{"id":172,"date":"2020-12-03T17:23:57","date_gmt":"2020-12-03T17:23:57","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=172"},"modified":"2020-12-03T17:24:21","modified_gmt":"2020-12-03T17:24:21","slug":"zao-td-setunskaya-c-russie-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=172","title":{"rendered":"ZAO TD SETUNSKAYA c. RUSSIE (Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme) Requ\u00eate no 2607\/14"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">TROISI\u00c8ME SECTION<br \/>\nD\u00c9CISION<br \/>\nRequ\u00eate no 2607\/14<br \/>\nZAO TD SETUNSKAYA<br \/>\ncontre la Russie<\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (troisi\u00e8me section), si\u00e9geant le 10 novembre 2020 en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0:<!--more--><\/p>\n<p>Georgios A. Serghides, pr\u00e9sident,<\/p>\n<p>Georges Ravarani,<\/p>\n<p>Mar\u00eda El\u00f3segui, juges,<\/p>\n<p>et de Olga Chernishova, greffi\u00e8re adjointe de section,<\/p>\n<p>Vu la requ\u00eate susmentionn\u00e9e introduite le 31 d\u00e9cembre 2013,<\/p>\n<p>Vu les observations soumises par le gouvernement d\u00e9fendeur et celles pr\u00e9sent\u00e9es en r\u00e9ponse par la partie requ\u00e9rante,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend la d\u00e9cision suivante\u00a0:<\/p>\n<p><strong>EN FAIT<\/strong><\/p>\n<p>1. La requ\u00e9rante, ZAO TD Setunskaya, est une soci\u00e9t\u00e9 par actions de droit russe ayant son si\u00e8ge \u00e0 Moscou. Elle a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e devant la Cour par Me\u00a0V. Yeremenko et Me\u00a0V. Berger, avocats exer\u00e7ant \u00e0 Moscou et Paris.<\/p>\n<p>2. Le gouvernement russe (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb) a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par M.\u00a0M. Galperine, repr\u00e9sentant de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie aupr\u00e8s de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<\/p>\n<p><strong>A. Les circonstances de l\u2019esp\u00e8ce<\/strong><\/p>\n<p>3. \u00c0 la date de l\u2019introduction de la pr\u00e9sente requ\u00eate, la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante \u00e9tait d\u00e9tenue \u00e0 100 % par la soci\u00e9t\u00e9 Estimanco Limited ayant son si\u00e8ge \u00e0 Chypre et appartenant \u00e0 Mme Batourina, veuve de l\u2019ancien maire de Moscou (en fonction entre 1992 et 2010).<\/p>\n<p>4. Les faits de la cause, tels qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s par les parties, peuvent se r\u00e9sumer comme suit.<\/p>\n<p><em>1. Les projets de mise \u00e0 disposition des ambassades \u00e9trang\u00e8res de certains terrains situ\u00e9s \u00e0 Moscou<\/em><\/p>\n<p>5. En 1984, 1989 et 1991, le Gouvernement de l\u2019URSS conclut trois accords respectifs avec Cuba, l\u2019Inde et la Chine (\u00ab\u00a0les accords bilat\u00e9raux\u00a0\u00bb) pr\u00e9voyant la mise \u00e0 disposition des ambassades de ces \u00c9tats trois parcelles de terrain. Ces parcelles, mesurant respectivement 4,6, 5,787 et 6\u00a0hectares et se situant \u00e0 Moscou, rue Starovolynska\u00efa, obtinrent ult\u00e9rieurement les num\u00e9ros cadastraux se terminant par 007 (pour l\u2019Inde), 008 (pour Cuba) et 009 (pour la Chine) (\u00ab\u00a0les parcelles nos 007, 008 et 009\u00a0\u00bb). Leurs emplacements furent indiqu\u00e9s sur les plans annex\u00e9s aux accords bilat\u00e9raux.<\/p>\n<p>6. Le 22 novembre 1993, le pr\u00e9sident de Russie adopta un d\u00e9cret (\u00ab\u00a0le\u00a0d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel\u00a0\u00bb) proclamant que les terrains affect\u00e9s \u00e0 la construction d\u2019ambassades \u00e9trang\u00e8res \u00e9taient propri\u00e9t\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale. Les parcelles indiqu\u00e9es au paragraphe 5 ci-dessus, pr\u00e9vues pour les ambassades de Cuba, de l\u2019Inde et de la Chine, figuraient dans l\u2019annexe au d\u00e9cret.<\/p>\n<p>7. Le 10 septembre 2001, le comit\u00e9 foncier de Moscou adopta un acte de r\u00e9servation de la parcelle no\u00a0007 pour l\u2019ambassade de l\u2019Inde, annex\u00e9 d\u2019un plan de la parcelle. En 2013, l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale de gestion du patrimoine f\u00e9d\u00e9ral (\u00ab\u00a0l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale\u00a0\u00bb) conf\u00e9ra \u00e0 l\u2019ambassade de l\u2019Inde le droit d\u2019usage permanent de la parcelle no\u00a0007. En\u00a02014, l\u2019ambassade de l\u2019Inde enregistra son droit d\u2019usage au registre unifi\u00e9 des droits immobiliers (\u00ab\u00a0le registre unifi\u00e9\u00a0\u00bb). En 2015, l\u2019Inde installa sur la parcelle une plaque comm\u00e9morative et un stand indiquant que la parcelle \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 l\u2019ambassade indienne.<\/p>\n<p>8. En 2013, l\u2019\u00c9tat enregistra son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur les parcelles nos\u00a0008 et 009 au registre unifi\u00e9.<\/p>\n<p><em>2. La privatisation de terrains agricoles et l\u2019acquisition d\u2019une parcelle par la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante<\/em><\/p>\n<p>9. \u00c0 l\u2019\u00e9poque de l\u2019URSS, lorsque les terrains ne pouvaient pas faire l\u2019objet de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, il existait dans la r\u00e9gion de Moscou (village de Vyroubovo, district d\u2019Odintsovo) un sovkhoz d\u00e9nomm\u00e9 Matve\u00efevski. \u00c0\u00a0cette \u00e9poque, et ce, jusqu\u2019en 1990, selon certains documents du dossier, le sovkhoz exploitait des terres agricoles dans le district d\u2019Odintsovo et \u00e0 Moscou.<\/p>\n<p>10. En avril 1991, le sovkhoz devint l\u2019entreprise agricole (\u0442\u043e\u0432\u0430\u0440\u0438\u0449\u0435\u0441\u0442\u0432\u043e \u0441 \u043e\u0433\u0440\u0430\u043d\u0438\u0447\u0435\u043d\u043d\u043e\u0439 \u043e\u0442\u0432\u0435\u0442\u0441\u0442\u0432\u0435\u043d\u043d\u043e\u0441\u0442\u044c\u044e \u043a\u043e\u043b\u043b\u0435\u043a\u0442\u0438\u0432\u043d\u043e\u0435 \u0441\u0435\u043b\u044c\u0441\u043a\u043e\u0445\u043e\u0437\u044f\u0439\u0441\u0442\u0432\u0435\u043d\u043d\u043e\u0435 \u043f\u0440\u0435\u0434\u043f\u0440\u0438\u044f\u0442\u0438\u0435) Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9.<\/p>\n<p>11. Le 4 juin 1992, le comit\u00e9 de la r\u00e9forme fonci\u00e8re d\u00e9livra \u00e0 Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 un certificat de propri\u00e9t\u00e9 stipulant qu\u2019elle \u00e9tait propri\u00e9taire de 1\u00a0301 hectares de terrains agricoles non pr\u00e9cis\u00e9s, sur le fondement d\u2019une d\u00e9cision du chef de l\u2019administration du district d\u2019Odintsovo qui ne comportait ni date ni num\u00e9ro.<\/p>\n<p>12. Selon un certificat d\u00e9livr\u00e9 le 16 novembre 1992 par le comit\u00e9 de la r\u00e9forme fonci\u00e8re, une parcelle agricole de 26\u00a0hectares situ\u00e9e \u00e0 Moscou, \u00e0 l\u2019Est de la rue Minska\u00efa, \u00e9tait exploit\u00e9e depuis 1960 par Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9.<\/p>\n<p>13. En octobre 1993, \u00e0 l\u2019issue de la proc\u00e9dure de privatisation, l\u2019entreprise Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 devint une soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e par actions. Selon le plan de privatisation, Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 avait 862 hectares de terrains, et selon ses statuts, 1\u00a0301 hectares de terrains non pr\u00e9cis\u00e9s faisaient partie de son capital social.<\/p>\n<p>14. Entre d\u00e9cembre 2002 et f\u00e9vrier 2003, la soci\u00e9t\u00e9 Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 cr\u00e9a et devint l\u2019associ\u00e9e unique de cinq soci\u00e9t\u00e9s, dont la requ\u00e9rante. Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 apporta au capital social de cette derni\u00e8re une parcelle agricole de 24,4 hectares, situ\u00e9e \u00e0 Moscou, \u00e0 l\u2019intersection des rues Starovolynska\u00efa et Minska\u00efa et portant le num\u00e9ro cadastral se terminant par 002 (\u00ab\u00a0parcelle no\u00a0002\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0parcelle litigieuse\u00a0\u00bb). Cette parcelle engloba les parcelles nos\u00a0007, 008 et 009 destin\u00e9es aux ambassades \u00e9trang\u00e8res (paragraphe 5 ci-dessus).<\/p>\n<p>15. Le 25 avril 2003, Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 enregistra dans le registre unifi\u00e9 son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur la parcelle no 002. L\u2019enregistrement se fit sur le fondement du certificat dat\u00e9 du 4 juin 1992 (paragraphe 11 ci-dessus), des diff\u00e9rentes d\u00e9cisions des autorit\u00e9s relatives \u00e0 la privatisation, de trois jugements du tribunal de commerce de Moscou sans rapport avec la parcelle en cause, ainsi que d\u2019un plan parcellaire du 6 f\u00e9vrier 2003 \u00e9tabli par le comit\u00e9 foncier de Moscou. Selon ce plan, la parcelle se situait sur le territoire du parc naturel Vall\u00e9e de la rivi\u00e8re S\u00e9toun et \u00e9tait affect\u00e9e \u00e0 un usage agricole.<\/p>\n<p>16. Selon le certificat de propri\u00e9t\u00e9, la parcelle no 002 \u00e9tait \u00e0 la fois une parcelle urbaine et une parcelle \u00ab\u00a0des entit\u00e9s agricoles\u00a0\u00bb (\u0437\u0435\u043c\u043b\u0438 \u043f\u043e\u0441\u0435\u043b\u0435\u043d\u0438\u0439, \u0437\u0435\u043c\u043b\u0438 \u0441\u0435\u043b\u044c\u0441\u043a\u043e\u0445\u043e\u0437\u044f\u0439\u0441\u0442\u0432\u0435\u043d\u043d\u044b\u0445 \u0443\u0447\u0440\u0435\u0436\u0434\u0435\u043d\u0438\u0439 \u0438 \u043f\u0440\u0435\u0434\u043f\u0440\u0438\u044f\u0442\u0438\u0439).<\/p>\n<p>17. Le 12 ao\u00fbt 2003, la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante enregistra son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur la parcelle litigieuse dans le registre unifi\u00e9 en pr\u00e9sentant un acte translatif de propri\u00e9t\u00e9 de sa soci\u00e9t\u00e9-m\u00e8re.<\/p>\n<p>18. Le 6 novembre et le 18 d\u00e9cembre 2003, l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale s\u2019adressa au Parquet g\u00e9n\u00e9ral et au minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res en exprimant son inqui\u00e9tude li\u00e9e \u00e0 une possible illic\u00e9it\u00e9 de l\u2019enregistrement du droit de propri\u00e9t\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante sur la parcelle litigieuse et \u00e0 une impossibilit\u00e9 d\u2019enregistrer le droit de propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00c9tat sur les terrains destin\u00e9s aux ambassades \u00e9trang\u00e8res. Par une lettre non dat\u00e9e, l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale et le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res se plaignirent aupr\u00e8s du Premier Ministre en indiquant que le comit\u00e9 foncier de Moscou entravait la d\u00e9livrance des plans cadastraux des parcelles mises \u00e0 disposition des ambassades et que l\u2019autorit\u00e9 charg\u00e9e de l\u2019enregistrement \u00e0 Moscou bloquait l\u2019enregistrement du droit de propri\u00e9t\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale sur ces parcelles.<\/p>\n<p>19. Le 23 octobre 2008, apr\u00e8s \u00eatre devenue une soci\u00e9t\u00e9 par actions, la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante enregistra une nouvelle fois son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur la parcelle dans le registre unifi\u00e9 en tant que parcelle urbaine affect\u00e9e \u00e0 un usage agricole.<\/p>\n<p><em>3. Le projet de construction sur la parcelle no\u00a0002<\/em><\/p>\n<p>20. Le 27 avril 2004, le maire de Moscou adopta l\u2019arr\u00eat\u00e9 no\u00a0815-RP relatif \u00e0 l\u2019utilisation ult\u00e9rieure de la parcelle en cause. L\u2019arr\u00eat\u00e9 fut ainsi libell\u00e9 en sa partie pertinente\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aux fins du r\u00e8glement des rapports fonciers sur les terres agricoles et de mise desdits rapports en conformit\u00e9 avec le code foncier et le code de la construction\u00a0:<\/p>\n<p>1. \u00c0 exclure la parcelle [litigieuse] des terres agricoles, conform\u00e9ment au plan, l\u2019usage de celle-ci aux fins agricoles \u00e9tant devenu \u00e9conomiquement inappropri\u00e9 compte tenu de la construction urbaine. Le type d\u2019affectation de la parcelle serait \u00e0 d\u00e9finir ult\u00e9rieurement conform\u00e9ment au plan d\u2019urbanisme. (&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>21. Le 14 d\u00e9cembre 2004, la soci\u00e9t\u00e9 Inteko, pr\u00e9sid\u00e9e par Mme\u00a0Batourina, et la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante conclurent un avant-contrat d\u2019investissement pr\u00e9voyant une construction sur la parcelle no 002. Ult\u00e9rieurement, elles conclurent un contrat d\u2019investissement relatif \u00e0 la construction d\u2019un multiplexe sur cette parcelle.<\/p>\n<p>22. Entre 2008 et 2009, le maire, l\u2019administration et le comit\u00e9 d\u2019architecture de Moscou adopt\u00e8rent diff\u00e9rents actes relatifs \u00e0 la construction sur la parcelle en cause. \u00c0 une date non\u00a0pr\u00e9cis\u00e9e dans le dossier, les autorit\u00e9s moscovites modifi\u00e8rent le type d\u2019affectation de la parcelle et elle fut ainsi destin\u00e9e \u00e0 la construction d\u2019un multiplexe.<\/p>\n<p>23. En novembre 2010, le nouveau maire de Moscou annula l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 27\u00a0avril 2004 et les actes relatifs au projet de construction (paragraphes 20 et 22 ci-dessus), afin de mettre ceux-ci en conformit\u00e9 avec la l\u00e9gislation f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p><em>4. Le contentieux relatif aux parcelles<\/em><\/p>\n<p>a) L\u2019action en reconnaissance du droit de propri\u00e9t\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale<\/p>\n<p>24. \u00c0 une date non pr\u00e9cis\u00e9e dans le dossier, en 2004, l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale assigna la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante en justice. Elle demandait l\u2019annulation (\u043f\u0440\u0438\u0437\u043d\u0430\u0442\u044c \u043d\u0435\u0434\u0435\u0439\u0441\u0442\u0432\u0438\u0442\u0435\u043b\u044c\u043d\u044b\u043c) du droit de propri\u00e9t\u00e9 de celle-ci sur un terrain de 16,38 hectares, compos\u00e9 des parcelles nos 007, 008 et 009 incluses dans la parcelle no 002, et la d\u00e9claration que l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tait propri\u00e9taire de ce terrain. La demanderesse arguait que ces parcelles \u00e9taient destin\u00e9es aux ambassades \u00e9trang\u00e8res et ne pouvaient pas \u00eatre privatis\u00e9es.<\/p>\n<p>25. Le 2 septembre 2004, lorsque l\u2019affaire \u00e9tait pendante devant le tribunal de commerce de Moscou, le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res indiqua \u00e0 l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale que l\u2019action en justice ne pr\u00e9sentait pas d\u2019int\u00e9r\u00eat (\u043d\u0435\u0446\u0435\u043b\u0435\u0441\u043e\u043e\u0431\u0440\u0430\u0437\u043d\u043e) car l\u2019administration de Moscou examinait une possibilit\u00e9 de mettre \u00e0 disposition des ambassades d\u2019autres parcelles.<\/p>\n<p>26. Le 29\u00a0septembre 2004, le tribunal de commerce de Moscou homologua le d\u00e9sistement de l\u2019action de l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale et mit fin \u00e0 l\u2019instance.<\/p>\n<p>b) L\u2019action en revendication des parcelles<\/p>\n<p>27. Le 9 ao\u00fbt 2010, l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale forma une action en revendication, au profit de l\u2019\u00c9tat, des parcelles nos 007, 008 et 009. Par un jugement du 16\u00a0juillet 2012, le tribunal de commerce de Moscou accueillit cette action.<\/p>\n<p>28. Quant \u00e0 la prescription extinctive, le tribunal renvoya \u00e0 l\u2019article\u00a093.4\u00a0\u00a7 4 du code budg\u00e9taire (paragraphe 39 ci-dessous) pour conclure que la prescription ne s\u2019appliquait pas en l\u2019esp\u00e8ce. Sur le fond, il consid\u00e9ra que la privatisation de la parcelle no 002 avait \u00e9t\u00e9 entach\u00e9e d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s \u00e9tant donn\u00e9 que le chef de l\u2019administration du district d\u2019Odintsovo ne pouvait pas attribuer de terrains en dehors de son district, car la d\u00e9cision de celui-ci manquait de mentions obligatoires \u2013 date et num\u00e9ro -, et du fait que les jugements pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de la demande d\u2019enregistrement ne concernaient pas la parcelle litigieuse. Par ailleurs, il estima que cette privatisation avait \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e en violation des accords bilat\u00e9raux et du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p>29. Le 11 octobre 2012, la 9\u00e8me cour d\u2019appel de commerce confirma le jugement. Le 12 f\u00e9vrier 2013, la cour f\u00e9d\u00e9rale de commerce de la circonscription de Moscou rejeta le pourvoi en cassation de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante et de la soci\u00e9t\u00e9 Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9. Le 4 juillet 2013, la Cour sup\u00e9rieure de commerce refusa de transmettre les pourvois en r\u00e9vision des deux soci\u00e9t\u00e9s pour examen par son pr\u00e9sidium.<\/p>\n<p>c) Le recours en invalidit\u00e9 du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel<\/p>\n<p>30. Le 7 septembre 2012, la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante forma devant la Cour supr\u00eame un recours en invalidit\u00e9 du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel en arguant que celui\u2011ci avait constitu\u00e9 un fondement pour la privation de son droit de propri\u00e9t\u00e9, alors qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9.<\/p>\n<p>31. Par un jugement du 9 novembre 2012, la Cour supr\u00eame rejeta le recours aux motifs que le d\u00e9cret avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 conform\u00e9ment aux accords bilat\u00e9raux, qu\u2019il n\u2019avait pas de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et que, contenant des informations secr\u00e8tes, il ne devait pas \u00eatre publi\u00e9.<\/p>\n<p>32. Le 22 janvier 2013, la chambre d\u2019appel de la Cour supr\u00eame confirma le jugement du 9 novembre 2012. Elle estima que les accords bilat\u00e9raux avaient bien constitu\u00e9 la base l\u00e9gale pour la revendication des parcelles au profit de l\u2019\u00c9tat, et non le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel, que de plus, ces parcelles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 propri\u00e9t\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale avant l\u2019adoption du d\u00e9cret.<\/p>\n<p>d) L\u2019action en indemnisation du pr\u00e9judice<\/p>\n<p>33. Le 23 septembre 2013, la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante forma une action en indemnisation du pr\u00e9judice contre l\u2019\u00c9tat. Elle all\u00e9guait que les actions et omissions des autorit\u00e9s lui avaient caus\u00e9 un pr\u00e9judice p\u00e9cuniaire. La soci\u00e9t\u00e9 Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 fut appel\u00e9e \u00e0 la proc\u00e9dure comme tierce partie.<\/p>\n<p>34. Par un jugement du 12 juillet 2016, le tribunal de commerce de Moscou rejeta l\u2019action. Il conclut \u00e0 la nullit\u00e9 de la privatisation et des transactions ult\u00e9rieures \u00e0 l\u2019\u00e9gard des parcelles nos 007, 008 et 009 et \u00e0 l\u2019absence d\u2019un quelconque droit l\u00e9gitime de la demanderesse sur ces parcelles, qui aurait pu \u00eatre susceptible d\u2019\u00eatre viol\u00e9.<\/p>\n<p>35. Le 26 octobre 2016, la 9\u00e8me cour de commerce d\u2019appel confirma le jugement. En rejetant l\u2019argument de l\u2019appelante selon lequel les accords bilat\u00e9raux n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s et que Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 ignorait leur existence, la 9\u00e8me cour renvoya aux documents du dossier d\u00e9montrant le contraire. Il s\u2019agissait d\u2019un protocole d\u2019une r\u00e9union du 29 d\u00e9cembre 1983 relative aux emplacements r\u00e9serv\u00e9s pour les ambassades \u00e9trang\u00e8res, lors de laquelle il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 d\u2019attribuer aux ambassades un terrain de 28\u00a0hectares exploit\u00e9 par le sovkhoz Matve\u00efevski le long de la rue Starovolynska\u00efa. Un repr\u00e9sentant du sovkhoz \u00e9tait alors pr\u00e9sent \u00e0 cette r\u00e9union. La 9\u00e8me cour renvoya \u00e9galement \u00e0 une lettre dat\u00e9e du 19 novembre 1984 du sovkhoz consentant \u00e0 l\u2019affectation du terrain susmentionn\u00e9 \u00e0 la construction de b\u00e2timents pour les ambassades.<\/p>\n<p>36. La 9\u00e8me cour conclut que l\u2019appelante, bien qu\u2019\u00e9tant inform\u00e9e de l\u2019existence des accords bilat\u00e9raux conclus ant\u00e9rieurement \u00e0 la privatisation du sovkhoz, avait malgr\u00e9 tout pr\u00e9vu, \u00e0 ses risques et p\u00e9rils, un projet de construction sur la parcelle litigieuse. Elle ajouta que la mise en \u0153uvre des accords bilat\u00e9raux avait \u00e9t\u00e9 entrav\u00e9e par les agissements de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante et de son pr\u00e9d\u00e9cesseur qui avaient conserv\u00e9 la possession des parcelles nos\u00a0007, 008 et 009.<\/p>\n<p>37. La soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante se pourvut en cassation. Dans ses conclusions de cassation, la soci\u00e9t\u00e9 Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 confirma que sovkhoz savait que la parcelle litigieuse devait \u00eatre affect\u00e9e aux ambassades. Le 6\u00a0f\u00e9vrier 2017, la cour de commerce de la circonscription de Moscou rejeta le pourvoi en cassation de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante.<\/p>\n<p>38. Le 29\u00a0mai 2017, la cour supr\u00eame de Russie refusa de transmettre le pourvoi en cassation de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante \u00e0 l\u2019examen de sa chambre commerciale.<\/p>\n<p><strong>B. Le droit interne pertinent<\/strong><\/p>\n<p>39. Selon l\u2019article 196 du code civil, le d\u00e9lai de la prescription extinctive de droit commun est de trois ans. Selon l\u2019article 93.4 \u00a7 4 du code budg\u00e9taire, dans sa r\u00e9daction en vigueur entre 2008 et 2013, la prescription extinctive ne s\u2019appliquait pas aux pr\u00e9tentions de l\u2019\u00c9tat n\u00e9es du fait de la mise en place ou de l\u2019ex\u00e9cution par l\u2019\u00c9tat de ses garanties. La loi f\u00e9d\u00e9rale no\u00a0205-FZ du 24 novembre 2008 \u00e9nonce que l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9 93.4\u00a0\u00a7\u00a04 s\u2019applique r\u00e9troactivement.<\/p>\n<p>40. Selon les articles 150 et 151 du code de proc\u00e9dure commerciale, si le tribunal accepte un d\u00e9sistement de l\u2019action, il rend une d\u00e9cision mettant fin \u00e0 l\u2019instance. Dans ce cas, il n\u2019est plus possible de former d\u2019action concernant les m\u00eames parties, ayant le m\u00eame objet et la m\u00eame cause.<\/p>\n<p>41. Selon l\u2019article 7 du code foncier, en vigueur depuis 2001, il existe en Russie sept cat\u00e9gories de terrains, dont les terrains urbains (\u0437\u0435\u043c\u043b\u0438 \u043f\u043e\u0441\u0435\u043b\u0435\u043d\u0438\u0439, \u043d\u0430\u0441\u0435\u043b\u0435\u043d\u043d\u044b\u0445 \u043f\u0443\u043d\u043a\u0442\u043e\u0432) et les terrains agricoles (\u0437\u0435\u043c\u043b\u0438 \u0441\u0435\u043b\u044c\u0441\u043a\u043e\u0445\u043e\u0437\u044f\u0439\u0441\u0442\u0432\u0435\u043d\u043d\u043e\u0433\u043e \u043d\u0430\u0437\u043d\u0430\u0447\u0435\u043d\u0438\u044f). Le droit russe ne contient et ne contenait pas de notion de \u00ab\u00a0terrains des entit\u00e9s agricoles\u00a0\u00bb, et il ne pr\u00e9voit pas de possibilit\u00e9 pour un m\u00eame terrain de relever de diff\u00e9rentes cat\u00e9gories.<\/p>\n<p><strong>GRIEF<\/strong><\/p>\n<p>42. Invoquant l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention, la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante se plaint d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, sans aucune indemnisation, de 16,38\u00a0hectares de terrain inclus dans sa parcelle no\u00a0002.<\/p>\n<p><strong>EN DROIT<\/strong><\/p>\n<p>43. La soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante d\u00e9nonce une violation de son droit au respect de ses biens. Elle invoque l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention qui est ainsi libell\u00e9 en sa partie pertinente\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut \u00eatre priv\u00e9 de sa propri\u00e9t\u00e9 que pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique et dans les conditions pr\u00e9vues par la loi et les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international (&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Th\u00e8ses des parties<\/strong><\/p>\n<p><em>1. Le Gouvernement<\/em><\/p>\n<p>44. Selon le Gouvernement, la requ\u00eate est tardive, le d\u00e9lai de six mois courant \u00e0 compter de l\u2019arr\u00eat d\u2019appel de la 9\u00e8me cour de commerce d\u2019appel du 11\u00a0octobre 2012 (paragraphe 29 ci-dessus). Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la d\u00e9cision Abramyan et autres c. Russie ((d\u00e9c.), nos 38951\/13 and 59611\/13, 12 mai 2015) et \u00e0 l\u2019arr\u00eat Kocherov et Sergeyeva c. Russie (no 16899\/13, 29\u00a0mars 2016), il argue que les pourvois en cassation et en r\u00e9vision ne constituent pas de voies de recours effectifs \u00e0 \u00e9puiser en droit russe.<\/p>\n<p>45. Sur le fond, le Gouvernement renvoie aux conclusions du jugement du 16 juillet 2012 (paragraphe 28 ci-dessus) pour soutenir que la privatisation de la parcelle litigieuse a \u00e9t\u00e9 illicite et contraire aux engagements internationaux de l\u2019URSS et de la Russie, et que la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante et son pr\u00e9d\u00e9cesseur ne pouvaient ignorer les projets de mise \u00e0 disposition des ambassades des parcelles, donc l\u2019int\u00e9ress\u00e9e ne pouvait pas raisonnablement esp\u00e9rer garder son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur celles-ci.<\/p>\n<p>46. Le Gouvernement argue que les tentatives d\u2019enregistrement du droit de propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00c9tat sur les parcelles r\u00e9serv\u00e9es aux ambassades ont \u00e9chou\u00e9 face \u00e0 l\u2019obstruction des autorit\u00e9s moscovites (paragraphe 18 ci-dessus). Et il estime que le d\u00e9sistement de l\u2019action en reconnaissance de la propri\u00e9t\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale en 2004 n\u2019emp\u00eachait pas l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale de former, en 2010, une action en revendication, faute de triple identit\u00e9 des parties de la cause et de l\u2019objet des deux actions.<\/p>\n<p>47. Dans ces observations en r\u00e9plique, le Gouvernement indique que la construction des immeubles de l\u2019ambassade indienne est en cours, mais que la parcelle no 008, pr\u00e9vue pour l\u2019ambassade de Cuba, s\u2019est retrouv\u00e9e en 2016 dans une zone de construction de m\u00e9tro et que les autorit\u00e9s moscovites ont propos\u00e9 \u00e0 ce pays une autre parcelle.<\/p>\n<p><em>2. La soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante<\/em><\/p>\n<p>48. La soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante argue que tous les terrains agricoles du sovkhoz, situ\u00e9s \u00e0 Moscou et dans le district d\u2019Odintsovo, ont l\u00e9galement fait partie du capital social de la soci\u00e9t\u00e9 Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9. Elle estime aussi que l\u2019action en revendication \u00e9tait prescrite et se heurtait \u00e0 la d\u00e9cision mettant fin \u00e0 l\u2019instance rendue en 2004.<\/p>\n<p>49. La soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante all\u00e8gue avoir ignor\u00e9 l\u2019existence des accords bilat\u00e9raux et du d\u00e9cret jusqu\u2019en 2010, et fait valoir que les parcelles revendiqu\u00e9es n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 occup\u00e9es par les ambassades et que, ult\u00e9rieurement, l\u2019une des parcelles s\u2019est retrouv\u00e9e dans une zone de construction d\u2019une station de m\u00e9tro. Elle en d\u00e9duit que l\u2019\u00c9tat russe n\u2019a jamais poursuivi le but d\u2019affecter ces parcelles aux ambassades, et que donc la revendication de celles-ci n\u2019avait pas de but l\u00e9gitime.<\/p>\n<p>50. Elle soutient que l\u2019autorit\u00e9 charg\u00e9e de l\u2019enregistrement a plusieurs fois enregistr\u00e9 le droit de propri\u00e9t\u00e9 sur la parcelle litigieuse sans d\u00e9celer de probl\u00e8mes\u00a0; que les autorit\u00e9s moscovites ont modifi\u00e9 le type d\u2019affectation de la parcelle et ont adopt\u00e9 plusieurs actes relatifs \u00e0 la construction sur celle\u2011ci\u00a0; et que l\u2019\u00c9tat n\u2019a rien fait pendant des d\u00e9cennies pour mettre en \u0153uvre les accords bilat\u00e9raux. Elle conclut que l\u2019ing\u00e9rence lui a impos\u00e9 une charge excessive et que son pr\u00e9judice p\u00e9cuniaire, exprim\u00e9 par l\u2019impossibilit\u00e9 de construire un multiplexe sur la parcelle litigieuse, a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat des actions contradictoires et mal coordonn\u00e9es, ainsi que des omissions des autorit\u00e9s internes.<\/p>\n<p><strong>B. Appr\u00e9ciation de la Cour<\/strong><\/p>\n<p><em>1. Sur le respect du d\u00e9lai de six mois<\/em><\/p>\n<p>51. La Cour rappelle qu\u2019elle a qualifi\u00e9 la proc\u00e9dure commerciale de contr\u00f4le en r\u00e9vision de voie de recours effective au sens de l\u2019article 35 de la Convention (Kovaleva et autres c. Russie (d\u00e9c.), no 6025\/09, 25\u00a0juin 2009, et OOO LINK OIL SPB c. Russie (d\u00e9c.), no 42600\/05, 25\u00a0juin 2009).<\/p>\n<p>52. Dans la pr\u00e9sente affaire, l\u2019action en revendication a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gie par les dispositions relatives \u00e0 la proc\u00e9dure commerciale, partant, les affaires cit\u00e9es par le Gouvernement, concernant les r\u00e8gles de la proc\u00e9dure civile, ne sont pas pertinentes, et la derni\u00e8re d\u00e9cision interne d\u00e9finitive a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9cision du 4\u00a0juillet 2013 de la Cour sup\u00e9rieure de commerce rejetant le pourvoi en r\u00e9vision de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante. Il s\u2019ensuit que la requ\u00eate, introduite le 13\u00a0d\u00e9cembre 2013, n\u2019est pas tardive, au sens de l\u2019article 35 \u00a7 1 de la Convention.<\/p>\n<p><em>2. Sur l\u2019existence d\u2019un \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb et sur la nature de l\u2019ing\u00e9rence<\/em><\/p>\n<p>53. La Cour constate que les autorit\u00e9s ont inscrit le droit de propri\u00e9t\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante sur la parcelle litigieuse et qu\u2019elles ont ainsi formellement reconnu la qualit\u00e9 de propri\u00e9taire de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e. Celle\u2011ci \u00e9tait donc titulaire d\u2019un \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb au sens de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention (Bidzhiyeva c. Russie, no 30106\/10, \u00a7 60-61, 5\u00a0d\u00e9cembre 2017, avec les r\u00e9f\u00e9rences qui y sont cit\u00e9es). Elle consid\u00e8re que la revendication au profit de l\u2019\u00c9tat de trois parcelles comprises dans la parcelle litigieuse s\u2019analyse en une \u00ab\u00a0privation de propri\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, au sens de la deuxi\u00e8me phrase du premier paragraphe de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p>54. La Cour rappelle sa jurisprudence constante selon laquelle, pour \u00eatre conforme \u00e0 l\u2019article 1 du Protocole no\u00a01, toute mesure doit \u00eatre mise en \u0153uvre \u00ab\u00a0dans les conditions pr\u00e9vues par la loi\u00a0\u00bb, poursuivre un but l\u00e9gitime et \u00eatre proportionn\u00e9e \u00e0 ce but, c\u2019est-\u00e0-dire m\u00e9nager un juste \u00e9quilibre entre l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et le droit de l\u2019individu au respect de ses biens.<\/p>\n<p><em>3. Sur la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence<\/em><\/p>\n<p>55. En appui de son all\u00e9gation en substance de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence, la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante soul\u00e8ve plusieurs moyens\u00a0: la lic\u00e9it\u00e9 pr\u00e9tendue de la privatisation de la parcelle litigieuse\u00a0; l\u2019absence de publication du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel\u00a0; la prescription extinctive\u00a0; l\u2019existence d\u2019un jugement d\u2019homologation de d\u00e9sistement de l\u2019action rendue en 2004. Selon elle, en pr\u00e9sence de ces facteurs, l\u2019action en revendication des parcelles n\u2019aurait pas pu l\u00e9galement aboutir.<\/p>\n<p>56. La Cour rappelle qu\u2019elle ne peut remettre en cause l\u2019interpr\u00e9tation du droit interne par les juridictions nationales que lorsque celle-ci est arbitraire ou manifestement d\u00e9raisonnable (Maltsev et autres c.\u00a0Russie, nos\u00a077335\/14 et 2 autres, \u00a7 30, 17 d\u00e9cembre 2019, avec les r\u00e9f\u00e9rences qui y sont cit\u00e9es).<\/p>\n<p>57. En l\u2019esp\u00e8ce, les tribunaux ont \u00e9tabli que la privatisation de la parcelle no 002 a \u00e9t\u00e9 entach\u00e9e d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s et nulle (paragraphes 28 et 34 ci-dessus, comparer avec Bidzhiyeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 66) et que c\u2019\u00e9taient bien les accords bilat\u00e9raux qui ont justifi\u00e9 la revendication des parcelles et non le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel non\u00a0publi\u00e9\u00a0; ils ont aussi consid\u00e9r\u00e9 que la prescription extinctive de droit commun ne s\u2019appliquait pas \u00e0 l\u2019action en revendication. Ces conclusions ont \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9es, elles n\u2019ont \u00e9t\u00e9 ni arbitraires ni manifestement d\u00e9raisonnables, et la Cour n\u2019a aucune raison de les remettre en cause.<\/p>\n<p>58. S\u2019agissant du d\u00e9sistement de l\u2019action, la Cour constate que l\u2019action engag\u00e9e en 2004 n\u2019avait pas le m\u00eame objet que celle engag\u00e9e en 2010. Partant, cette derni\u00e8re action ne se heurtait pas \u00e0 la d\u00e9cision mettant fin \u00e0 l\u2019instance, au sens des articles 150 et 151 du code de proc\u00e9dure commerciale (paragraphe 40 ci-dessus). Cela \u00e9tant dit, la Cour examinera dans la partie relative \u00e0 la proportionnalit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence l\u2019attitude que les autorit\u00e9s internes ont eue pendant des ann\u00e9es quant aux parcelles en cause, qualifi\u00e9e d\u2019incoh\u00e9rente par la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante (paragraphe 63 ci-dessous).<\/p>\n<p>59. Elle consid\u00e8re donc que l\u2019ing\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e \u00ab\u00a0dans les conditions pr\u00e9vues par la loi\u00a0\u00bb au sens de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p><em>4. Sur le but l\u00e9gitime de l\u2019ing\u00e9rence<\/em><\/p>\n<p>60. La Cour rappelle que, gr\u00e2ce \u00e0 une connaissance directe de leur soci\u00e9t\u00e9 et de ses besoins, les autorit\u00e9s nationales se trouvent en principe mieux plac\u00e9es que le juge international pour d\u00e9terminer ce qui est \u00ab\u00a0d\u2019utilit\u00e9 publique\u00a0\u00bb (Visti\u0146\u0161 et Perepjolkins c. Lettonie [GC], no 71243\/01, \u00a7\u00a0106, 25\u00a0octobre 2012).<\/p>\n<p>61. En l\u2019esp\u00e8ce, le but de l\u2019ing\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 d\u2019honorer les engagements internationaux de l\u2019URSS et de la Russie, ce qui est incontestablement un but l\u00e9gitime. Quant aux faits s\u2019\u00e9tant produits apr\u00e8s l\u2019introduction de la pr\u00e9sente requ\u00eate, de l\u2019avis de la Cour, ils ne sont pas pertinents et n\u2019affectent en rien la validit\u00e9 du but d\u2019utilit\u00e9 publique justifiant l\u2019ing\u00e9rence. Elle note par ailleurs que le moyen tir\u00e9 d\u2019une absence de but l\u00e9gitime ou d\u2019une contradiction entre le but d\u00e9clar\u00e9 et celui r\u00e9alis\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 formul\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante devant les tribunaux internes.<\/p>\n<p><em>5. Sur la proportionnalit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence<\/em><\/p>\n<p>62. La Cour rappelle que la proportionnalit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence implique l\u2019existence d\u2019un juste \u00e9quilibre entre les exigences de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral de la collectivit\u00e9 et les imp\u00e9ratifs de la sauvegarde des droits fondamentaux des individus. Cet \u00e9quilibre est rompu si la personne concern\u00e9e a eu \u00e0 supporter \u00ab\u00a0une charge sp\u00e9ciale et exorbitante\u00a0\u00bb. Dans son analyse de la proportionnalit\u00e9 des mesures concernant l\u2019annulation des titres de propri\u00e9t\u00e9, la Cour examine si les autorit\u00e9s ont agi en temps utile et de fa\u00e7on correcte et coh\u00e9rente, si le requ\u00e9rant a fait preuve de faute ou de prudence (G.I.E.M. S.R.L. et autres c. Italie [GC], nos 1828\/06 et 2 autres, \u00a7\u00a0301, 28 juin 2018), et quelles ont \u00e9t\u00e9 les cons\u00e9quences de l\u2019ing\u00e9rence pour le requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>63. En l\u2019esp\u00e8ce, la Cour observe que l\u2019\u00c9tat n\u2019a pas enregistr\u00e9 en temps utile son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur les parcelles r\u00e9serv\u00e9es aux ambassades, en permettant par son inaction l\u2019enregistrement, en 2003, du droit de propri\u00e9t\u00e9 de Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9, puis de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante. Parall\u00e8lement \u00e0 cela, en 2003, le comit\u00e9 foncier de Moscou a d\u00e9livr\u00e9 un plan de la parcelle litigieuse, et, en toute apparence, lors de l\u2019inscription de celle-ci au cadastre d\u2019\u00c9tat, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9 de chevauchement entre cette parcelle et les parcelles pr\u00e9vues pour les ambassades. Par ailleurs, entre 2004 et 2010, les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales sont rest\u00e9es inactives, alors que les autorit\u00e9s moscovites ont d\u2019abord modifi\u00e9 la cat\u00e9gorie de la parcelle litigieuse, puis, en 2008-2009, ont approuv\u00e9 le projet de construction d\u2019un multiplexe sur celle-ci. De l\u2019avis de la Cour, les autorit\u00e9s internes n\u2019ont donc agi ni \u00e0 temps ni de fa\u00e7on correcte et coh\u00e9rente.<\/p>\n<p>64. Se tournant vers le comportement de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante, la Cour note ce qui suit. Comme il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par la 9\u00e8me cour d\u2019appel de commerce et confirm\u00e9 par Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9, le sovkhoz savait, depuis les ann\u00e9es 1983\u20111984, que son terrain agricole de 28 hectares, situ\u00e9 rue Starovolynska\u00efa \u00e0 Moscou, \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre mis \u00e0 disposition des ambassades (paragraphes 35 et 37 ci-dessus).<\/p>\n<p>65. S\u2019agissant de l\u2019enregistrement du droit de propri\u00e9t\u00e9 sur la parcelle litigieuse, la Cour observe, comme les tribunaux internes, que cet enregistrement a \u00e9t\u00e9 fait, d\u2019une part, sur le fondement de documents sans rapport avec la parcelle et, d\u2019autre part, sur le fondement d\u2019un certificat de propri\u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9 en exc\u00e8s de pouvoir (paragraphe 28 ci-dessus\u00a0; voir aussi, mutatis mutandis, Bidzhiyeva, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 66). Elle rel\u00e8ve \u00e9galement que, selon le plan parcellaire du 6\u00a0f\u00e9vrier 2003 fourni \u00e0 l\u2019appui de la demande d\u2019enregistrement, la parcelle litigieuse se situait sur le territoire du parc naturel, et selon le certificat de propri\u00e9t\u00e9 du 24 avril 2003, cette parcelle relevait en m\u00eame temps de deux cat\u00e9gories dont l\u2019une n\u2019existait pas en droit russe (paragraphe 41 ci-dessus).<\/p>\n<p>66. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que, en proc\u00e9dant \u00e0 la privatisation du terrain tout en sachant que celui-ci devait \u00eatre mis \u00e0 disposition des ambassades, puis en enregistrant son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur le fondement de documents sujets \u00e0 caution, Matve\u00efevsko\u00ef\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante pouvaient raisonnablement s\u2019attendre \u00e0 ce que leur droit de propri\u00e9t\u00e9 puisse \u00eatre remis en cause \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre. De l\u2019avis de la Cour, ni l\u2019attitude ambigu\u00eb et complaisante des autorit\u00e9s moscovites, ni la tol\u00e9rance des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales ne pouvaient cr\u00e9er chez l\u2019int\u00e9ress\u00e9e une esp\u00e9rance l\u00e9gitime de jouir paisiblement de la parcelle ou un sentiment d\u2019\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 l\u2019abri de poursuites.<\/p>\n<p>67. La Cour estime \u00e9galement que la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante ne peut pas \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 un particulier, acqu\u00e9reur de bonne foi d\u2019un bien apr\u00e8s une cha\u00eene de reventes (comparer avec Pchelintseva et autres c.\u00a0Russie, nos\u00a047724\/07 et 4 autres, \u00a7\u00a7 97-100, 17 novembre 2016, et, pour un exemple plus r\u00e9cent, Sergunin et autres c.\u00a0Russie [comit\u00e9], nos 54322\/14 et 2 autres, \u00a7\u00a043, 9 octobre 2018). Au contraire, \u00e9tant une soci\u00e9t\u00e9 commerciale et agissant comme un professionnel elle aurait d\u00fb se renseigner sur les risques \u00e9ventuels avant d\u2019entamer un projet de construction sur cette parcelle (paragraphe 36 ci-dessus, voir, mutatis mutandis, Pine Valley Developments Ltd et autres c.\u00a0Irlande, 29\u00a0novembre 1991, \u00a7 59 in fine, s\u00e9rie A no 222, Klimat Inkom V &amp; Co OOD et autres c.\u00a0Bulgarie (d\u00e9c.), no\u00a061324\/09, \u00a7\u00a7\u00a049\u201150, 12\u00a0d\u00e9cembre 2017, et, pour un exemple r\u00e9cent, Shadyzhev c.\u00a0Russie (d\u00e9c.) [comit\u00e9], no 9590\/17, \u00a7 33, 9 juin 2020).<\/p>\n<p>68. Eu \u00e9gard \u00e0 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la Cour consid\u00e8re que la mesure contest\u00e9e n\u2019a pas fait peser sur la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rante une charge excessive rompant le juste \u00e9quilibre entre le respect des droits de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e, tels que prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019article\u00a01 du Protocole no 1, et l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le grief est manifestement mal fond\u00e9 et qu\u2019il doit \u00eatre rejet\u00e9, en application de l\u2019article 35 \u00a7\u00a7 3 (a) et 4 de la Convention.<\/p>\n<p>Par ces motifs, la Cour, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9,<\/p>\n<p>D\u00e9clare la requ\u00eate irrecevable.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 3 d\u00e9cembre 2020.<\/p>\n<p>Olga Chernishova \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Georgios A. Serghides<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Pr\u00e9sident<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=172\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=172&text=ZAO+TD+SETUNSKAYA+c.+RUSSIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+2607%2F14\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=172&title=ZAO+TD+SETUNSKAYA+c.+RUSSIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+2607%2F14\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=172&description=ZAO+TD+SETUNSKAYA+c.+RUSSIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+2607%2F14\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TROISI\u00c8ME SECTION D\u00c9CISION Requ\u00eate no 2607\/14 ZAO TD SETUNSKAYA contre la Russie La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (troisi\u00e8me section), si\u00e9geant le 10 novembre 2020 en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0: FacebookTwitterLinkedInPinterest<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=172\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-172","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme"],"modified_by":"loisdumonde","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=172"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/172\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":174,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/172\/revisions\/174"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}