilit\u00e9s d\u2019octroi d\u2019un titre de s\u00e9jour pour d\u00e9cider du rejet de son recours (paragraphe\u00a014 ci-dessus), la Cour constate que le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral dans son arr\u00eat du 29\u00a0octobre 2018 (paragraphe\u00a016 ci-dessus) a rejet\u00e9 le recours du requ\u00e9rant sans s\u2019\u00eatre livr\u00e9 \u00e0 un examen approfondi des crit\u00e8res au regard de l\u2019article\u00a08 de la Convention et sans avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une mise en balance compl\u00e8te de tous les aspects pertinents de l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>63. Les consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent sont suffisantes pour permettre \u00e0 la Cour de conclure que les autorit\u00e9s internes, malgr\u00e9 leur marge d\u2019appr\u00e9ciation, dans les circonstances particuli\u00e8res de la pr\u00e9sente affaire n\u2019ont pas d\u00e9montr\u00e9 avoir m\u00e9nag\u00e9 un juste \u00e9quilibre entre les int\u00e9r\u00eats concurrents en jeu, mais ont plut\u00f4t attribu\u00e9 un poids excessif \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral en refusant d\u2019accorder au requ\u00e9rant une autorisation de s\u00e9jour pour rentiers.<\/p>\n<p>64. Partant, il y a eu violation de l\u2019article\u00a08 de la Convention.<\/p>\n<p><strong>II. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE\u00a013 COMBIN\u00c9 AVEC L\u2019ARTICLE\u00a08 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>65. Le requ\u00e9rant se plaint de ne pas avoir dispos\u00e9 d\u2019un recours effectif pour se plaindre de l\u2019atteinte \u00e0 son droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale.<\/p>\n<p>66. Il invoque l\u2019article\u00a013 de la Convention, qui est ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Toute personne dont les droits et libert\u00e9s reconnus dans la (&#8230;) Convention ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s, a droit \u00e0 l\u2019octroi d\u2019un recours effectif devant une instance nationale, alors m\u00eame que la violation aurait \u00e9t\u00e9 commise par des personnes agissant dans l\u2019exercice de leurs fonctions officielles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>67. Eu \u00e9gard au constat relatif \u00e0 l\u2019article\u00a08 de la Convention, la Cour ne juge pas n\u00e9cessaire de statuer s\u00e9par\u00e9ment sur la recevabilit\u00e9 ou le fond du grief soulev\u00e9 sur le terrain de l\u2019article\u00a013 de la Convention combin\u00e9 avec l\u2019article\u00a08.<\/p>\n<p><strong>III. SUR L\u2019APPLICATION DE L\u2019ARTICLE\u00a041 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>68. Aux termes de l\u2019article\u00a041 de la Convention\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si la Cour d\u00e9clare qu\u2019il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d\u2019effacer qu\u2019imparfaitement les cons\u00e9quences de cette violation, la Cour accorde \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e, s\u2019il y a lieu, une satisfaction \u00e9quitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Dommage<\/strong><\/p>\n<p>69. Le requ\u00e9rant demande 25\u00a0000\u00a0euros\u00a0(EUR) au titre du pr\u00e9judice moral qu\u2019il estime avoir subi.<\/p>\n<p>70. Le Gouvernement estime que conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence constante de la Cour dans des affaires concernant la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019une expulsion sous l\u2019angle de l\u2019article\u00a08 de la Convention, le simple constat de violation du grief all\u00e9gu\u00e9 constituerait une satisfaction \u00e9quitable (Udeh c.\u00a0Suisse, no\u00a012020\/09, \u00a7\u00a062, 16\u00a0avril 2013).<\/p>\n<p>71. La Cour n\u2019exclut pas que le requ\u00e9rant \u00e9prouve un pr\u00e9judice moral. En tout \u00e9tat de cause, elle partage l\u2019avis du Gouvernement et estime qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut d\u2019une mise en ex\u00e9cution de l\u2019ordre d\u2019expulsion, le constat de violation de l\u2019article\u00a08 de la Convention par la Cour constitue une satisfaction \u00e9quitable suffisante.<\/p>\n<p><strong>B. Frais et d\u00e9pens<\/strong><\/p>\n<p>72. Le requ\u00e9rant demande le remboursement de la somme de\u00a06\u00a0604,75\u00a0CHF pour la proc\u00e9dure devant la Cour.<\/p>\n<p>73. Pour le Gouvernement, compte tenu des documents en sa possession et du fait qu\u2019un requ\u00e9rant ne peut obtenir le remboursement de ses frais et d\u00e9pens que dans la mesure o\u00f9 se trouvent \u00e9tablis leur r\u00e9alit\u00e9, leur n\u00e9cessit\u00e9 et le caract\u00e8re raisonnable de leur taux, la quantit\u00e9 de travail effectu\u00e9 en juillet\u00a02020 ne saurait \u00eatre qualifi\u00e9e de n\u00e9cessaire, ni raisonnable. Ainsi, l\u2019octroi d\u2019un montant de 4\u00a0000\u00a0CHF au titre des frais et d\u00e9pens serait appropri\u00e9.<\/p>\n<p>74. Selon la jurisprudence de la Cour, un requ\u00e9rant ne peut obtenir le remboursement de ses frais et d\u00e9pens que dans la mesure o\u00f9 se trouvent \u00e9tablis leur r\u00e9alit\u00e9, leur n\u00e9cessit\u00e9 et le caract\u00e8re raisonnable de leur taux. Tel est le cas en l\u2019esp\u00e8ce, les notes d\u2019honoraires produites en ce qui concerne la proc\u00e9dure devant la Cour indiquant notamment le nombre d\u2019heures de travail et le tarif horaire r\u00e9clam\u00e9. La Cour estime donc raisonnable la somme de\u00a06\u00a0425\u00a0EUR au titre des frais et d\u00e9pens, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, le grief concernant l\u2019article\u00a08 recevable\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article\u00a08 de la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019examiner la recevabilit\u00e9 ou le fond du grief pr\u00e9sent\u00e9 sur le terrain de l\u2019article\u00a013 de la Convention combin\u00e9 avec l\u2019article\u00a08\u00a0;<\/p>\n<p>4. Dit, par six voix contre une, que le constat d\u2019une violation de l\u2019article\u00a08 constitue en soi une satisfaction \u00e9quitable suffisante pour tout dommage moral pouvant avoir \u00e9t\u00e9 subi par le requ\u00e9rant\u00a0;<\/p>\n<p>5. Dit \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9,<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser au requ\u00e9rant, dans un d\u00e9lai de trois mois \u00e0 compter de la date \u00e0 laquelle l\u2019arr\u00eat sera devenu d\u00e9finitif conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article\u00a044\u00a0\u00a7\u00a02 de la Convention, 6\u00a0425\u00a0EUR (six\u00a0mille quatre cent vingt-cinq euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme par le requ\u00e9rant \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour frais et d\u00e9pens, \u00e0 convertir dans la monnaie de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur au taux applicable \u00e0 la date du r\u00e8glement\u00a0;<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ce montant sera \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage\u00a0;<\/p>\n<p>6. Rejette, par six voix contre une, le surplus de la demande de satisfaction \u00e9quitable.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 9 mai 2023, en application de l\u2019article\u00a077\u00a0\u00a7\u00a7\u00a02 et\u00a03 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Olga Chernishova \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pere Pastor Vilanova<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pr\u00e9sident<\/p>\n<p>____________<\/p>\n<p>Au pr\u00e9sent arr\u00eat se trouve joint, conform\u00e9ment aux articles\u00a045 \u00a7\u00a02 de la Convention et 74 \u00a7\u00a02 du r\u00e8glement, l\u2019expos\u00e9 de l\u2019opinion s\u00e9par\u00e9e du juge Serghides.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">P.P.V.<br \/>\nO.C.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>OPINION EN PARTIE DISSIDENTE DU JUGE SERGHIDES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">(Traduction)<\/p>\n<p>1. J\u2019ai vot\u00e9 en faveur de tous les points du dispositif, \u00e0 l\u2019exception des points 4 et 6, selon lesquels le constat d\u2019une violation constitue en soi une satisfaction \u00e9quitable suffisante pour tout dommage moral pouvant avoir \u00e9t\u00e9 subi par le requ\u00e9rant (voir aussi le paragraphe\u00a071 de l\u2019arr\u00eat).<\/p>\n<p>2. Je rappelle que l\u2019article\u00a041 de la Convention, tel qu\u2019il est libell\u00e9, ne saurait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme signifiant que \u00ab\u00a0le constat d\u2019une violation d\u2019une disposition de la Convention\u00a0\u00bb peut en lui-m\u00eame constituer une \u00ab\u00a0satisfaction \u00e9quitable\u00a0\u00bb suffisante pour \u00ab\u00a0la partie l\u00e9s\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00e9tant donn\u00e9 que le premier \u00e9l\u00e9ment constitue une condition pr\u00e9alable au second et que l\u2019on ne peut pas consid\u00e9rer que les deux sont \u00e9quivalents (voir, dans le m\u00eame sens, les paragraphes\u00a014 \u00e0 19 de mon opinion en partie concordante et en partie dissidente jointe \u00e0 l\u2019arr\u00eat L.B. c.\u00a0Hongrie [GC], no\u00a036345\/16, 9\u00a0mars 2023, ainsi que d\u2019autres opinions s\u00e9par\u00e9es mentionn\u00e9es au paragraphe\u00a015 de l\u2019opinion pr\u00e9cit\u00e9e, notamment mon opinion en partie dissidente commune avec le juge Felici jointe \u00e0 l\u2019arr\u00eat Grz\u0119da c.\u00a0Pologne [GC], no\u00a043572\/18, 15\u00a0mars 2022).<\/p>\n<p>3. Au demeurant, ind\u00e9pendamment de la justesse ou non de la lecture de l\u2019article\u00a041 expos\u00e9e ci-dessus, j\u2019aurais en tout \u00e9tat de cause accord\u00e9 une indemnit\u00e9 pour dommage moral au requ\u00e9rant, car j\u2019estime que, dans les circonstances particuli\u00e8res de l\u2019esp\u00e8ce, il devait recevoir une satisfaction \u00e9quitable \u00e0 ce titre.<\/p>\n<p>4. Refuser d\u2019allouer au requ\u00e9rant une indemnit\u00e9 pour le dommage moral issu de la violation de son droit garanti \u00e9quivaut selon moi \u00e0 rendre illusoire et fictive la protection de ce droit (voir, dans ce sens, les opinions cit\u00e9es au paragraphe\u00a02 ci-dessus de la pr\u00e9sente opinion). Cela va \u00e0 l\u2019encontre de la jurisprudence de la Cour, qui dit que la protection des droits de l\u2019homme doit \u00eatre \u00e0 la fois concr\u00e8te et effective, et non th\u00e9orique et illusoire (Artico c.\u00a0Italie, 13\u00a0mai 1980, \u00a7\u00a7\u00a033 et 47-48, s\u00e9rie A no\u00a037).<\/p>\n<p>5. Par cons\u00e9quent, j\u2019aurais accord\u00e9 au requ\u00e9rant une satisfaction \u00e9quitable pour dommage moral au titre de l\u2019article\u00a041 de la Convention. Puisque je me trouve dans la minorit\u00e9, je ne suis toutefois pas tenu de d\u00e9terminer quelle somme il aurait fallu lui allouer.<\/p>\n<p>6. Pour les raisons qui pr\u00e9c\u00e8dent, j\u2019ai vot\u00e9 contre les points 4 et 6 du dispositif de l\u2019arr\u00eat.<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1987\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1987&text=AFFAIRE+GHADAMIAN+c.+SUISSE+%E2%80%93+21768%2F19\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1987&title=AFFAIRE+GHADAMIAN+c.+SUISSE+%E2%80%93+21768%2F19\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1987&description=AFFAIRE+GHADAMIAN+c.+SUISSE+%E2%80%93+21768%2F19\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TROISI\u00c8ME SECTION AFFAIRE GHADAMIAN c. 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