{"id":1715,"date":"2022-09-27T10:08:42","date_gmt":"2022-09-27T10:08:42","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1715"},"modified":"2022-09-27T10:08:42","modified_gmt":"2022-09-27T10:08:42","slug":"affaire-p-h-c-bulgarie-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-46509-20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1715","title":{"rendered":"AFFAIRE P.H. c. BULGARIE (Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme) 46509\/20"},"content":{"rendered":"<p>Invoquant l\u2019article 8 de la Convention, la requ\u00e9rante se plaint du cadre juridique r\u00e9gissant le changement de sexe en Bulgarie et du refus des tribunaux de reconna\u00eetre juridiquement<!--more--> le sexe auquel elle estime appartenir.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\">QUATRI\u00c8ME SECTION<br \/>\n<strong>AFFAIRE P.H. c. BULGARIE<\/strong><br \/>\n<em>(Requ\u00eate no 46509\/20)<\/em><br \/>\nARR\u00caT<br \/>\nSTRASBOURG<br \/>\n27 septembre 2022<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat est d\u00e9finitif. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire P.H. c. Bulgarie,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (quatri\u00e8me section), si\u00e9geant en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0:<br \/>\nIulia Antoanella Motoc, pr\u00e9sidente,<br \/>\nYonko Grozev,<br \/>\nPere Pastor Vilanova, juges,<br \/>\net de Ludmila Milanova, greffi\u00e8re adjointe de section f.f.,<\/p>\n<p>Vu la requ\u00eate (no 46509\/20) dirig\u00e9e contre la R\u00e9publique de Bulgarie et dont une ressortissante de cet \u00c9tat, Mme P.H. (\u00ab\u00a0la requ\u00e9rante\u00a0\u00bb), n\u00e9e en 1998, a saisi la Cour le 13 octobre 2020 en vertu de l\u2019article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la\u00a0Convention\u00a0\u00bb), repr\u00e9sent\u00e9e par Mes M. Ekimdzhiev, K. Boncheva et M.\u00a0Dokova-Kostadinova, avocats \u00e0 Plovdiv,<\/p>\n<p>Vu la d\u00e9cision de porter la requ\u00eate \u00e0 la connaissance du gouvernement bulgare (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb), repr\u00e9sent\u00e9 par son agent, M. V. Obretenov, du minist\u00e8re de la Justice,<\/p>\n<p>Vu la d\u00e9cision de traiter la requ\u00eate en priorit\u00e9 (article 41 du r\u00e8glement de la Cour (\u00ab\u00a0le r\u00e8glement\u00a0\u00bb)),<\/p>\n<p>Vu les observations des parties,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 6 septembre 2022,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p><strong>OBJET DE L\u2019AFFAIRE<\/strong><\/p>\n<p>1. Invoquant l\u2019article 8 de la Convention, la requ\u00e9rante se plaint du cadre juridique r\u00e9gissant le changement de sexe en Bulgarie et du refus des tribunaux de reconna\u00eetre juridiquement le sexe auquel elle estime appartenir.<\/p>\n<p>2. Elle expose avoir pris conscience d\u00e8s son enfance que son sexe psychologique \u00e9tait f\u00e9minin et ne correspondait pas \u00e0 son sexe anatomique, \u00e0 savoir le sexe masculin, inscrit sur les registres d\u2019\u00e9tat civil \u00e0 sa naissance. \u00c0 partir de 2015, dans le cadre de son parcours de transition sexuelle, elle eut recours \u00e0 des traitements hormonaux.<\/p>\n<p>3. Le 21 septembre 2018, elle saisit le tribunal de district d\u2019une demande fond\u00e9e sur les articles 19, 45, 73 et 27 de la loi sur les registres civils. Elle demandait en particulier la modification de son pr\u00e9nom, de son patronyme et de son nom de famille ainsi que de la mention indiquant dans les registres \u00e9lectroniques son sexe et son num\u00e9ro d\u2019identification civil, afin que ces donn\u00e9es correspondent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 son sexe revendiqu\u00e9. Elle joignit \u00e0 sa demande des expertises m\u00e9dicales faisant \u00e9tat de ses traitements et de son \u00e9tat psychologique. Par un jugement du 21 f\u00e9vrier 2019, le tribunal fit droit \u00e0 sa demande. Il nota en particulier que si la l\u00e9gislation bulgare n\u2019autorisait pas le changement juridique de sexe, il appartenait aux juridictions d\u2019appliquer l\u2019article 8 de la Convention, qui autorisait ce changement lorsque certaines conditions \u00e9taient r\u00e9unies. Au vu des \u00e9l\u00e9ments vers\u00e9s au dossier, y compris des expertises m\u00e9dicales d\u00e9taill\u00e9es, il constata que la requ\u00e9rante se d\u00e9finissait de mani\u00e8re s\u00e9rieuse et p\u00e9renne comme une personne appartenant au sexe f\u00e9minin, et il conclut qu\u2019il convenait d\u2019accepter la modification des donn\u00e9es personnelles demand\u00e9e.<\/p>\n<p>4. Sur recours du parquet, le 12 juillet 2019, le tribunal r\u00e9gional annula ce jugement. Il expliqua que m\u00eame s\u2019il \u00e9tait \u00e9tabli que la requ\u00e9rante pr\u00e9sentait une autod\u00e9termination psychologique dans le cadre de laquelle elle se d\u00e9finissait de mani\u00e8re assur\u00e9e comme une personne de sexe f\u00e9minin depuis l\u2019adolescence et qu\u2019elle avait engag\u00e9 des d\u00e9marches m\u00e9dicales, la l\u00e9gislation applicable ne permettait pas le changement demand\u00e9, car la notion de \u00ab\u00a0sexe\u00a0\u00bb reposait sur un \u00e9tat biologique constat\u00e9 \u00e0 la naissance et insusceptible de modification au cours de la vie de l\u2019individu. Observant qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, il avait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 \u00e0 la naissance de la requ\u00e9rante que celle-ci pr\u00e9sentait des caract\u00e9ristiques physiologiques sexuelles masculines, il jugea que l\u2019on ne pouvait pas consid\u00e9rer juridiquement qu\u2019elle f\u00fbt une personne de sexe f\u00e9minin, \u00e9tant donn\u00e9, d\u2019une part, que la notion de \u00ab\u00a0sexe\u00a0\u00bb \u00e9tait g\u00e9n\u00e9tiquement d\u00e9termin\u00e9e et ne pouvait changer entre la naissance et le d\u00e9c\u00e8s d\u2019une personne et, d\u2019autre part, que l\u2019aspiration socio-psychologique d\u2019un individu ne pouvait \u00e0 elle seule motiver la modification de l\u2019\u00e9tat civil. Il souligna qu\u2019il \u00e9tait impossible en droit bulgare d\u2019interpr\u00e9ter la notion de sexe autrement que dans le sens que lui attribuaient la Constitution et la l\u00e9gislation, \u00e0 savoir un \u00e9tat biologique constat\u00e9 \u00e0 la naissance, et il consid\u00e9ra que cette impossibilit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas contraire \u00e0 l\u2019article 8 de la Convention. Selon lui, cette interpr\u00e9tation \u00e9tait justifi\u00e9e par l\u2019identit\u00e9 sp\u00e9cifique de la nation, qui \u00e9tait ancr\u00e9e dans des valeurs fond\u00e9es sur la religion chr\u00e9tienne et qui s\u2019\u00e9tait construite au fil des si\u00e8cles.<\/p>\n<p>5. La requ\u00e9rante se pourvut en cassation. Par une d\u00e9cision du 13\u00a0avril\u00a02020, la Cour supr\u00eame de cassation (CSC) d\u00e9clara son pourvoi non admis, rendant ainsi d\u00e9finitif le jugement du tribunal r\u00e9gional. La CSC pr\u00e9cisa que, contrairement \u00e0 ce que soutenait la requ\u00e9rante, la d\u00e9cision du tribunal r\u00e9gional \u00e9tait conforme \u00e0 la jurisprudence de la CSC qui avait jug\u00e9, dans un arr\u00eat du 14 f\u00e9vrier 2019, que, conform\u00e9ment \u00e0 la Constitution, le sexe d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 la naissance par les caract\u00e9ristiques biologiques d\u2019une personne ne pouvait subir une modification au cours de sa vie (\u0440\u0435\u0448\u0435\u043d\u0438\u0435 \u2116 119 \u043e\u0442 14.02.2019 \u0433. \u043d\u0430 \u0412\u041a\u0421 \u043f\u043e \u0433\u0440. \u0434. \u2116 4104\/2017 \u0433., IV \u0433. \u043e.). La CSC ajouta que la jurisprudence ant\u00e9rieure admettant une modification juridique du sexe sur les registres d\u2019\u00e9tat civil (\u0440\u0435\u0448\u0435\u043d\u0438\u0435 \u2116 205 \u043e\u0442 5.01.2017 \u0433. \u043d\u0430 \u0412\u041a\u0421 \u043f\u043e \u0433\u0440.\u00a0\u0434. \u2116\u00a02180\/2016 \u0433., III \u0433. \u043e., et \u0440\u0435\u0448\u0435\u043d\u0438\u0435 \u2116 16 \u043e\u0442 30.05.2017 \u0433. \u043d\u0430 \u0412\u041a\u0421 \u043f\u043e \u0433\u0440.\u00a0\u0434. \u2116 2316\/2016 \u0433., IV \u0433. \u043e.) \u00e9tait d\u00e9sormais abandonn\u00e9e. Ayant conclu ainsi, la CSC nota, qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, m\u00eame en admettant qu\u2019il \u00e9tait possible de reconna\u00eetre la modification juridique du sexe et que l\u2019examen en cassation devait \u00eatre admis, le changement physiologique souhait\u00e9 par la requ\u00e9rante n\u2019\u00e9tait pas encore devenu d\u00e9finitif et objectif, et donc sa reconnaissance ne pouvait avoir lieu. En revanche, la requ\u00e9rante pouvait introduire une nouvelle demande lorsque la modification permanente de son sexe biologique serait acquise.<\/p>\n<p>6. Par ailleurs, la jurisprudence bulgare en mati\u00e8re de changement de sexe se trouve r\u00e9sum\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat Y.T. c. Bulgarie (no 41701\/16, \u00a7\u00a7 24-30, 9\u00a0juillet 2020). Outre ces exemples et les d\u00e9cisions cit\u00e9es dans la d\u00e9cision de la CSC du 13 avril 2020 (paragraphe 5 ci-dessus), cette derni\u00e8re cour a rendu d\u2019autres d\u00e9cisions dans lesquelles elle estimait que le droit interne permettait la reconnaissance de la r\u00e9assignation sexuelle juridique (\u0440\u0435\u0448\u0435\u043d\u0438\u0435 \u2116 142\/18 \u043e\u0442 28.06.2019 \u0433. \u043d\u0430 \u0412\u041a\u0421 \u043f\u043e \u0433\u0440. \u0434. \u2116 3826\/2018 \u0433., IV \u0433. \u043e., \u0440\u0435\u0448\u0435\u043d\u0438\u0435 \u2116\u00a0285\/18 \u043e\u0442 5.07.2019 \u0433. \u043d\u0430 \u0412\u041a\u0421 \u043f\u043e \u0433\u0440. \u0434. \u2116 1417\/2018 \u0433., IV\u00a0\u0433.\u00a0\u043e. et \u0440\u0435\u0448\u0435\u043d\u0438\u0435 \u2116 245\/18 \u043e\u0442 8.11.2019 \u0433. \u043d\u0430 \u0412\u041a\u0421 \u043f\u043e \u0433\u0440.\u00a0\u0434. \u2116\u00a04454\/2018\u00a0\u0433., IV\u00a0\u0433.\u00a0\u043e.). Enfin, une proc\u00e9dure de d\u00e9cision interpr\u00e9tative sur la question \u00ab\u00a0Est-il admissible et, dans l\u2019affirmative, sous quelles conditions, de reconna\u00eetre le changement l\u00e9gal du sexe lorsque la transsexualit\u00e9 du demandeur est \u00e9tablie\u00a0?\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e le 26 juin 2022 par le pr\u00e9sident de la CSC, sur proposition d\u2019une formation de la CSC du 27 avril 2020 ayant constat\u00e9 une divergence de jurisprudence au sein de cette cour, (\u043e\u043f\u0440\u0435\u0434\u0435\u043b\u0435\u043d\u0438\u0435 \u2116 86 \u043e\u0442 27.04.2020 \u0433. \u043d\u0430 \u0412\u041a\u0421 \u043f\u043e \u0433\u0440. \u0434. \u2116 698\/2020 \u0433., IV\u00a0\u0433.\u00a0\u043e.). Cette proc\u00e9dure est toujours pendante devant la CSC.<\/p>\n<p>7. Par une lettre du 17 juin 2022, la requ\u00e9rante informa la Cour qu\u2019elle avait subi en Gr\u00e8ce une intervention chirurgicale de r\u00e9assignation sexuelle consistant \u00e0 faire de ses organes g\u00e9nitaux externes masculins des organes f\u00e9minins.<\/p>\n<p><strong>APPR\u00c9CIATION DE LA COUR<\/strong><\/p>\n<p><strong>SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 8 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>8. La Cour note d\u2019embl\u00e9e que l\u2019article 8 trouve \u00e0 s\u2019appliquer en l\u2019esp\u00e8ce (Y.T. c. Bulgarie, no 41701\/16, \u00a7\u00a7 38-39, 9 juillet 2020, avec les r\u00e9f\u00e9rences qui s\u2019y trouvent cit\u00e9es).<\/p>\n<p>9. Elle constate ensuite qu\u2019il convient de rejeter l\u2019exception de non-\u00e9puisement des voies de recours internes soulev\u00e9e par le Gouvernement. Celui-ci plaide, premi\u00e8rement, que la requ\u00e9rante aurait d\u00fb formuler une demande de dommages et int\u00e9r\u00eats sur le fondement de l\u2019article 2c, alin\u00e9a 1, point 2 de la loi sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et des communes pour dommages, qui pr\u00e9voit une action en r\u00e9paration pour les dommages caus\u00e9s par des violations graves au droit de l\u2019Union europ\u00e9enne. La Cour observe que la requ\u00e9rante se plaint, sur le terrain de l\u2019article 8 de la Convention, du refus des autorit\u00e9s bulgares de reconna\u00eetre juridiquement son changement de sexe. Or le Gouvernement, qui a formul\u00e9 en termes vagues cette branche de l\u2019exception, n\u2019a pas pr\u00e9cis\u00e9 s\u2019il existait des dispositions du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne dont cette situation aurait emport\u00e9 violation. La Cour estime d\u00e8s lors que la requ\u00e9rante n\u2019\u00e9tait pas tenue d\u2019utiliser le recours sugg\u00e9r\u00e9. Le Gouvernement soutient, deuxi\u00e8mement, que la requ\u00e9rante aurait pu obtenir le redressement de ses griefs en engageant la proc\u00e9dure pr\u00e9vue par la loi sur la protection contre la discrimination. Or la requ\u00e9rante n\u2019a pas invoqu\u00e9 devant la Cour l\u2019article 14 de la Convention. Il ne peut donc pas lui \u00eatre reproch\u00e9 de ne pas avoir exerc\u00e9 cette voie de droit. La Cour rejette d\u00e8s lors l\u2019exception de non-\u00e9puisement du Gouvernement.<\/p>\n<p>10. Constatant que ce grief n\u2019est pas manifestement mal fond\u00e9 ni irrecevable pour un autre motif vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 35 de la Convention, la Cour le d\u00e9clare recevable.<\/p>\n<p>11. La Cour juge appropri\u00e9 d\u2019examiner les all\u00e9gations li\u00e9es au refus de reconnaissance du changement de sexe de la requ\u00e9rante sous l\u2019angle des obligations positives qu\u2019a l\u2019\u00c9tat de garantir le respect de l\u2019identit\u00e9 sexuelle des individus (Y.T. c. Bulgarie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 61, avec les r\u00e9f\u00e9rences qui s\u2019y trouvent cit\u00e9es).<\/p>\n<p>12. Les principes g\u00e9n\u00e9raux applicables \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation des obligations positives de l\u2019\u00c9tat en la mati\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9sum\u00e9s dans l\u2019arr\u00eat H\u00e4m\u00e4l\u00e4inen\u00a0c.\u00a0Finlande [GC], no 37359\/09, \u00a7\u00a7 65-67, CEDH 2014, avec les r\u00e9f\u00e9rences cit\u00e9es). Par ailleurs, dans l\u2019arr\u00eat Y.T. c. Bulgarie (pr\u00e9cit\u00e9), la Cour a conclu qu\u2019en refusant de reconna\u00eetre l\u00e9galement la r\u00e9assignation de sexe du requ\u00e9rant sans avancer pour cela de motivation suffisante et pertinente et sans expliquer pourquoi dans d\u2019autres affaires jug\u00e9es par des tribunaux nationaux une telle r\u00e9assignation avait \u00e9t\u00e9 reconnue, les autorit\u00e9s internes avaient port\u00e9 une atteinte injustifi\u00e9e au droit du requ\u00e9rant au respect de sa vie priv\u00e9e (arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 69-74).<\/p>\n<p>13. Tout comme dans l\u2019affaire Y.T. c. Bulgarie (pr\u00e9cit\u00e9e), la question principale qui se pose en l\u2019esp\u00e8ce est celle de savoir si, compte tenu de la marge d\u2019appr\u00e9ciation dont elle disposait, la Bulgarie a m\u00e9nag\u00e9 un juste \u00e9quilibre dans la mise en balance de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral avec l\u2019int\u00e9r\u00eat priv\u00e9 qu\u2019avait la requ\u00e9rante \u00e0 obtenir la modification de son \u00e9tat civil. \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour observe que, m\u00eame s\u2019il ressort des affirmations de la requ\u00e9rante comme du raisonnement des juridictions internes que la l\u00e9gislation applicable ne permettait pas le changement de sexe (paragraphes 1, 3 et 4 ci-dessus), le cadre l\u00e9gal tel qu\u2019il existait et qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce a permis \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9e d\u2019introduire et de faire examiner sa demande en ce sens (pour un expos\u00e9 du droit interne applicable, voir Y.T. c. Bulgarie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 15-18 et\u00a024-30, ainsi que paragraphe 6 ci-dessus 66). Elle est donc appel\u00e9e \u00e0 d\u00e9terminer si le refus de la part des juridictions internes de faire droit \u00e0 la demande de la requ\u00e9rante visant la modification de son \u00e9tat civil a constitu\u00e9 une atteinte disproportionn\u00e9e au droit de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e au respect de sa vie priv\u00e9e.<\/p>\n<p>14. Elle note que les juridictions internes ont constat\u00e9 que le sexe revendiqu\u00e9 de la requ\u00e9rante ne correspondait pas \u00e0 son sexe biologique (paragraphes 3 et 4 ci-dessus). Le tribunal r\u00e9gional a toutefois refus\u00e9, dans sa d\u00e9cision d\u00e9finitive infirmant la d\u00e9cision de premi\u00e8re instance, d\u2019autoriser la modification de l\u2019\u00e9tat civil de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e. La Cour rappelle que la pr\u00e9servation du principe de l\u2019indisponibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat des personnes, de la garantie de la fiabilit\u00e9 et de la coh\u00e9rence de l\u2019\u00e9tat civil et, plus largement, de l\u2019exigence de s\u00e9curit\u00e9 juridique rel\u00e8ve de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et justifie la mise en place de proc\u00e9dures rigoureuses dans le but notamment de v\u00e9rifier les motivations profondes d\u2019une demande de changement l\u00e9gal d\u2019identit\u00e9 (voir, mutatis mutandis, A.P., Gar\u00e7on et Nicot c. France, nos 79885\/12 et 2 autres, \u00a7 142, 6 avril 2017, S.V. c. Italie, no 55216\/08, \u00a7 69, 11 octobre 2018, et Y.T.\u00a0c.\u00a0Bulgarie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 70).<\/p>\n<p>15. La Cour observe que le tribunal de district a fait droit \u00e0 la demande de la requ\u00e9rante \u00e0 la suite d\u2019une analyse de sa situation individuelle et de ses motivations, en appliquant le droit interne \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019article 8 de la Convention (paragraphe 3 ci-dessus), ce qui semble correspondre \u00e0 une pratique r\u00e9pandue parmi les juridictions de premi\u00e8re et de deuxi\u00e8me instance (Y.T. c. Bulgarie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 24-30). Elle constate n\u00e9anmoins que, lorsque le tribunal r\u00e9gional a annul\u00e9 cette d\u00e9cision et rejet\u00e9 les pr\u00e9tentions de la requ\u00e9rante, il n\u2019a accord\u00e9 aucun poids aux motivations de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e\u00a0: il a simplement estim\u00e9 que l\u2019on ne pouvait pas consid\u00e9rer juridiquement qu\u2019une personne fut du sexe oppos\u00e9 \u00e0 celui dont elle pr\u00e9sentait les caract\u00e9ristiques physiologiques \u00e0 la naissance, que l\u2019aspiration socio\u2011psychologique d\u2019un individu ne pouvait \u00e0 elle seule motiver une modification de l\u2019\u00e9tat civil, et que le droit interne ne permettait pas d\u2019interpr\u00e9ter la notion de sexe autrement que comme un \u00e9tat biologique constat\u00e9 \u00e0 la naissance (paragraphe 4 ci\u2011dessus). Ainsi, tout en constatant, sur la base des certificats m\u00e9dicaux, que la requ\u00e9rante s\u2019\u00e9tait engag\u00e9e dans un parcours de transition sexuelle modifiant son apparence physique et qu\u2019elle se d\u00e9finissait comme une personne de sexe f\u00e9minin depuis plusieurs ann\u00e9es, il a estim\u00e9 en substance que l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral exigeait de ne pas permettre le changement juridique du sexe (paragraphe 4 ci-dessus). Il n\u2019a nullement d\u00e9velopp\u00e9 son raisonnement quant \u00e0 la nature exacte de cet int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, mais s\u2019est born\u00e9 \u00e0 invoquer la base l\u00e9gale existante et les traditions chr\u00e9tiennes bulgares. Il n\u2019a pas v\u00e9ritablement mis en balance, dans le respect de la marge d\u2019appr\u00e9ciation dont jouissent les autorit\u00e9s nationales, l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral d\u2019une part, et le droit de la requ\u00e9rante \u00e0 la reconnaissance de son identit\u00e9 sexuelle d\u2019autre part. Dans ces conditions, la Cour ne peut conclure qu\u2019il ait justifi\u00e9 par des raisons solides d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral son refus de mettre en ad\u00e9quation les donn\u00e9es pertinentes des registres civils avec l\u2019\u00e9tat f\u00e9minin \u00e9prouv\u00e9 par la requ\u00e9rante.<\/p>\n<p>16. La Cour rel\u00e8ve que la CSC a d\u00e9clar\u00e9 le pourvoi de la requ\u00e9rante non admissible, estimant que le refus du tribunal r\u00e9gional \u00e9tait conforme \u00e0 sa jurisprudence r\u00e9cente, s\u2019appuyant notamment sur une seule d\u00e9cision adopt\u00e9e en 2019 et affirmant l\u2019impossibilit\u00e9 de modifier juridiquement le sexe d\u2019une personne (paragraphe 5 ci-dessus). Toutefois, il appara\u00eet \u00e0 la Cour que la CSC a rendu au moins cinq d\u00e9cisions allant dans le sens de la reconnaissance juridique de la r\u00e9assignation sexuelle, dont trois sont post\u00e9rieures \u00e0 celle cit\u00e9e par la CSC (paragraphes 5 et 6 ci-dessus). Par la suite, la CSC a relev\u00e9 l\u2019incoh\u00e9rence dans ses propres d\u00e9cisions et a ouvert une proc\u00e9dure de d\u00e9cision interpr\u00e9tative le 27 avril 2020, soit quatorze jours seulement apr\u00e8s la d\u00e9cision de non admission du pourvoi rendue en l\u2019esp\u00e8ce (paragraphe 6 ci\u2011dessus). La Cour note ainsi que la CSC a pris sa d\u00e9cision \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e dans un climat de jurisprudence divergente au sein de cette haute juridiction et que la requ\u00e9rante peut l\u00e9gitimement pr\u00e9tendre p\u00e2tir de cette situation. La Cour remarque par ailleurs que, formulant une obiter dicta qui parait contredire sa propre conclusion de non admission du pourvoi de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e, la CSC a indiqu\u00e9 que m\u00eame si celui-ci devait \u00eatre examin\u00e9, la modification physiologique de ses caract\u00e9ristiques sexuelles n\u2019\u00e9tait pas acquise de mani\u00e8re d\u00e9finitive et objective et que la reconnaissance juridique du changement de son sexe \u00e9tait donc pr\u00e9matur\u00e9e (paragraphe 5 ci-dessus). Cependant, cette observation de la CSC n\u2019apporte pas non plus une analyse de la situation individuelle de la requ\u00e9rante et, en tout \u00e9tat de cause, elle semble outrepasser ses comp\u00e9tences dans la proc\u00e9dure d\u2019admission du pourvoi qui n\u2019a pas pour objet d\u2019examiner les circonstances factuelles, ni les preuves concr\u00e8tes de l\u2019esp\u00e8ce. Partant, cette observation de la CSC n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisive en l\u2019esp\u00e8ce et n\u2019ayant pas permis l\u2019examen de l\u2019affaire en cassation, elle ne change en rien l\u2019analyse qui pr\u00e9c\u00e8de (paragraphes 13-15 ci\u2011dessus) et la Cour n\u2019estime pas n\u00e9cessaire de s\u2019y pencher plus avant.<\/p>\n<p>17. L\u2019absence de mise en balance des int\u00e9r\u00eats individuels de la requ\u00e9rante avec l\u2019int\u00e9r\u00eat public, dans un contexte de pratique divergente de la haute juridiction bulgare d\u00e9montre, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019affaire Y.T. c. Bulgarie, pr\u00e9cit\u00e9e, une rigidit\u00e9 de raisonnement sur la reconnaissance de l\u2019identit\u00e9 sexuelle. En l\u2019esp\u00e8ce, cette rigidit\u00e9 a plac\u00e9 la requ\u00e9rante, pendant une p\u00e9riode d\u00e9raisonnable et continue, dans une situation perturbante lui inspirant inutilement des sentiments de vuln\u00e9rabilit\u00e9, d\u2019humiliation et d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 (voir, mutatis mutandis, Christine Goodwin c. Royaume-Uni [GC], no 28957\/95, \u00a7\u00a7\u00a077\u201178, CEDH 2002-VI, et Y.T. c. Bulgarie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 72).<\/p>\n<p>18. La Cour note, par ailleurs, que la proc\u00e9dure de d\u00e9cision interpr\u00e9tative dans le domaine du changement l\u00e9gal du sexe est toujours pendante devant la CSC (paragraphe 6 ci-dessus). Elle rappelle \u00e0 cet \u00e9gard la n\u00e9cessit\u00e9 de se r\u00e9f\u00e9rer aux recommandations \u00e9mises par des organes internationaux, notamment le Comit\u00e9 des Ministres et l\u2019Assembl\u00e9e parlementaire du Conseil de l\u2019Europe, ainsi que le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l\u2019homme, sur des mesures visant \u00e0 combattre la discrimination fond\u00e9e sur l\u2019orientation sexuelle ou l\u2019identit\u00e9 de sexe, parmi lesquelles se trouve la recommandation faite aux \u00c9tats visant \u00e0 permettre le changement de nom et de sexe dans les documents officiels de mani\u00e8re rapide, transparente et accessible (Y.T. c. Bulgarie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 73).<\/p>\n<p>19. Ces \u00e9l\u00e9ments suffisent pour conclure qu\u2019en refusant de reconna\u00eetre juridiquement le sexe revendiqu\u00e9 de la requ\u00e9rante sans avancer pour cela de motivation suffisante et pertinente, le tribunal r\u00e9gional a port\u00e9 une atteinte injustifi\u00e9e au droit de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e au respect de sa vie priv\u00e9e.<\/p>\n<p>20. Partant, il y a eu violation de l\u2019article 8 de la Convention.<\/p>\n<p><strong>APPLICATION DE L\u2019ARTICLE 41 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>21. La requ\u00e9rante demande 10\u00a0000 euros (EUR) au titre du dommage moral qu\u2019elle estime avoir subi et 4\u00a0928,64 EUR au titre des frais et d\u00e9pens qu\u2019elle dit avoir engag\u00e9s devant la Cour.<\/p>\n<p>22. Le Gouvernement estime ces pr\u00e9tentions excessives.<\/p>\n<p>23. La Cour octroie \u00e0 la requ\u00e9rante 7\u00a0500 EUR pour dommage moral, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p>24. Compte tenu des documents en sa possession et de sa jurisprudence, elle juge raisonnable d\u2019allouer \u00e0 la requ\u00e9rante la somme de 3\u00a0000 EUR tous frais confondus pour la proc\u00e9dure men\u00e9e devant elle, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t. Conform\u00e9ment \u00e0 la demande de la requ\u00e9rante, ce montant sera \u00e0 verser sur le compte bancaire du cabinet d\u2019avocats Ekimdzhiev et partenaires, \u00e0 l\u2019exception de 613,55 EUR \u00e0 verser directement \u00e0 la requ\u00e9rante.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare la requ\u00eate recevable\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 8 de la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit,<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser \u00e0 la requ\u00e9rante, dans un d\u00e9lai de trois mois, les sommes suivantes, \u00e0 convertir dans la monnaie de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur au taux applicable \u00e0 la date du r\u00e8glement\u00a0:<\/p>\n<p>i. 7\u00a0500 EUR (sept mille cinq cents euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour dommage moral\u00a0;<\/p>\n<p>ii. 3\u00a0000 EUR (trois mille euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme par la requ\u00e9rante \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour frais et d\u00e9pens, dont 613,55 EUR (six cent treize euros et cinquante-cinq centimes) \u00e0 verser directement sur le compte bancaire de la requ\u00e9rante et le reste, soit 2\u00a0386,45 EUR (deux mille trois cent quatre\u2011vingt-six euros et quarante-cinq centimes), \u00e0 verser sur le compte bancaire du cabinet d\u2019avocats Ekimdzhiev et partenaires\u00a0;<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ces montants seront \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage.<\/p>\n<p>4. Rejette le surplus de la demande de satisfaction \u00e9quitable.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 27 septembre 2022, en application de l\u2019article 77 \u00a7\u00a7 2 et 3 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Ludmila Milanova \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Iulia Antoanella Motoc<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe f.f. \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pr\u00e9sidente<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1715\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1715&text=AFFAIRE+P.H.+c.+BULGARIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+46509%2F20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1715&title=AFFAIRE+P.H.+c.+BULGARIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+46509%2F20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1715&description=AFFAIRE+P.H.+c.+BULGARIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+46509%2F20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Invoquant l\u2019article 8 de la Convention, la requ\u00e9rante se plaint du cadre juridique r\u00e9gissant le changement de sexe en Bulgarie et du refus des tribunaux de reconna\u00eetre juridiquement FacebookTwitterLinkedInPinterest<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1715\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1715","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme"],"modified_by":"loisdumonde","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1715","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1715"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1715\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1716,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1715\/revisions\/1716"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1715"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1715"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1715"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}