{"id":1707,"date":"2022-09-20T09:55:26","date_gmt":"2022-09-20T09:55:26","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1707"},"modified":"2022-09-20T09:55:26","modified_gmt":"2022-09-20T09:55:26","slug":"affaire-mehmet-taner-senturk-c-turkiye-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-51470-15","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1707","title":{"rendered":"AFFAIRE MEHMET TANER \u015eENT\u00dcRK c. T\u00dcRK\u0130YE (Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme) 51470\/15"},"content":{"rendered":"<p>La requ\u00eate concerne la d\u00e9molition par l\u2019administration d\u2019une maison de fortune construite ill\u00e9galement par le requ\u00e9rant sur un terrain public qui avait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 dans le plan d\u2019urbanisme<!--more--> \u00e0 la construction d\u2019une \u00e9cole.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\">DEUXI\u00c8ME SECTION<br \/>\n<strong>AFFAIRE MEHMET TANER \u015eENT\u00dcRK c. T\u00dcRK\u0130YE<\/strong><br \/>\n<em>(Requ\u00eate no 51470\/15)<\/em><br \/>\nARR\u00caT<\/p>\n<p>Art 6 (civil) \u2022 Acc\u00e8s \u00e0 un tribunal \u2022 D\u00e9molition par l\u2019administration d\u2019une maison de fortune construite ill\u00e9galement sur un terrain public alors que le tribunal administratif avait ordonn\u00e9 la suspension de l\u2019ex\u00e9cution de la d\u00e9cision administrative de d\u00e9molition dans des d\u00e9cisions obligatoires et ex\u00e9cutoires<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">STRASBOURG<br \/>\n20 septembre 2022<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat deviendra d\u00e9finitif dans les conditions d\u00e9finies \u00e0 l\u2019article 44 \u00a7 2 de la Convention . Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire Mehmet Taner \u015eent\u00fcrk c. T\u00fcrkiye,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (deuxi\u00e8me section), si\u00e9geant en une Chambre compos\u00e9e de\u00a0:<\/p>\n<p>Jon Fridrik Kj\u00f8lbro, pr\u00e9sident,<br \/>\nEgidijus K\u016bris,<br \/>\nBranko Lubarda,<br \/>\nPauliine Koskelo,<br \/>\nJovan Ilievski,<br \/>\nGilberto Felici,<br \/>\nSaadet Y\u00fcksel, juges,<br \/>\net de Hasan Bak\u0131rc\u0131, greffier de section,<\/p>\n<p>Vu la requ\u00eate (no 51470\/15) dirig\u00e9e contre la R\u00e9publique de Turquie et dont un ressortissant de cet \u00c9tat, M. Mehmet Taner \u015eent\u00fcrk (\u00ab\u00a0le\u00a0requ\u00e9rant\u00a0\u00bb) a saisi la Cour le 15 ao\u00fbt 2010 en vertu de l\u2019article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la\u00a0Convention\u00a0\u00bb),<\/p>\n<p>Vu la d\u00e9cision de porter la requ\u00eate \u00e0 la connaissance du gouvernement turc (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb),<\/p>\n<p>Vu les observations des parties,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 30 ao\u00fbt 2022,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>1. La requ\u00eate concerne la d\u00e9molition par l\u2019administration d\u2019une maison de fortune construite ill\u00e9galement par le requ\u00e9rant sur un terrain public qui avait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 dans le plan d\u2019urbanisme \u00e0 la construction d\u2019une \u00e9cole.<\/p>\n<p><strong>EN FAIT<\/strong><\/p>\n<p>2. Le requ\u00e9rant est n\u00e9 en 1950 et r\u00e9side \u00e0 Ankara. Il a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par Me\u00a0A. Akkaymak, avocat. Le Gouvernement a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par son agent, M.\u00a0Hac\u0131 Ali A\u00e7\u0131kg\u00fcl, Chef du service des droits de l\u2019homme au minist\u00e8re de la Justice.<\/p>\n<p>3. \u00c0 l\u2019\u00e9poque des faits, le terrain objet de la pr\u00e9sente requ\u00eate faisait partie de la parcelle no 1 situ\u00e9 \u00e0 Alt\u0131nda\u011f (Ankara), laquelle \u00e9tait inscrite sur le registre foncier au nom de la mairie d\u2019Alt\u0131nda\u011f. Le terrain avait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 un service public municipal.<\/p>\n<p>4. Le 18 mai 1985, le requ\u00e9rant saisit l\u2019administration en vue d\u2019obtenir la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une partie de la parcelle no 1 correspondant \u00e0 une superficie de 366\u00a0m2. Dans le formulaire de requ\u00eate tendant \u00e0 obtenir un certificat d\u2019attribution de propri\u00e9t\u00e9 (Tapu tahsis belgesi, ci-apr\u00e8s \u00ab\u00a0le certificat d\u2019attribution\u00a0\u00bb, il mentionna que la maison de fortune dans laquelle il habitait avait \u00e9t\u00e9 b\u00e2tie sur ce terrain en 1940.<\/p>\n<p>5. Le 1er ao\u00fbt 1986, sur le fondement de la loi no 2981, la mairie d\u2019Alt\u0131nda\u011f d\u00e9livra au requ\u00e9rant le certificat d\u2019attribution concernant le terrain de 366\u00a0m2 de la parcelle en cause.<\/p>\n<p>6. Le 30 septembre 2004, la mairie d\u2019Alt\u0131nda\u011f d\u00e9cida de d\u00e9molir la maison de fortune du requ\u00e9rant. Cette d\u00e9cision ne fut pas notifi\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9.<\/p>\n<p>7. Le 8 octobre 2004, l\u2019administration commen\u00e7a \u00e0 d\u00e9molir la maison.<\/p>\n<p>8. Le 13 octobre 2004, \u00e0 la suite de la demande de sursis \u00e0 ex\u00e9cution et d\u2019annulation de la d\u00e9cision de d\u00e9molition form\u00e9e par le requ\u00e9rant, le tribunal administratif d\u2019Ankara ordonna le sursis \u00e0 ex\u00e9cution de la d\u00e9cision de d\u00e9molition.<\/p>\n<p>9. Le 19 octobre 2004, \u00e0 la demande du tribunal, un expert ing\u00e9nieur en b\u00e2timent se rendit sur les lieux. Il constata qu\u2019environ 30 % de la maison avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie.<\/p>\n<p>10. Dans son m\u00e9moire en d\u00e9fense, l\u2019administration indiqua que la maison en cause avait \u00e9t\u00e9 construite sur une parcelle qui avait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e dans les plans d\u2019urbanisme de 1959 et de 1976 \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019une \u00e9cole et qu\u2019il n\u2019\u00e9tait d\u00e8s lors pas possible que le requ\u00e9rant p\u00fbt \u00eatre titulaire d\u2019un quelconque droit sur le terrain en question.<\/p>\n<p>11. Le 13 d\u00e9cembre 2004, l\u2019administration annula le certificat d\u2019attribution d\u00e9livr\u00e9 au requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>12. Le 22 d\u00e9cembre 2004, le tribunal administratif demanda \u00e0 la mairie si une d\u00e9cision en bonne et due forme avait \u00e9t\u00e9 prise avant la d\u00e9molition et si le certificat d\u2019attribution avait \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 au pr\u00e9alable. Il ordonna une nouvelle fois le sursis \u00e0 ex\u00e9cution de la d\u00e9cision de d\u00e9molition.<\/p>\n<p>13. Le 26 janvier 2005, l\u2019administration acheva la d\u00e9molition de la maison du requ\u00e9rant malgr\u00e9 le sursis \u00e0 ex\u00e9cution ordonn\u00e9 par le tribunal administratif.<\/p>\n<p>14. Le 27 janvier 2005, un architecte, expert judiciaire asserment\u00e9, constata qu\u2019un jour avant l\u2019expertise judiciaire pr\u00e9vue, la maison litigieuse avait \u00e9t\u00e9 totalement d\u00e9molie et que trois peupliers avaient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s \u00e0 la racine. Il estima la valeur de la maison et des arbres \u00e0 38\u00a0309\u00a0livres turques ((TRY), soit environ 22\u00a0000 euros (EUR) \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits).<\/p>\n<p>15. Le 14 f\u00e9vrier 2005, le requ\u00e9rant sollicita de la mairie le paiement de la somme accord\u00e9e au titre du dommage mat\u00e9riel tel que calcul\u00e9 dans le rapport d\u2019expertise.<\/p>\n<p>16. Le 1er mars 2005, la mairie rejeta cette demande au motif que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019\u00e9tait titulaire d\u2019aucun droit.<\/p>\n<p>17. Le 7 mars 2005, elle r\u00e9pondit \u00e0 la question pos\u00e9e par le tribunal le 22\u00a0d\u00e9cembre 2004. Elle indiqua que le certificat d\u2019attribution du requ\u00e9rant avait \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 2004 et que la maison construite ill\u00e9galement par le requ\u00e9rant avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie en application de la loi no 775 relative aux constructions irr\u00e9guli\u00e8res. Elle souligna que, tout au long de la semaine pr\u00e9c\u00e9dant la d\u00e9molition, des annonces sur la d\u00e9molition avait \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es par les haut-parleurs des v\u00e9hicules de la municipalit\u00e9.<\/p>\n<p>18. Le 9 mars 2005, toujours dans le cadre de la demande de sursis \u00e0 ex\u00e9cution et d\u2019annulation de la d\u00e9cision de d\u00e9molition et en r\u00e9ponse aux observations en d\u00e9fense de l\u2019administration, le requ\u00e9rant sollicita aupr\u00e8s du tribunal\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013 une ordonnance de sursis \u00e0 ex\u00e9cution de la d\u00e9molition (alors m\u00eame que la maison avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 d\u00e9molie),<\/p>\n<p>\u2013 la condamnation de l\u2019administration \u00e0 lui payer 38\u00a0309\u00a0TRY.<\/p>\n<p>19. Le 25 mars 2005, le tribunal administratif rejeta la demande de sursis \u00e0 ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>20. Le 13 juillet 2005, le tribunal r\u00e9gional administratif d\u2019Ankara confirma cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p>21. Dans une demande additionnelle du 11 ao\u00fbt 2005, le requ\u00e9rant sollicita aupr\u00e8s du tribunal l\u2019attribution par l\u2019administration d\u2019un nouveau terrain et \u00e9galement le paiement d\u2019une indemnit\u00e9 pour la valeur des mat\u00e9riaux de la maison d\u00e9molie. Il r\u00e9it\u00e9ra \u00e9galement sa demande concernant le paiement de la valeur de la maison avant sa d\u00e9molition.<\/p>\n<p>22. Par un jugement du 27 octobre 2005, le tribunal administratif d\u00e9bouta le requ\u00e9rant. Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 l\u2019objet du litige, qui \u00e9tait la demande d\u2019annulation de la d\u00e9cision de d\u00e9molition prise par l\u2019administration, il consid\u00e9ra que cette d\u00e9cision n\u2019\u00e9tait entach\u00e9e d\u2019aucune ill\u00e9galit\u00e9 d\u00e8s lors que le requ\u00e9rant ne remplissait pas les conditions requises pour b\u00e9n\u00e9ficier des dispositions de la loi no 2981. Il ajouta que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019aurait pas d\u00fb obtenir le certificat d\u2019attribution en 1986 dans la mesure o\u00f9 sa maison, construite ill\u00e9galement sur un terrain appartenant \u00e0 la mairie, \u00e9tait situ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans une zone affect\u00e9e dans le plan d\u2019urbanisme \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019une \u00e9cole.<\/p>\n<p>23. Le requ\u00e9rant se pourvut en cassation contre ce jugement.<\/p>\n<p>24. Par un arr\u00eat du 18 mars 2008, le Conseil d\u2019\u00c9tat confirma le jugement attaqu\u00e9.<\/p>\n<p>25. Le 26 janvier 2010, il rejeta le recours en rectification de l\u2019arr\u00eat du 18\u00a0mars 2008. Cette d\u00e9cision fut notifi\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9pouse du requ\u00e9rant le 16\u00a0f\u00e9vrier 2010.<\/p>\n<p><strong>LE CADRE JURIDIQUE ET LA PRATIQUE INTERNES PERTINENTS<\/strong><\/p>\n<p><strong>I. L\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions juridictionnelles rendues \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019administration<\/strong><\/p>\n<p>26. En vertu de l\u2019article 138 \u00a7 4 de la Constitution et de l\u2019article 28 \u00a7\u00a01 de la loi no\u00a02577 sur la proc\u00e9dure administrative, les pouvoirs l\u00e9gislatif et ex\u00e9cutif ainsi que toutes les autorit\u00e9s administratives sont tenus de respecter les d\u00e9cisions de justice rendues \u00e0 leur encontre. Ces dispositions se lisent comme suit\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article 138 \u00a7 4 de la Constitution<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les organes des pouvoirs ex\u00e9cutif et l\u00e9gislatif ainsi que l\u2019administration sont tenus de se conformer aux d\u00e9cisions judiciaires ; lesdits organes et l\u2019administration ne peuvent, en aucun cas, modifier les d\u00e9cisions judiciaires ni en diff\u00e9rer l\u2019ex\u00e9cution.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article 28 \u00a7 1 de la loi no\u00a02577<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. L\u2019administration est tenue d\u2019adopter sans tarder l\u2019acte ou l\u2019action requis par les d\u00e9cisions au fond et les ordonnances de sursis \u00e0 ex\u00e9cution rendues par le Conseil d\u2019\u00c9tat ou les tribunaux administratifs (&#8230;) Le d\u00e9lai [pour ce faire] ne peut en aucun cas d\u00e9passer les trente jours qui suivent la notification de la d\u00e9cision \u00e0 l\u2019administration.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>II. La reconnaissance du droit de propri\u00e9t\u00e9 et la responsabilit\u00e9 de l\u2019administration<\/strong><\/p>\n<p>27. L\u2019article 35 de la Constitution turque dispose ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Chacun poss\u00e8de les droits de propri\u00e9t\u00e9 et d\u2019h\u00e9ritage. Ces droits peuvent \u00eatre limit\u00e9s par la loi, mais uniquement dans un but d\u2019int\u00e9r\u00eat public. Le droit de propri\u00e9t\u00e9 ne peut \u00eatre exerc\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>28. Aux termes des paragraphes 1 et 7 de l\u2019article 125 de la Constitution,<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout acte ou d\u00e9cision de l\u2019administration est susceptible d\u2019un contr\u00f4le juridictionnel.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>L\u2019administration est tenue de r\u00e9parer tout dommage r\u00e9sultant de ses actes et d\u00e9cisions.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>29. Le corollaire de ce principe est d\u00e9fini dans les articles 11 \u00e0 13 de la loi no 2577 sur la proc\u00e9dure administrative. En effet, en vertu de ces dispositions, toute victime d\u2019un dommage r\u00e9sultant d\u2019un acte de l\u2019administration peut demander r\u00e9paration \u00e0 cette derni\u00e8re dans un d\u00e9lai d\u2019un an \u00e0 compter de la date de l\u2019acte all\u00e9gu\u00e9. En cas de rejet de tout ou partie de la demande, ou si aucune r\u00e9ponse n\u2019a \u00e9t\u00e9 obtenue dans un d\u00e9lai de soixante jours, la victime peut engager une proc\u00e9dure devant la juridiction administrative.<\/p>\n<p><strong>EN DROIT<\/strong><\/p>\n<p><strong>I. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 6 \u00a7 1 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>30. Le requ\u00e9rant all\u00e8gue que l\u2019administration a d\u00e9moli sa maison alors m\u00eame que le tribunal administratif d\u2019Ankara avait ordonn\u00e9 le sursis \u00e0 ex\u00e9cution de la d\u00e9molition. Il invoque l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention, dont le passage pertinent se lit ainsi\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement (&#8230;) par un tribunal (&#8230;) qui d\u00e9cidera (&#8230;) des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil (&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Sur la recevabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>31. Le Gouvernement soul\u00e8ve deux exceptions d\u2019irrecevabilit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013 l\u2019all\u00e9gation du requ\u00e9rant concernant la non-ex\u00e9cution de la d\u00e9cision de sursis \u00e0 ex\u00e9cution rendue par le tribunal administratif serait incompatible ratione materiae avec les dispositions de la Convention d\u00e8s lors que celle-ci ne serait qu\u2019une d\u00e9cision provisoire,<\/p>\n<p>\u2013 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 aurait pu et aurait d\u00fb saisir les tribunaux d\u2019une demande en indemnisation, car le fait que l\u2019administration n\u2019ex\u00e9cute pas une d\u00e9cision rendue par un tribunal serait consid\u00e9r\u00e9 dans la jurisprudence des juridictions administratives depuis 1947 comme une faute lourde de service au sens de la loi no 2577.<\/p>\n<p>32. La Cour rappelle que l\u2019article 6 de la Convention est applicable \u00e0 une proc\u00e9dure provisoire qui a le m\u00eame objet que la proc\u00e9dure au principal en cours, lorsque l\u2019ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 est ex\u00e9cutoire imm\u00e9diatement et vise \u00e0 se prononcer sur le m\u00eame droit (Micallef c. Malte [GC], no 17056\/06,<br \/>\n\u00a7\u00a7 80-86, CEDH 2009, RTBF c. Belgique, no 50084\/06, \u00a7\u00a7\u00a064-65, CEDH\u00a02011 (extraits), et Central Mediterranean Development Corporation Limited c. Malte (no 2), no 18544\/08, \u00a7\u00a7 21-23, 22 novembre 2011). Tel \u00e9tait \u00e9galement assur\u00e9ment le cas en l\u2019esp\u00e8ce (paragraphes 8 et 12 ci-dessus). D\u00e8s lors, l\u2019exception du Gouvernement ne saurait \u00eatre retenue.<\/p>\n<p>33. Pour ce qui est de la question de l\u2019\u00e9puisement des voies de recours internes, la Cour a d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que l\u2019octroi d\u2019une indemnit\u00e9 au titre des dispositions \u00e0 caract\u00e8re de lex specialis de la loi no 2577 ne pouvait constituer un redressement ad\u00e9quat des griefs tir\u00e9s de la non-ex\u00e9cution des jugements administratifs, tels que ceux en cause en l\u2019esp\u00e8ce (Ahmet Okyay et autres c.\u00a0Turquie (d\u00e9c.), no 36220\/97, 17 janvier 2002, et S\u00fczer et Eksen Holding A.\u015e. c. Turquie, no 6334\/05, \u00a7 95, 23 octobre 2012). Elle ne voit aucune raison de se d\u00e9partir de ce constat. Elle rejette donc \u00e9galement l\u2019exception soulev\u00e9e \u00e0 ce titre.<\/p>\n<p>34. La Cour estime par ailleurs que les griefs du requ\u00e9rant ne sont pas manifestement mal fond\u00e9s au sens de l\u2019article 35 \u00a7 3 de la Convention et qu\u2019ils ne se heurtent \u00e0 aucun autre motif d\u2019irrecevabilit\u00e9. Il convient donc de les d\u00e9clarer recevables.<\/p>\n<p><strong>B. Sur le fond<\/strong><\/p>\n<p>35. Le requ\u00e9rant all\u00e8gue une violation de son droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable en raison de l\u2019inex\u00e9cution par l\u2019administration de la d\u00e9cision du sursis \u00e0 ex\u00e9cution rendue par le tribunal administratif.<\/p>\n<p>36. Le Gouvernement fait remarquer qu\u2019\u00e0 l\u2019issue de la proc\u00e9dure, les juridictions administratives ont fini par rejeter la demande de sursis \u00e0 ex\u00e9cution du requ\u00e9rant et que d\u00e8s lors, il ne serait pas possible de conclure \u00e0 l\u2019absence d\u2019ex\u00e9cution par l\u2019administration d\u2019une d\u00e9cision de justice d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>37. La Cour r\u00e9affirme que le droit \u00e0 un tribunal garanti par l\u2019article 6 de la Convention serait illusoire si l\u2019ordre juridique interne d\u2019un \u00c9tat contractant permettait qu\u2019une d\u00e9cision judiciaire d\u00e9finitive et obligatoire reste inop\u00e9rante au d\u00e9triment d\u2019une partie. En effet, l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un jugement ou arr\u00eat, de quelque juridiction que ce soit, doit donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme faisant partie int\u00e9grante du \u00ab proc\u00e8s \u00bb au sens de l\u2019article 6 (Hornsby c. Gr\u00e8ce, 19\u00a0mars 1997, \u00a7 40, Recueil des arr\u00eats et d\u00e9cisions 1997-II, Immobiliare Saffi c.\u00a0Italie [GC], no 22774\/93, \u00a7\u00a063, CEDH 1999\u2011V, et Bourdov c. Russie (no\u00a02), no\u00a033509\/04, \u00a7 65, CEDH 2009).<\/p>\n<p>38. Ce principe rev\u00eat encore plus d\u2019importance dans le contexte du contentieux administratif, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un diff\u00e9rend dont l\u2019issue est d\u00e9terminante pour les droits civils de l\u2019administr\u00e9. En introduisant, par exemple, comme en l\u2019esp\u00e8ce, une demande de sursis \u00e0 ex\u00e9cution, celui vise \u00e0 rem\u00e9dier aux cons\u00e9quences irr\u00e9m\u00e9diables que pourrait avoir l\u2019ex\u00e9cution imm\u00e9diate d\u2019une d\u00e9cision administrative. La protection effective du justiciable implique l\u2019obligation imp\u00e9rative pour l\u2019administration de se plier aux d\u00e9cisions de justice rendues contre elle. Si l\u2019administration refuse ou omet de s\u2019ex\u00e9cuter, ou encore tarde \u00e0 le faire, les garanties de l\u2019article 6 dont a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 le justiciable pendant la phase judiciaire de la proc\u00e9dure perdent toute raison d\u2019\u00eatre (Costin c. Roumanie, no 57810\/00, \u00a7 27, 26 mai 2005, Iera Moni Profitou Iliou Thiras c. Gr\u00e8ce, no 32259\/02, \u00a7 34, 22 d\u00e9cembre 2005, et Ni\u0163escu c. Roumanie, no 26004\/03, \u00a7 32, 24 mars 2009).<\/p>\n<p>39. En tout \u00e9tat de cause, une personne qui a obtenu un jugement contre l\u2019\u00c9tat n\u2019a pas \u00e0 ouvrir une proc\u00e9dure distincte pour en obtenir l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e\u00a0: c\u2019est au premier chef aux autorit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat qu\u2019il incombe de garantir l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision de justice rendue contre celui-ci, et ce d\u00e8s la date \u00e0 laquelle cette d\u00e9cision devient obligatoire et ex\u00e9cutoire. Pareil jugement doit \u00eatre signifi\u00e9 en bonne et due forme \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 concern\u00e9e de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur, laquelle est alors \u00e0 m\u00eame de faire toutes les d\u00e9marches n\u00e9cessaires pour s\u2019y conformer ou pour le communiquer \u00e0 une autre autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat comp\u00e9tente pour les questions d\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions de justice (S\u00fczer et Eksen Holding A.\u015e. c. Turquie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 118).<\/p>\n<p>40. Dans les circonstances de la cause, contrairement \u00e0 ce que le Gouvernement sugg\u00e8re (paragraphe 36 ci-dessus), la Cour observe que l\u2019article\u00a028 \u00a7 1 de la loi no 2577 est applicable non seulement aux d\u00e9cisions juridictionnelles d\u00e9finitives rendues au fond mais \u00e9galement \u00e0 celles qui \u00e9taient relatives aux sursis \u00e0 ex\u00e9cution (paragraphe 26 ci-dessus). Autrement dit, il ne pr\u00eate pas \u00e0 controverse que les deux d\u00e9cisions rendues les 13\u00a0octobre et 22 d\u00e9cembre 2004 par le tribunal administratif d\u2019Ankara \u00e9taient obligatoires et ex\u00e9cutoires (paragraphes 8 et 12 ci-dessus).<\/p>\n<p>41. Or alors que le tribunal administratif avait ordonn\u00e9 la suspension de l\u2019ex\u00e9cution de la d\u00e9cision administrative de d\u00e9molition, l\u2019administration a d\u00e9moli la maison du requ\u00e9rant (paragraphes 13 et 14 ci-dessus).<\/p>\n<p>42. La Cour consid\u00e8re qu\u2019une telle situation n\u2019est ni compatible avec le droit turc ni avec les principes g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019article 6 de la Convention et qu\u2019elle porte manifestement atteinte \u00e0 l\u2019\u00c9tat de droit, fond\u00e9 sur la pr\u00e9\u00e9minence du droit et la s\u00e9curit\u00e9 des rapports juridiques.<\/p>\n<p>43. D\u00e8s lors, la Cour conclut qu\u2019en agissant ainsi, l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur a m\u00e9connu le droit du requ\u00e9rant \u00e0 un tribunal et a ainsi priv\u00e9 les dispositions de l\u2019article\u00a06 \u00a7 1 de la Convention de tout effet utile.<\/p>\n<p>44. Partant, il y a eu violation de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention.<\/p>\n<p><strong>II. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 1 DU PROTOCOLE No 1 \u00c0 LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>45. Le requ\u00e9rant all\u00e8gue que les circonstances de la cause ont emport\u00e9 violation de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p>46. Le Gouvernement soul\u00e8ve plusieurs exceptions d\u2019irrecevabilit\u00e9 dont l\u2019une est tir\u00e9e de la r\u00e8gle de l\u2019\u00e9puisement des voies recours internes. Il fait valoir que le requ\u00e9rant aurait d\u00fb saisir les tribunaux administratifs d\u2019une action en indemnisation dans les soixante jours suivant la d\u00e9molition de sa maison (Conseil d\u2019\u00c9tat, E. 2011\/15602, K. 2013\/1194, arr\u00eat du 21\u00a0f\u00e9vrier 2013).<\/p>\n<p>47. D\u2019embl\u00e9e, la Cour estime qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire, dans les circonstances de l\u2019esp\u00e8ce, qu\u2019elle tranche la question de savoir si le requ\u00e9rant \u00e9tait titulaire d\u2019un \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb au sens de l\u2019article 1 du Protocole no 1 \u00e0 la Convention, d\u00e8s lors que le grief tir\u00e9 de cette disposition est en toute hypoth\u00e8se irrecevable pour non-\u00e9puisement des voies de recours internes.<\/p>\n<p>48. En effet, elle rappelle qu\u2019en vertu de l\u2019article 35 \u00a7 1 de la Convention, elle ne peut \u00eatre saisie qu\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9puisement des voies de recours internes. Les \u00c9tats n\u2019ont pas \u00e0 r\u00e9pondre de leurs actes devant un organisme international avant d\u2019avoir eu la possibilit\u00e9 de redresser la situation dans leur ordre juridique interne. Les personnes d\u00e9sireuses de se pr\u00e9valoir de la comp\u00e9tence de contr\u00f4le de la Cour relativement \u00e0 des griefs dirig\u00e9s contre un \u00c9tat ont donc l\u2019obligation d\u2019utiliser auparavant les recours qu\u2019offre le syst\u00e8me juridique de celui-ci. L\u2019obligation d\u2019\u00e9puiser les voies de recours internes impose aux requ\u00e9rants de faire un usage normal des recours disponibles et suffisants pour leur permettre d\u2019obtenir r\u00e9paration des violations qu\u2019ils all\u00e8guent. Ces recours doivent exister \u00e0 un degr\u00e9 suffisant de certitude, en pratique comme en th\u00e9orie, sans quoi leur manquent l\u2019effectivit\u00e9 et l\u2019accessibilit\u00e9 voulues (Vu\u010dkovi\u0107 et autres c. Serbie (exception pr\u00e9liminaire) [GC], nos\u00a017153\/11 et 29 autres, \u00a7\u00a7 70-71, 25 mars 2014, et Gherghina c.\u00a0Roumanie (d\u00e9c.) [GC], no 42219\/07, \u00a7 85, 9 juillet 2015).<\/p>\n<p>49. En l\u2019esp\u00e8ce, la Cour note effectivement que le requ\u00e9rant s\u2019est seulement content\u00e9 de demander l\u2019annulation de la d\u00e9cision de d\u00e9molition devant les juridictions administratives mais qu\u2019il a omis d\u2019intenter une action en indemnisation contre l\u2019administration conform\u00e9ment aux r\u00e8gles proc\u00e9durales pr\u00e9vues par la loi. En effet, comme le souligne le Gouvernement, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 aurait d\u00fb saisir les tribunaux administratifs d\u2019une telle action par un recours distinct. Or il a sollicit\u00e9 une indemnit\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re assur\u00e9ment irr\u00e9guli\u00e8re par des demandes additionnelles form\u00e9es dans le cadre du recours qui avait pour seul objet une demande en annulation.<\/p>\n<p>50. D\u00e8s lors, le requ\u00e9rant n\u2019ayant pas respect\u00e9 les r\u00e8gles proc\u00e9durales pr\u00e9vues en droit interne et n\u2019ayant donc pas intent\u00e9 devant les tribunaux administratifs une action en indemnisation en bonne et due forme, la Cour consid\u00e8re que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019a pas \u00e9puis\u00e9 les voies de recours internes au sens de l\u2019article 35 \u00a7 1 de la Convention.<\/p>\n<p>51. Il s\u2019ensuit que cette partie de la requ\u00eate doit \u00eatre rejet\u00e9e en application de l\u2019article 35 \u00a7 4 de la Convention.<\/p>\n<p><strong>III. SUR L\u2019APPLICATION DE L\u2019ARTICLE 41 DE LA CONVENTION<\/strong><\/p>\n<p>52. Aux termes de l\u2019article 41 de la Convention\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si la Cour d\u00e9clare qu\u2019il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d\u2019effacer qu\u2019imparfaitement les cons\u00e9quences de cette violation, la Cour accorde \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e, s\u2019il y a lieu, une satisfaction \u00e9quitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>53. Le requ\u00e9rant demande 168\u00a0944 livres turques (TRY) pour pr\u00e9judice mat\u00e9riel et moral ainsi que l\u2019attribution d\u2019un terrain de 366 m2 \u00e9quivalant \u00e0 celui qu\u2019il a perdu.<\/p>\n<p>54. Le Gouvernement conteste ces pr\u00e9tentions.<\/p>\n<p>55. La Cour rappelle avoir conclu \u00e0 la violation de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention. Elle n\u2019aper\u00e7oit pas de lien de causalit\u00e9 entre la violation constat\u00e9e et le dommage mat\u00e9riel all\u00e9gu\u00e9 et, d\u00e8s lors, elle rejette la demande y aff\u00e9rente.<\/p>\n<p>56. En revanche, elle estime que le requ\u00e9rant a subi un dommage moral que\u00a0le constat de violation de la Convention dans le pr\u00e9sent arr\u00eat ne suffit pas \u00e0 r\u00e9parer. D\u00e8s lors, statuant en \u00e9quit\u00e9, elle d\u00e9cide d\u2019allouer \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 la somme de 6\u00a0000 euros (EUR) pour dommage moral,\u00a0plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t sur cette somme.<\/p>\n<p>57. La Cour observe que le requ\u00e9rant n\u2019a pas pr\u00e9sent\u00e9 de demande au titre des frais et d\u00e9pens. En cons\u00e9quence, elle estime qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de lui octroyer de somme \u00e0 ce titre.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare le grief concernant l\u2019article 6 \u00a7 1 recevable et le surplus de la requ\u00eate irrecevable\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser au requ\u00e9rant, dans un d\u00e9lai de trois mois \u00e0 compter de la date \u00e0 laquelle l\u2019arr\u00eat sera devenu d\u00e9finitif conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article\u00a044\u00a0\u00a7\u00a02 de la Convention, 6000 EUR (six mille euros), \u00e0 convertir en livre turque au taux applicable \u00e0 la date du r\u00e8glement, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t sur cette somme, pour dommage moral\u00a0;<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ce montant sera \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage\u00a0;<\/p>\n<p>4. Rejette le surplus de la demande de satisfaction \u00e9quitable.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 20 septembre 2022, en application de l\u2019article 77 \u00a7\u00a7 2 et 3 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Hasan Bak\u0131rc\u0131 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Jon Fridrik Kj\u00f8lbro<br \/>\nGreffier \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Pr\u00e9sident<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1707\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1707&text=AFFAIRE+MEHMET+TANER+%C5%9EENT%C3%9CRK+c.+T%C3%9CRK%C4%B0YE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+51470%2F15\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1707&title=AFFAIRE+MEHMET+TANER+%C5%9EENT%C3%9CRK+c.+T%C3%9CRK%C4%B0YE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+51470%2F15\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1707&description=AFFAIRE+MEHMET+TANER+%C5%9EENT%C3%9CRK+c.+T%C3%9CRK%C4%B0YE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+51470%2F15\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La requ\u00eate concerne la d\u00e9molition par l\u2019administration d\u2019une maison de fortune construite ill\u00e9galement par le requ\u00e9rant sur un terrain public qui avait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 dans le plan d\u2019urbanisme FacebookTwitterLinkedInPinterest<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1707\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1707","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme"],"modified_by":"loisdumonde","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1707","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1707"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1707\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1708,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1707\/revisions\/1708"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1707"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1707"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}