{"id":1057,"date":"2021-11-02T10:50:54","date_gmt":"2021-11-02T10:50:54","guid":{"rendered":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1057"},"modified":"2021-11-02T10:51:32","modified_gmt":"2021-11-02T10:51:32","slug":"affaire-abu-garbieh-c-roumanie-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-requete-no-60975-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1057","title":{"rendered":"AFFAIRE ABU GARBIEH c. ROUMANIE (Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme) Requ\u00eate no 60975\/13"},"content":{"rendered":"<p>La requ\u00eate a trait \u00e0 la question des garanties proc\u00e9durales dont le requ\u00e9rant estime avoir \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 dans le cadre de la proc\u00e9dure administrative \u00e0 l\u2019issue de laquelle<!--more--> il a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 d\u2019une interdiction du territoire roumain d\u2019une dur\u00e9e de dix ans, pour des raisons li\u00e9es \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Sont en jeu l\u2019article\u00a08 de la Convention, pris seul et en combinaison avec l\u2019article 13 de la Convention, et l\u2019article 1 du Protocole no 7 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\">QUATRI\u00c8ME SECTION<br \/>\n<strong>AFFAIRE ABU GARBIEH c. ROUMANIE<\/strong><br \/>\n<em>(Requ\u00eate no 60975\/13)<\/em><br \/>\nARR\u00caT<br \/>\nSTRASBOURG<br \/>\n2 novembre 2021<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat est d\u00e9finitif. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p><strong>En l\u2019affaire Abu Garbieh c. Roumanie,<\/strong><\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (quatri\u00e8me section), si\u00e9geant en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0:<\/p>\n<p>Gabriele Kucsko-Stadlmayer, pr\u00e9sidente,<br \/>\nIulia Antoanella Motoc,<br \/>\nPere Pastor Vilanova, juges,<br \/>\net de Ilse Freiwirth, greffi\u00e8re adjointe de section,<\/p>\n<p>Vu\u00a0:<\/p>\n<p>la requ\u00eate (no\u00a060975\/13) dirig\u00e9e contre la Roumanie et dont un ressortissant jordanien, M. Elias Abd Elsamd Mohamad Abu Garbieh (\u00ab\u00a0le requ\u00e9rant\u00a0\u00bb), a saisi la Cour le 21 septembre 2013 en vertu de l\u2019article\u00a034 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la Convention\u00a0\u00bb),<\/p>\n<p>la d\u00e9cision de porter la requ\u00eate \u00e0 la connaissance du gouvernement roumain (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb),<\/p>\n<p>les observations des parties,<\/p>\n<p>la d\u00e9cision par laquelle la Cour a rejet\u00e9 l\u2019opposition partielle du Gouvernement \u00e0 l\u2019examen de la requ\u00eate par un comit\u00e9,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 28 septembre 2021,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>1. La requ\u00eate a trait \u00e0 la question des garanties proc\u00e9durales dont le requ\u00e9rant estime avoir \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 dans le cadre de la proc\u00e9dure administrative \u00e0 l\u2019issue de laquelle il a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 d\u2019une interdiction du territoire roumain d\u2019une dur\u00e9e de dix ans, pour des raisons li\u00e9es \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Sont en jeu l\u2019article\u00a08 de la Convention, pris seul et en combinaison avec l\u2019article 13 de la Convention, et l\u2019article 1 du Protocole no 7 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p><strong>EN FAIT<\/strong><\/p>\n<p>2. Le requ\u00e9rant est n\u00e9 en 1959 et r\u00e9side \u00e0 Tel-Aviv. Il a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par Me\u00a0G. Axinte, avocate.<\/p>\n<p>3. Le Gouvernement a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par son agente, Mme O. Ezer, du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>4. D\u00e8s 1991, le requ\u00e9rant, ressortissant jordanien, d\u00e9veloppa des activit\u00e9s commerciales en Roumanie\u00a0; il y cr\u00e9a une entreprise, qu\u2019il administra. Il se mit en couple avec une ressortissante roumaine, avec qui il eut deux enfants. En 2002, il \u00e9tablit sa r\u00e9sidence en Roumanie. En 2012, il obtint\u00a0un titre de s\u00e9jour pour activit\u00e9s commerciales, d\u2019une dur\u00e9e de validit\u00e9 de un an.<\/p>\n<p>5. Le 13 mars 2012, le requ\u00e9rant partit en voyage en Isra\u00ebl.<\/p>\n<p><strong>I. La proc\u00e9dure men\u00e9e en premi\u00e8re instance devant la cour d\u2019appel<\/strong><\/p>\n<p>6. Le 11 mai 2012, le parquet pr\u00e8s la cour d\u2019appel de Bucarest (\u00ab\u00a0le parquet\u00a0\u00bb) saisit la cour d\u2019appel de Bucarest (\u00ab\u00a0la cour d\u2019appel\u00a0\u00bb) d\u2019une action tendant \u00e0 ce que le requ\u00e9rant f\u00fbt d\u00e9clar\u00e9 personne ind\u00e9sirable sur le territoire roumain et \u00e0 ce qu\u2019il lui f\u00fbt interdit d\u2019y s\u00e9journer pour une p\u00e9riode de dix ans. Dans sa demande, le parquet indiqua que, selon des informations class\u00e9es \u00ab\u00a0secr\u00e8tes\u00a0\u00bb (strict secret) mises \u00e0 sa disposition par le Service roumain du renseignement (\u00ab le SRI \u00bb), des indices s\u00e9rieux montraient que le requ\u00e9rant menait des activit\u00e9s de nature \u00e0 mettre en danger la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Le parquet fondait sa demande sur l\u2019article 85 de l\u2019ordonnance d\u2019urgence du Gouvernement n\u2070 194\/2002 sur le r\u00e9gime des \u00e9trangers en Roumanie (\u00ab\u00a0l\u2019OUG n\u2070\u00a0194\/2002\u00a0\u00bb), combin\u00e9 avec l\u2019article 3 i) et l) de la loi n\u2070 51\/1991 sur la s\u00fbret\u00e9 nationale (\u00ab\u00a0la loi n\u2070 51\/1991\u00a0\u00bb) et l\u2019article 44 de la loi n\u2070\u00a0535\/2004 sur la pr\u00e9vention et la r\u00e9pression du terrorisme (\u00ab\u00a0la loi\u00a0n\u2070\u00a0535\/2004\u00a0\u00bb). L\u2019acte de saisine de l\u2019instance ne mentionnait que les articles de loi pr\u00e9cit\u00e9s, sans exposer les faits concrets qui \u00e9taient reproch\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9. \u00c0 l\u2019appui de sa demande, le parquet transmit en m\u00eame temps \u00e0 la cour d\u2019appel les documents class\u00e9s \u00ab\u00a0secrets\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>7. Le 15 mai 2012, le requ\u00e9rant fut cit\u00e9 \u00e0 compara\u00eetre devant la cour d\u2019appel pour le 16 mai 2012 \u00e0 9 heures. Personne n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 au domicile du requ\u00e9rant, la citation \u00e0 compara\u00eetre fut affich\u00e9e sur la porte du logement.<\/p>\n<p>8. Lors de l\u2019audience du 16 mai 2012, \u00e0 laquelle le requ\u00e9rant ne fut ni pr\u00e9sent ni repr\u00e9sent\u00e9, la formation \u00e0 laquelle l\u2019affaire avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e s\u2019en dessaisit, au motif que le juge n\u2019avait pas l\u2019autorisation requise par la loi\u00a0no\u00a0182\/2002 sur la protection des informations secr\u00e8tes (\u00ab\u00a0la loi\u00a0no\u00a0182\/2002\u00a0\u00bb) pour pouvoir acc\u00e9der aux documents secrets que le parquet avait vers\u00e9s au dossier. L\u2019affaire fut attribu\u00e9e \u00e0 une autre formation de jugement, habilit\u00e9e en vertu d\u2019une autorisation d\u00e9livr\u00e9e par l\u2019Office du registre national des informations relevant du secret-d\u00e9fense (\u00ab\u00a0l\u2019ORNISS\u00a0\u00bb) \u00e0 acc\u00e9der aux documents classifi\u00e9s, et une nouvelle audience fut fix\u00e9e au 17\u00a0mai 2012.<\/p>\n<p>9. Le 17 mai 2012, \u00e0 une heure inconnue, le requ\u00e9rant fut cit\u00e9 \u00e0 compara\u00eetre devant la cour d\u2019appel le jour m\u00eame \u00e0 12 heures, la convocation ayant \u00e9t\u00e9 affich\u00e9e sur la porte de son domicile.<\/p>\n<p>10. Le requ\u00e9rant indique qu\u2019il se trouvait alors \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (paragraphe\u00a05 ci-dessus) et n\u2019avait pas connaissance de l\u2019existence de cette proc\u00e9dure. Il ne se pr\u00e9senta pas \u00e0 l\u2019audience qui eut lieu le 17 mai 2012 devant la cour d\u2019appel et il ne mandata pas d\u2019avocat pour le repr\u00e9senter \u00e0 cette occasion.<\/p>\n<p>11. Lors de cette audience, le repr\u00e9sentant de l\u2019Office roumain de l\u2019immigration (\u00ab\u00a0l\u2019ORI\u00a0\u00bb) informa la cour d\u2019appel que le requ\u00e9rant avait quitt\u00e9 le territoire roumain un mois auparavant mais qu\u2019il ne pouvait pas le prouver. Le parquet soutint qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tabli que le requ\u00e9rant se trouv\u00e2t \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et qu\u2019en tout \u00e9tat de cause il pouvait revenir \u00e0 tout moment en Roumanie.<\/p>\n<p>12. Par un arr\u00eat du 17 mai 2012, la cour d\u2019appel fit droit \u00e0 la demande du parquet et d\u00e9clara le requ\u00e9rant ind\u00e9sirable sur le territoire roumain pour une p\u00e9riode de dix ans. Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 la teneur des articles 85 \u00a7\u00a7 1 et 5 de l\u2019OUG no\u00a0194\/2002 et de l\u2019article 3 i) et l) de la loi no 51\/1991, la cour d\u2019appel jugea qu\u2019il ressortait des documents class\u00e9s \u00ab\u00a0secrets\u00a0\u00bb vers\u00e9s au dossier par le parquet que le requ\u00e9rant avait men\u00e9 des activit\u00e9s de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Elle exposa ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0[L]e requ\u00e9rant est impliqu\u00e9 dans des activit\u00e9s connexes au ph\u00e9nom\u00e8ne terroriste, \u00e0 savoir la collecte d\u2019informations sur le territoire de la Roumanie, et il est entr\u00e9 en relation avec des ressortissants \u00e9trangers identifi\u00e9s par divers services de s\u00e9curit\u00e9 de diff\u00e9rents pays \u00e9trangers\u00a0; [il a aussi entretenu] des relations avec certaines organisations terroristes, [il a] collect\u00e9 des fonds pour une organisation extr\u00e9miste-terroriste, il a agi dans le but de consolider les points d\u2019appui en Roumanie de l\u2019entit\u00e9 terroriste, il a sponsoris\u00e9 des entit\u00e9s se trouvant sous l\u2019influence d\u2019une organisation terroriste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>13. L\u2019arr\u00eat du 17 mai 2012 fut r\u00e9dig\u00e9 le 6 f\u00e9vrier 2013 (paragraphe 18 ci-dessous).<\/p>\n<p>14. D\u00e8s lors que le requ\u00e9rant avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 ind\u00e9sirable sur le territoire national (paragraphe 12 ci-dessus), l\u2019ORI r\u00e9voqua le droit de s\u00e9jour de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 en Roumanie par une d\u00e9cision du 21 mai 2012 (paragraphe\u00a04 ci\u2011dessus). Cette d\u00e9cision mentionnait que, par un arr\u00eat du 17 mai 2012, la cour d\u2019appel avait d\u00e9clar\u00e9 le requ\u00e9rant ind\u00e9sirable sur le territoire national.<\/p>\n<p>15. Le 26 juillet 2012, le requ\u00e9rant revint en Roumanie. \u00c0 son arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Bucarest, il se vit opposer une interdiction d\u2019entrer dans le pays au motif que son droit de s\u00e9jour en Roumanie avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9voqu\u00e9 (paragraphe 11 ci-dessus). Une copie de cette d\u00e9cision de r\u00e9vocation (paragraphe 11 ci-dessus) lui fut d\u00e9livr\u00e9e et il fut renvoy\u00e9 en Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>16. Le 31 octobre 2012, le requ\u00e9rant mandata un avocat pour repr\u00e9senter ses int\u00e9r\u00eats en Roumanie. Cet avocat n\u2019\u00e9tait pas titulaire d\u2019un certificat d\u00e9livr\u00e9 par l\u2019ORNISS (paragraphe 25 ci-dessous).<\/p>\n<p><strong>II. La proc\u00e9dure de recours introduite devant la Haute Cour de cassation et de justice<\/strong><\/p>\n<p>17. Le 11 janvier 2013, par le biais de son avocat, le requ\u00e9rant forma devant la Haute Cour de cassation et de justice (\u00ab\u00a0la Haute Cour\u00a0\u00bb) un recours contre l\u2019arr\u00eat du 17 mai 2012.<\/p>\n<p>18. Le 8 f\u00e9vrier 2013, l\u2019arr\u00eat de la cour d\u2019appel du 17 mai 2012 fut communiqu\u00e9 \u00e0 l\u2019avocat du requ\u00e9rant (paragraphe 12 ci-dessus). L\u2019int\u00e9ress\u00e9 dit avoir appris lors de la communication de l\u2019arr\u00eat qu\u2019il \u00e9tait soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir commis des actes mena\u00e7ant la s\u00e9curit\u00e9 nationale, actes cens\u00e9ment \u00e9tablis par des documents class\u00e9s \u00ab\u00a0secrets\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>19. Dans son recours, le requ\u00e9rant nia avoir men\u00e9 des activit\u00e9s terroristes de nature \u00e0 mettre en danger la s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>20. Le 20 mars 2013, son avocat pria la Haute Cour de l\u2019informer des accusations concr\u00e8tes port\u00e9es contre son client et de lui communiquer les preuves vers\u00e9es au dossier. La Haute Cour rejeta sa demande, aux motifs qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas titulaire du certificat ORNISS qui aurait pu lui donner acc\u00e8s aux documents classifi\u00e9s et que la demande d\u2019acc\u00e8s auxdits documents avait \u00e9t\u00e9 faite au nom du requ\u00e9rant alors que ces pi\u00e8ces relevaient d\u2019un r\u00e9gime juridique sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>21. Une audience eut lieu le 21 mars 2013, au cours de laquelle l\u2019avocat du requ\u00e9rant, le repr\u00e9sentant de l\u2019ORI et le procureur expos\u00e8rent oralement leurs arguments.<\/p>\n<p>22. Par un arr\u00eat du 21 mars 2013, la Haute Cour rejeta le recours du requ\u00e9rant. Elle nota que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 des faits qui lui \u00e9taient reproch\u00e9s m\u00eame s\u2019il n\u2019avait pas eu acc\u00e8s aux preuves class\u00e9es \u00ab\u00a0secr\u00e8tes\u00a0\u00bb du dossier. Elle jugea que les moyens du recours ne contredisaient ni les constats de la cour d\u2019appel ni le contenu des preuves classifi\u00e9es.<\/p>\n<p>23. Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 que le requ\u00e9rant avait droit au respect de sa vie priv\u00e9e au regard de l\u2019article 8 de la Convention, la Haute Cour jugea que la mesure prise contre lui \u00e9tait pr\u00e9vue par une loi accessible et pr\u00e9visible et qu\u2019elle poursuivait le but l\u00e9gitime consistant \u00e0 prot\u00e9ger la s\u00e9curit\u00e9 nationale et la s\u00fbret\u00e9 publique. Elle consid\u00e9ra que, compte tenu des faits reproch\u00e9s au requ\u00e9rant, la mesure \u00e9tait proportionn\u00e9e au but poursuivi. \u00c0 cet \u00e9gard, elle estima que, m\u00eame depuis l\u2019\u00e9tranger, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 pouvait soutenir financi\u00e8rement sa famille et maintenir le contact avec ses enfants mineurs rest\u00e9s en Roumanie. Elle souligna qu\u2019il \u00e9tait impliqu\u00e9 dans des activit\u00e9s connexes au ph\u00e9nom\u00e8ne terroriste, \u00e0 savoir la collecte d\u2019informations, des relations avec des ressortissants \u00e9trangers identifi\u00e9s comme ayant appartenu \u00e0 certaines organisations terroristes, la collecte de fonds pour soutenir ces organisations et le financement de certaines entit\u00e9s ayant des liens avec des organisations terroristes.<\/p>\n<p><strong>LE CADRE JURIDIQUE ET LA PRATIQUE INTERNES PERTINENTS<\/strong><\/p>\n<p>24. Les articles pertinents en l\u2019esp\u00e8ce de l\u2019OUG no\u00a0194\/2002 sur le r\u00e9gime des \u00e9trangers en Roumanie, de la loi no 51\/1991 sur la s\u00fbret\u00e9 nationale, de la loi no\u00a0535\/2004 sur la pr\u00e9vention et la r\u00e9pression du terrorisme, de la loi no\u00a0182\/2002 sur la protection des informations secr\u00e8tes et de l\u2019arr\u00eat\u00e9 gouvernemental no\u00a0585\/2002 sont pr\u00e9sent\u00e9s dans l\u2019arr\u00eat Muhammad et Muhammad c. Roumanie [GC] (no 80982\/12, \u00a7\u00a7 49-53, 15\u00a0octobre 2020). L\u2019article 28 de la loi no\u00a0182\/2002 susmentionn\u00e9e, telle qu\u2019en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits, emp\u00eachait la divulgation des informations class\u00e9es secr\u00e8tes \u00e0 des personnes qui n\u2019\u00e9taient pas titulaires d\u2019un certificat les autorisant \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 ce type de documents (ibidem, \u00a7\u00a051).<\/p>\n<p>25. La proc\u00e9dure d\u2019obtention par un avocat d\u2019un certificat ORNISS (paragraphe 17 ci-dessus) est d\u00e9crite dans l\u2019arr\u00eat Muhammad et Muhammad (pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 54-58). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure de v\u00e9rification men\u00e9e dans le cadre d\u2019une demande d\u2019acc\u00e8s \u00e0 des renseignements class\u00e9s \u00ab\u00a0secrets\u00a0\u00bb est de soixante jours ouvr\u00e9s (article 148 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 gouvernemental no 585\/2002). Dans l\u2019affaire Muhammad et Muhammad (arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 58), le Gouvernement a indiqu\u00e9 qu\u2019en d\u00e9cembre 2012 huit avocats \u00e9taient titulaires d\u2019un certificat ORNISS et que, dans la mesure o\u00f9 tout avocat ayant \u00e9t\u00e9 choisi ou d\u00e9sign\u00e9 pour repr\u00e9senter une personne concern\u00e9e par des informations class\u00e9es secr\u00e8tes pouvait solliciter la d\u00e9livrance d\u2019un certificat ORNISS, il n\u2019existait pas de \u00ab\u00a0liste des avocats titulaires d\u2019un certificat ORNISS\u00a0\u00bb (ibidem, \u00a7\u00a057).<\/p>\n<p><strong>EN DROIT<\/strong><\/p>\n<p>I. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 1 DU PROTOCOLE NO 7 \u00c0 LA CONVENTION<\/p>\n<p>26. Le requ\u00e9rant se plaint de ne pas avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de garanties contre l\u2019arbitraire dans la proc\u00e9dure \u00e0 l\u2019issue de laquelle il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 ind\u00e9sirable sur le territoire roumain, en m\u00e9connaissance selon lui de l\u2019article 1 du Protocole no\u00a07 \u00e0 la Convention, ainsi libell\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. Un \u00e9tranger r\u00e9sidant r\u00e9guli\u00e8rement sur le territoire d\u2019un \u00c9tat ne peut en \u00eatre expuls\u00e9 qu\u2019en ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision prise conform\u00e9ment \u00e0 la loi et doit pouvoir\u00a0:<\/p>\n<p>a) faire valoir les raisons qui militent contre son expulsion,<\/p>\n<p>b) faire examiner son cas, et<\/p>\n<p>c) se faire repr\u00e9senter \u00e0 ces fins devant l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente ou une ou plusieurs personnes d\u00e9sign\u00e9es par cette autorit\u00e9.<\/p>\n<p>2. Un \u00e9tranger peut \u00eatre expuls\u00e9 avant l\u2019exercice des droits \u00e9num\u00e9r\u00e9s au paragraphe\u00a01 a), b) et c) de cet article lorsque cette expulsion est n\u00e9cessaire dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019ordre public ou est bas\u00e9e sur des motifs de s\u00e9curit\u00e9 nationale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Sur la recevabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>27. La Cour rappelle que les garanties pr\u00e9vues par l\u2019article 1 du Protocole no\u00a07 ne s\u2019appliquent qu\u2019aux \u00e9trangers \u00ab\u00a0r\u00e9sidant r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0\u00bb sur le territoire d\u2019un \u00c9tat ayant ratifi\u00e9 ce protocole (G\u00e9orgie c. Russie (I) [GC], no\u00a013255\/07, \u00a7 228, CEDH 2014 (extraits)). En outre, la Cour a jug\u00e9 que la notion de \u00ab\u00a0r\u00e9sidence\u00a0\u00bb ne se limite pas \u00e0 la pr\u00e9sence physique mais d\u00e9pend de l\u2019existence de liens suffisants et continus avec un lieu d\u00e9termin\u00e9 (Nolan et K. c. Russie, no 2512\/04, \u00a7 110, 12 f\u00e9vrier 2009).<\/p>\n<p>28. En l\u2019occurrence, lorsque la proc\u00e9dure d\u2019interdiction de s\u00e9jour a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e contre le requ\u00e9rant, celui-ci avait sa r\u00e9sidence en Roumanie, o\u00f9 il disposait d\u2019un titre de s\u00e9jour valable (paragraphes 4 et 6 ci-dessus), fait qui ne pr\u00eate d\u2019ailleurs pas \u00e0 controverse entre les parties. L\u2019int\u00e9ress\u00e9 avait en Roumanie une soci\u00e9t\u00e9 commerciale qu\u2019il administrait lui-m\u00eame et ses deux\u00a0enfants mineurs, de nationalit\u00e9 roumaine, vivaient dans ce pays. Le requ\u00e9rant entretenait donc des liens suffisants et continus avec la Roumanie pour pouvoir \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab\u00a0r\u00e9sidant r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0\u00bb sur le territoire roumain lorsque a \u00e9t\u00e9 entam\u00e9e contre lui la proc\u00e9dure \u00e0 l\u2019issue de laquelle il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 ind\u00e9sirable (voir, mutatis mutandis, Nolan et K., pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a0110). D\u00e8s lors, l\u2019article 1 du Protocole no 7 est applicable en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>29. Constatant que le grief n\u2019est pas manifestement mal fond\u00e9 au sens de l\u2019article 35 \u00a7 3 a) de la Convention et qu\u2019il ne se heurte par ailleurs \u00e0 aucun autre motif d\u2019irrecevabilit\u00e9, la Cour le d\u00e9clare recevable.<\/p>\n<p><strong>B. Sur le fond<\/strong><\/p>\n<p><em>1. Arguments des parties<\/em><\/p>\n<p>30. Le requ\u00e9rant all\u00e8gue que l\u2019OUG no 194\/2002 n\u2019offre pas de garanties minimales qui l\u2019auraient prot\u00e9g\u00e9 contre l\u2019arbitraire des autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>31. Le Gouvernement explique qu\u2019en vertu du droit interne les juridictions nationales comp\u00e9tentes pour examiner l\u2019affaire du requ\u00e9rant, dont il souligne qu\u2019elles sont ind\u00e9pendantes et impartiales, ont eu acc\u00e8s \u00e0 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des documents secrets sur lesquels reposait la demande du parquet. Le Gouvernement indique ensuite que, bien que l\u00e9galement cit\u00e9, le requ\u00e9rant n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019audience de premi\u00e8re instance. Il consid\u00e8re aussi qu\u2019apr\u00e8s avoir appris en juillet 2012 (paragraphe 15 ci-dessus) l\u2019existence de l\u2019arr\u00eat de la cour d\u2019appel du 17 mai 2012, le requ\u00e9rant a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un laps de temps suffisant, jusqu\u2019au moment de l\u2019examen de son recours, pour engager un avocat titulaire d\u2019un certificat ORNISS ou pour que son avocat fasse des d\u00e9marches pour obtenir un tel certificat.<\/p>\n<p><em>2. Appr\u00e9ciation de la Cour<\/em><\/p>\n<p>32. Les principes applicables en la mati\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par la Cour dans l\u2019arr\u00eat Muhammad et Muhammad c.\u00a0Roumanie ([GC] no\u00a080982\/12, \u00a7\u00a7\u00a0125-157, 15\u00a0octobre 2020).<\/p>\n<p>33. En l\u2019occurrence, en vertu de l\u2019article 85 \u00a7 5 de l\u2019OUG no 194\/2002, tel qu\u2019en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits, lorsque la d\u00e9cision de d\u00e9clarer un \u00e9tranger ind\u00e9sirable \u00e9tait fond\u00e9e sur des raisons li\u00e9es \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, les donn\u00e9es et les informations ainsi que les raisons factuelles ayant forg\u00e9 l\u2019opinion des juges ne pouvaient pas \u00eatre mentionn\u00e9es dans l\u2019arr\u00eat (paragraphes 18 et 22 ci-dessus). Par ailleurs, les dispositions l\u00e9gales pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce de la loi no 182\/2002 s\u2019opposaient \u00e0 la divulgation des informations class\u00e9es secr\u00e8tes \u00e0 des personnes qui n\u2019\u00e9taient pas titulaires d\u2019un certificat les autorisant \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 ce type de documents (paragraphe 24 ci-dessus). En application des dispositions l\u00e9gales pertinentes, le requ\u00e9rant n\u2019a pas eu acc\u00e8s aux pi\u00e8ces de son dossier et la cour d\u2019appel, dans son arr\u00eat du 17 mai 2012, a fait une pr\u00e9sentation tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale des faits qui \u00e9taient reproch\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 (paragraphe 8 ci\u2011dessus). Il en est r\u00e9sult\u00e9 une limitation de ses droits d\u00e9coulant de l\u2019article\u00a01 du Protocole no 7 (Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 129).<\/p>\n<p>34. La Cour examinera ci-dessous la n\u00e9cessit\u00e9 des restrictions ainsi apport\u00e9es aux droits proc\u00e9duraux du requ\u00e9rant et les mesures compensatoires mises en place par les autorit\u00e9s nationales pour contrebalancer ces restrictions, avant d\u2019\u00e9valuer leur impact concret sur la situation de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de la proc\u00e9dure dans son ensemble (Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 133-157).<\/p>\n<p>35. Sur la question de savoir si les limitations apport\u00e9es aux droits proc\u00e9duraux du requ\u00e9rant \u00e9taient d\u00fbment justifi\u00e9es, la Cour note qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce la Haute Cour, appliquant les dispositions l\u00e9gales pertinentes, a jug\u00e9 d\u2019embl\u00e9e que l\u2019avocat du requ\u00e9rant ne pouvait pas avoir acc\u00e8s au dossier, sans avoir elle-m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un examen de la n\u00e9cessit\u00e9 de restreindre les droits proc\u00e9duraux de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 (paragraphe 20 ci\u2011dessus). D\u00e8s lors, \u00e0 d\u00e9faut de tout examen par la Haute Cour de la n\u00e9cessit\u00e9 de restreindre lesdits droits, la Cour exercera un contr\u00f4le strict pour \u00e9tablir si les facteurs compensateurs mis en place \u00e9taient de nature \u00e0 contrebalancer efficacement en l\u2019esp\u00e8ce les restrictions apport\u00e9es \u00e0 ces droits (Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a0145-146).<\/p>\n<p>36. Sur la question des facteurs compensateurs, la Cour rel\u00e8ve d\u2019abord qu\u2019au cours de la proc\u00e9dure, bien que les juridictions roumaines aient pr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale les faits reproch\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 (paragraphes\u00a015 et 23 ci-dessus), aucun comportement concret de celui-ci susceptible de mettre en danger la s\u00e9curit\u00e9 nationale ne ressortait du dossier. De l\u2019avis de la Cour, les indications g\u00e9n\u00e9rales donn\u00e9es ne sauraient constituer une information suffisante sur les faits reproch\u00e9s pour rendre effectives \u00e0 elles seules l\u2019exercice des garanties proc\u00e9durales pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 1 du Protocole no 7 (Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 168 et\u00a0170).<\/p>\n<p>37. La Cour note ensuite que pendant la proc\u00e9dure de premi\u00e8re instance l\u2019int\u00e9ress\u00e9 se trouvait \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (paragraphe 5 ci-dessus). Or le dossier ne fait pas appara\u00eetre que le requ\u00e9rant aurait eu connaissance de l\u2019existence de la proc\u00e9dure men\u00e9e contre lui devant la cour d\u2019appel et qu\u2019il s\u2019en serait d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 ou qu\u2019il aurait contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er une situation l\u2019emp\u00eachant d\u2019y participer et d\u2019y assurer sa d\u00e9fense (pour une situation contraire, voir, mutatis mutandis, Da Luz Domingues Ferreira c. Belgique, no 50049\/99, \u00a7\u00a7\u00a048-51, 24 mai 2007). \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour observe que le requ\u00e9rant a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 par affichage sur la porte de son domicile (paragraphes 7 et 9 ci\u2011dessus) et que, lors de l\u2019audience devant la cour d\u2019appel, l\u2019ORI et le parquet ont not\u00e9 l\u2019absence de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 (paragraphe 11 ci-dessus). Par ailleurs, les parties s\u2019accordent \u00e0 dire que le requ\u00e9rant a appris l\u2019existence de l\u2019arr\u00eat de la cour d\u2019appel du 17 mai 2012 lorsqu\u2019il a essay\u00e9 de revenir en Roumanie, le 26\u00a0juillet 2012 (paragraphes 15 et 31 ci-dessus). D\u00e8s lors, le requ\u00e9rant n\u2019a pas pu d\u00e9fendre ses droits pendant la proc\u00e9dure de premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>38. La Cour rel\u00e8ve d\u2019autre part qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de l\u2019existence de l\u2019arr\u00eat rendu par la cour d\u2019appel du 17 mai 2012 (paragraphe 15 ci\u2011dessus), le requ\u00e9rant mandata un avocat pour le repr\u00e9senter dans les proc\u00e9dures engag\u00e9es contre lui en Roumanie et que cet avocat n\u2019\u00e9tait pas titulaire d\u2019un certificat ORNISS (paragraphe 16 ci-dessus). La Cour observe aussi que l\u2019avocat en question ne s\u2019est vu communiquer l\u2019arr\u00eat rendu en premi\u00e8re instance que le 8 f\u00e9vrier 2013 (paragraphe 18 ci-dessus), moment o\u00f9 il a d\u00fb apprendre que ledit arr\u00eat \u00e9tait fond\u00e9 sur des preuves class\u00e9es \u00ab\u00a0secr\u00e8tes\u00a0\u00bb. S\u2019agissant de la possibilit\u00e9 pour l\u2019avocat du requ\u00e9rant de demander l\u2019ajournement de la proc\u00e9dure afin de se procurer un certificat ORNISS, la Cour remarque que les d\u00e9lais pr\u00e9vus par le droit interne pour l\u2019obtention d\u2019un tel certificat d\u00e9passaient ceux qui \u00e9taient pr\u00e9vus pour le traitement du recours dans la proc\u00e9dure visant \u00e0 faire d\u00e9clarer un \u00e9tranger ind\u00e9sirable sur le territoire national (paragraphe 25 ci-dessus). Dans le contexte de l\u2019affaire, une demande d\u2019ajournement n\u2019aurait donc pas permis, en principe, \u00e0 l\u2019avocat du requ\u00e9rant de se procurer un tel certificat pour s\u2019en pr\u00e9valoir dans le cadre de la proc\u00e9dure (voir, mutatis mutandis, Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 189-190).<\/p>\n<p>39. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019argument du Gouvernement selon lequel le requ\u00e9rant aurait d\u00fb se faire repr\u00e9senter dans la proc\u00e9dure par un avocat d\u00e9j\u00e0 titulaire d\u2019un certificat ORNISS, la Cour rel\u00e8ve que d\u2019apr\u00e8s les pi\u00e8ces du dossier les autorit\u00e9s nationales n\u2019ont pas inform\u00e9 le requ\u00e9rant, qui se trouvait \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pendant la proc\u00e9dure, de la possibilit\u00e9 de se faire repr\u00e9senter par un avocat remplissant ce crit\u00e8re. Elle note en outre que le Gouvernement n\u2019a pas pr\u00e9cis\u00e9 par quel moyen le requ\u00e9rant aurait pu, \u00e0 l\u2019\u00e9poque pertinente, acc\u00e9der effectivement et en temps utile \u00e0 la liste des avocats titulaires d\u2019un tel certificat, d\u2019autant plus que leur nombre \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9duit (Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 185 et 186).<\/p>\n<p>40. La Cour observe enfin que la proc\u00e9dure pr\u00e9vue en droit roumain pour faire d\u00e9clarer une personne ind\u00e9sirable sur le territoire national rev\u00eatait un caract\u00e8re judiciaire et que les juridictions comp\u00e9tentes en la mati\u00e8re \u00e9taient des juridictions sup\u00e9rieures dans la hi\u00e9rarchie des juridictions roumaines et qu\u2019elles jouissaient de l\u2019ind\u00e9pendance requise au sens de la jurisprudence de la Cour. De l\u2019avis de la Cour, il s\u2019agit l\u00e0 de garanties importantes \u00e0 prendre en consid\u00e9ration dans l\u2019\u00e9valuation des facteurs ayant pu att\u00e9nuer les effets des restrictions subies par le requ\u00e9rant dans la jouissance de ses droits proc\u00e9duraux (Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a0193). Toutefois, pour la Cour, vu les informations tr\u00e8s r\u00e9duites et g\u00e9n\u00e9rales dont le requ\u00e9rant disposait, l\u2019\u00e9tendue du contr\u00f4le op\u00e9r\u00e9 par les juridictions nationales quant au bien-fond\u00e9 de l\u2019expulsion demand\u00e9e aurait d\u00fb \u00eatre d\u2019autant plus approfondie (ibidem, \u00a7\u00a0194).<\/p>\n<p>41. Or, en l\u2019esp\u00e8ce, la Cour note que le parquet a vers\u00e9 au dossier devant la cour d\u2019appel des documents class\u00e9s \u00ab\u00a0secrets\u00a0\u00bb (paragraphes 6 et 8 ci\u2011dessus). Bien que la cour d\u2019appel et la Haute Cour affirment avoir fond\u00e9 leurs d\u00e9cisions sur ces documents (paragraphes 12 et 22 ci-dessus), elles ont fourni des r\u00e9ponses tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rales pour rejeter les affirmations du requ\u00e9rant selon lesquelles il n\u2019avait pas agi au d\u00e9triment de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. En d\u2019autres termes, aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier ne laisse entrevoir qu\u2019une v\u00e9rification a bien \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par les juridictions nationales quant \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 et \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des informations soumises par le parquet (paragraphes 8, 22 et 23 ci\u2011dessus\u00a0; voir \u00e9galement, mutatis mutandis, Muhammad et Muhammad, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7\u00a0198-199).<\/p>\n<p>42. \u00c0 la lumi\u00e8re d\u2019un examen d\u2019ensemble des limitations apport\u00e9es aux droits proc\u00e9duraux du requ\u00e9rant et des \u00e9l\u00e9ments mis en place pour les compenser, et tout en tenant compte de la marge d\u2019appr\u00e9ciation dont disposent les \u00c9tats en la mati\u00e8re, la Cour estime que les restrictions subies par l\u2019int\u00e9ress\u00e9 dans la jouissance des droits qu\u2019il tire de l\u2019article 1 du Protocole no 7 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 compens\u00e9es dans les proc\u00e9dures internes de mani\u00e8re \u00e0 pr\u00e9server la substance m\u00eame de ces droits.<\/p>\n<p>43. Partant, il y a eu violation de l\u2019article 1 du Protocole no 7 \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p>II. SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 8 DE LA CONVENTION, PRIS seul et en combinaison avec l\u2019article 13 de la Convention<\/p>\n<p>44. Le requ\u00e9rant all\u00e8gue que la mesure prise contre lui a m\u00e9connu son droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale d\u00e9coulant de l\u2019article 8 de la Convention, et qu\u2019il n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un recours effectif au niveau interne. Les articles 8 et 13 de la Convention sont ainsi libell\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article 8<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01. Toute personne a droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale, de son domicile et de sa correspondance.<\/p>\n<p>2. Il ne peut y avoir ing\u00e9rence d\u2019une autorit\u00e9 publique dans l\u2019exercice de ce droit que pour autant que cette ing\u00e9rence est pr\u00e9vue par la loi et qu\u2019elle constitue une mesure qui, dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, est n\u00e9cessaire \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 publique, au bien-\u00eatre \u00e9conomique du pays, \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019ordre et \u00e0 la pr\u00e9vention des infractions p\u00e9nales, \u00e0 la protection de la sant\u00e9 ou de la morale, ou \u00e0 la protection des droits et libert\u00e9s d\u2019autrui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article 13<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute personne dont les droits et libert\u00e9s reconnus dans la (&#8230;) Convention ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s, a droit \u00e0 l\u2019octroi d\u2019un recours effectif devant une instance nationale, alors m\u00eame que la violation aurait \u00e9t\u00e9 commise par des personnes agissant dans l\u2019exercice de leurs fonctions officielles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>45. Le Gouvernement soutient que la mesure contest\u00e9e ne constitue pas une ing\u00e9rence dans l\u2019exercice de la vie priv\u00e9e et familiale du requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>46. Le requ\u00e9rant soutient qu\u2019au cours de la proc\u00e9dure interne il n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de garanties proc\u00e9durales suffisantes contre l\u2019arbitraire des autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>47. La Cour consid\u00e8re que, compte tenu de ses constats sous l\u2019angle de l\u2019article 1 du Protocole no 7 \u00e0 la Convention (paragraphes 36 \u00e0 43 ci\u2011dessus), il n\u2019y a pas lieu d\u2019examiner la recevabilit\u00e9 et le bien-fond\u00e9 des griefs formul\u00e9s sur le terrain de l\u2019article 8 de la Convention pris seul ou en combinaison avec l\u2019article 13 de la Convention (voir, mutatis mutandis, Hassine c. Roumanie, no\u00a036328\/13, \u00a7 74, 9\u00a0mars 2021).<\/p>\n<p>III. SUR L\u2019APPLICATION DE L\u2019ARTICLE\u00a041 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>48. Aux termes de l\u2019article 41 de la Convention,<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si la Cour d\u00e9clare qu\u2019il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d\u2019effacer qu\u2019imparfaitement les cons\u00e9quences de cette violation, la Cour accorde \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e, s\u2019il y a lieu, une satisfaction \u00e9quitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Dommage<\/strong><\/p>\n<p>49. Le requ\u00e9rant demande 1\u00a0000\u00a0000 euros (EUR) au titre du pr\u00e9judice mat\u00e9riel qu\u2019il dit avoir subi en raison de l\u2019impossibilit\u00e9 de g\u00e9rer ses investissements dans une entreprise en Roumanie. Il r\u00e9clame aussi 300\u00a0000\u00a0EUR au titre du pr\u00e9judice moral que ses enfants et lui auraient subi en \u00e9tant emp\u00each\u00e9s de continuer \u00e0 vivre ensemble.<\/p>\n<p>50. Concernant la demande form\u00e9e au titre du pr\u00e9judice mat\u00e9riel, le Gouvernement estime qu\u2019il n\u2019existe aucun lien de causalit\u00e9 entre l\u2019interdiction d\u2019entrer en Roumanie faite \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 et la faillite de son entreprise. S\u2019agissant du pr\u00e9judice moral, le Gouvernement rel\u00e8ve que seul l\u2019int\u00e9ress\u00e9 est requ\u00e9rant dans la proc\u00e9dure devant la Cour et il consid\u00e8re que la somme sollicit\u00e9e \u00e0 ce titre est excessive.<\/p>\n<p>51. La Cour constate que la demande pr\u00e9sent\u00e9e pour dommage mat\u00e9riel n\u2019est aucunement \u00e9tay\u00e9e. D\u00e8s lors, aucune somme ne sera accord\u00e9e \u00e0 ce titre. En revanche, elle octroie au requ\u00e9rant 5\u00a0000 EUR pour dommage moral, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p><strong>B. Frais et d\u00e9pens<\/strong><\/p>\n<p>52. Au titre des frais et d\u00e9pens, le requ\u00e9rant r\u00e9clame 15\u00a0000 EUR, somme qui correspondrait aux honoraires de l\u2019avocat qui l\u2019a repr\u00e9sent\u00e9 dans la proc\u00e9dure interne et dans la proc\u00e9dure devant la Cour.<\/p>\n<p>53. Le Gouvernement estime que la somme sollicit\u00e9e est excessive au regard du travail effectivement fourni en l\u2019esp\u00e8ce par l\u2019avocat du requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>54. Selon la jurisprudence de la Cour, un requ\u00e9rant ne peut obtenir le remboursement de ses frais et d\u00e9pens que dans la mesure o\u00f9 se trouvent \u00e9tablis leur r\u00e9alit\u00e9, leur n\u00e9cessit\u00e9 et le caract\u00e8re raisonnable de leur taux. En l\u2019esp\u00e8ce, compte tenu des documents dont elle dispose et des crit\u00e8res susmentionn\u00e9s, la Cour juge raisonnable d\u2019allouer au requ\u00e9rant la somme de 5\u00a0000 EUR pour les frais encourus dans la proc\u00e9dure devant la Cour, plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb par celui-ci sur cette somme \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p><strong>C. Int\u00e9r\u00eats moratoires<\/strong><\/p>\n<p>55. La Cour juge appropri\u00e9 de calquer le taux des int\u00e9r\u00eats moratoires sur le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne major\u00e9 de trois points de pourcentage.<\/p>\n<p><strong>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/strong><\/p>\n<p>1. D\u00e9clare la requ\u00eate recevable\u00a0quant au grief tir\u00e9 de l\u2019article 1 du Protocole no 7 \u00e0 la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>2. Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 1 du Protocole no 7 \u00e0 la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>3. Dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019examiner la recevabilit\u00e9 et le bien-fond\u00e9 des griefs formul\u00e9s sur le terrain de l\u2019article 8 de la Convention, pris seul et en combinaison avec l\u2019article 13 de la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>4. Dit<\/p>\n<p>a) que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser au requ\u00e9rant, dans un d\u00e9lai de trois mois, les sommes suivantes\u00a0:<\/p>\n<p>i. 5\u00a0000 EUR (cinq mille euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme par le requ\u00e9rant \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour dommage moral\u00a0;<\/p>\n<p>ii. 5\u00a0000 EUR (cinq mille euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb sur cette somme par le requ\u00e9rant \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour frais et d\u00e9pens\u00a0;<\/p>\n<p>b) qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ces montants seront \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage\u00a0;<\/p>\n<p>5. Rejette le surplus de la demande de satisfaction \u00e9quitable.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le 2 novembre 2021, en application de l\u2019article\u00a077\u00a0\u00a7\u00a7\u00a02 et\u00a03 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Ilse Freiwirth \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Gabriele Kucsko-Stadlmayer<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pr\u00e9sident<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1057\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1057&text=AFFAIRE+ABU+GARBIEH+c.+ROUMANIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+60975%2F13\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1057&title=AFFAIRE+ABU+GARBIEH+c.+ROUMANIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+60975%2F13\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1057&description=AFFAIRE+ABU+GARBIEH+c.+ROUMANIE+%28Cour+europ%C3%A9enne+des+droits+de+l%E2%80%99homme%29+Requ%C3%AAte+no+60975%2F13\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La requ\u00eate a trait \u00e0 la question des garanties proc\u00e9durales dont le requ\u00e9rant estime avoir \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 dans le cadre de la proc\u00e9dure administrative \u00e0 l\u2019issue de laquelle FacebookTwitterLinkedInPinterest<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/loisdumonde.com\/?p=1057\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1057","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme"],"modified_by":"loisdumonde","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1057","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1057"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1057\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1059,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1057\/revisions\/1059"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1057"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1057"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/loisdumonde.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1057"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}